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Les animaux entre ciel et terres sauvages

La Nuit européenne de la chauve-souris


Samedi 27 Août 2011


Drôle de bêtes que ces animaux-là. Des ailes et pourtant, elles ne sont pas des oiseaux. Insectivores en Europe, les mères nourrissent leurs petits de lait. Des yeux, mais c’est par écholocation qu’elles chassent la nuit. A l’automne, elles s’accouplent ; toutefois ovules et spermatozoïdes attendent la fin de l’hiver pour se rencontrer ! Maudites de certaines croyances, elles sont pourtant bien utiles à la nature aujourd’hui…




La Nuit européenne de la chauve-souris
Qui sont ces animaux-là ? Les chauves-souris bien sûr ! Des mammifères poids plume : la plus lourde pèse 40 grammes. Des noctambules invétérées : la nuit elles peuvent consommer la moitié de leur poids en insectes et papillons de nuit. Des dormeuses pied par dessus tête : elles hibernent l’hiver, faute de nourriture.

Et c’est leur hibernation qui mène le bal de leur reproduction. Les chauves-souris s’accouplent à l’automne et le corps des femelles devient un vrai coffre-fort : il maintient les spermatozoïdes et ses ovules chacun de leur côté. Ce n’est qu’à la sortie de l’hiver qu’il leur permettra de se rencontrer (ovulation différée). « En évitant ainsi une trop grande dépense d’énergie (l’accouplement en est une !) à la fin de l’hiver, explique la Sfepm (Société française pour l’étude et la protection des mammifères), les femelles peuvent reconstituer leurs réserves et aborder dans de bonnes conditions physiologiques la période de mise bas et l’élevage de leur unique jeune (les jumeaux sont rares) en été. »

Les chauves-souris sont en danger. Leurs populations déclinent dans la plupart des régions du monde. La raison pour laquelle depuis quinze ans, les européens les consacrent au moins un week-end dans l’année(1). Le but : sensibiliser les eurocitoyens à ces mammifères dont l’envergure peut atteindre 40 centimètres pour les plus grandes espèces en France (noctules, sérotines, grands rhinolophes et grands murins). C'est la Nuit européenne de la chauve-souris.


Murin de Bechstein ©Laurent Arthur (www.nuitdelachauvesouris.com)
Murin de Bechstein ©Laurent Arthur (www.nuitdelachauvesouris.com)
Les chauves-souris, comme tous les animaux, sont utiles. Pierres à l’édifice que sont la biodiversité et son maintien. Et s’il fallait leur donner une valeur pour mieux convaincre, voici quelques arguments. La plupart des 1200 espèces de chauves-souris du monde sont insectivores. Elles sont « des prédateurs qui, en se nourrissant, permettent de stabiliser les populations de nombreux insectes nuisibles aux cultures humaines, rappelait en janvier dernier le Pnue, Programme des Nations-Unies pour l’environnement dans un communiqué alors que l’organisation déclarait l’année 2011/2012 année de la chauve-souris.

Et de préciser en outre : « La plupart de nos denrées alimentaires de base proviennent de plantes qui dépendent de la pollinisation des chauves-souris. Citons notamment les bananes, le plantain, les fruits à pain, les pêches, les mangues, les dattes, les figues, les noix de cajou et beaucoup d’autres. En fait, dans les marchés alimentaires tropicaux, environ 70 pour cent des fruits vendus proviennent d'arbres ou d'arbustes qui reposent fortement sur les chauves-souris pour se reproduire dans la nature. Certaines espèces, comme le célèbre durian, dépendent encore de l’action de pollinisation des chauves-souris, et cela même dans les vergers commerciaux. Ce fruit asiatique, rois des marchés, se vend pour un milliard de dollars chaque année, mais pourrait être amené à disparaitre si la santé des populations pollinisatrices de chauves-souris venait à se dégrader. »



Pipistrelle commune en vol © François Schwaab (www.nuitdelachauvesouris.com)
Pipistrelle commune en vol © François Schwaab (www.nuitdelachauvesouris.com)
La France abrite 35 espèces de chauve-souris. Elles se répartissent en quatre grandes familles : les rhinolophidés, les vespertilionidés, les molossidés et les minioptéridés. Toutes protégées par la loi du 17 avril 1981 relative à la protection de la nature, elles sont quand même victimes des « dérangements durant l’hiver, la disparition de leurs gîtes, l’utilisation intensive des pesticides, témoigne la Sfepm, les transformations des paysages qui s’accompagnent d’une raréfaction de leurs proies. » Autres handicap : un faible taux de renouvellement des population : un seul jeune par femelle et par an.

Pour initier les citoyens aux mystères des chauves-souris et balayer les préjugés, de nombreuses animations ont lieu ce week-end (1) à l'occasion . Au Pays Basque, les grottes de Sare qui abritent plus d’une dizaine d’espèces ont devancé en juillet denier l’événement. Le temps d’une soirée dans ces lieux, référencés comme un habitat d’intérêt international pour les 13 espèces de chauves-souris qui y séjournent.


(1) La majorité de ces animations se dérouleront le samedi 27 et le dimanche 28 août 2011, certains départements ont prévu d'autres dates. Pour plus de précisions, consulter le site de l'événement ou appelez la Sfepm au 02.48.70.40.03.

Ci-dessous le programme des animations dans les départements de la Nuit européenne de la chauve-souris à télécharger.

Virginie Bhat


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