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La bromadiolone empoisonne


Mercredi 3 Décembre 2014


Un sixième milan royal vient d'être découvert mort en Champagne. Victime de la bromadiolone ? La Lpo s'inquiète d'autant que l'usage de cet anticoagulant dans la lutte contre les campagnols terrestres a été élargi à d'autres espèces. Elle demande la suspension immédiate de son utilisation en Auvergne.




Le milan royal retrouvé mort en Champagne serait-il une victime collatérale de la bromadiolone ? En tous les cas, la Ligue pour la protection des oiseaux pose la question. Elle a récupéré l'oiseau à Dampierre-sur-Moivre (Marne), une commune où justement des traitements à la bromadiolone sont menés.

La bramadiolone est utilisée pour tuer les campagnols

Le cadavre a été confié ce matin à l'Office national de la chasse et de la faune sauvage ce mercredi 3 décembre pour qu'une autopsie et des analyses toxicologiques soient réalisées.

C'est déjà le sixième cadavre de milan royal qui a été découvert sur des zones traitées à la bromadiolone en France depuis la publication du nouvel arrêté ministériel du 14 mai 2014 encadrant l'usage de la bromadiolone dans le cadre de lutte contre les campagnols, s'inquiète la Lpo. De fait, cinq autres oiseaux avaient été découverts en Auvergne dans des circonstances similaires. Deux des corps avaient eux aussi été confiés fin novembre à l'Oncfs pour analyses.

La bromadiolone est un anticoagulant ; il était jusqu'à présent utilisé à tuer les campagnols terrestres. Une arme létale contre cette espèce qui au regard de l'agriculture fait d'énormes dégâts. Or depuis le 14 mai, son utilisation a été élargie au campagnol des champs et au campagnol provençal ainsi qu'au campagnol souterrain et au mulot sylvestre lorsqu'ils se trouvent en mélange avec l'une des trois espèces précitées.

Arme chimique ou naturelle ?

Or ces petits mammifères sont la proies de nombreux autres animaux. Contaminés par la bromadiolone, morts ou vivants, ils risquent de les intoxiquer. Pas seulement les milans royaux mais aussi les buses, les chouettes, les renards, les hermines, les sangliers... voire des chiens ou des chats errants.

Or avec l'extension d'usage de cet anticoagulant, les zones à risque pour la faune sauvage non cible couvrent désormais l'ensemble du territoire national, s'inquiète aujourd'hui la Lpo.

Les associations de protection de la nature dénoncent depuis des années l'utilisation de la bromadiolone du fait de ses conséquences sur les biotopes ; elles ont déjà rappelé l'importance de la présence des prédateurs des campagnols pour réguler leurs populations. Non seulement les milans royaux, espèce protégée, mais les renards, fouines, martres qui dans de nombreux départements sont animaux non grata. Et indexés sous le sigle "espèces nuisibles" !

La Lpo invite les agriculteurs à suspendre les traitements à la bromadiolone !

Les 29 et 30 novembre dernier, dans le Puy-de-Dôme, la Haute-Loire et le Cantal, les bénvoles de la Ligue ont participé au comptage des dortoirs des milans royaux. Une opération nationale et européenne. Ils ont trouvé pas moins de 3 000 rapaces de cette espèce qui fait l'objet d'un Plan national de restauration.

« Sur la Planèze de Saint-Flour dans le Cantal, si on ajoute aux milans les Buses variables et les Faucons crécerelles, ce sont environ 10 000 campagnols qui sont consommés par ces rapaces chaque jour » souligne aujourd'hui la Lpo.

Et la ligue de poursuivre : « Or, les appâts à la bromadiolone peuvent être utilisés dans tous les secteurs fréquentés par ces rapaces. Comme si l’hécatombe des 58 milans royaux et buses variables, intoxiqués à la bromadiolone, en 2011 dans le Puy-de-Dôme n’avait pas servi de leçon et n’avait pas suffi à démontrer une nouvelle fois la dangerosité de ce puissant anticoagulant pour la faune sauvage, et particulièrement le milan royal. »

C'est la raison pour laquelle la Lpo « exige une suspension immédiate de l’utilisation de ce poison puisque le risque d’empoisonnement de la faune sauvage est avéré. Elle invite par ailleurs les agriculteurs des communes concernées par les traitements à en stopper l’utilisation au plus vite. »

Virginie Bhat


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