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Les animaux entre ciel et terres sauvages

L'île de la Réunion sous les projecteurs de cet été


Dimanche 12 Septembre 2010


En août dernier, les pitons, les cirques et les remparts de l'ïle de La Réunion étaient inscrits au Patrimoine mondial de l'Unesco. L'île apprenait un mois plus tôt que sa faune n'était pas toujours au meilleur de sa forme. Zoom arrière sur l'été.




L'île de La Réunion, 2512 km2, compte 763 000 habitants selon l'Insee. Le piton de la Fournaise qui culmine à plus de 2632 mètres est un volcan encore en activité. Il est en vigilance volcanique depuis le 6 septembre dernier ©Unesco
L'île de La Réunion, 2512 km2, compte 763 000 habitants selon l'Insee. Le piton de la Fournaise qui culmine à plus de 2632 mètres est un volcan encore en activité. Il est en vigilance volcanique depuis le 6 septembre dernier ©Unesco
Cet été, deux sites français étaient inscrits au Patrimoine mondial de l’Unesco : la cité épiscopale d’Albi et les pitons, cirques et remparts de La Réunion. La France avait déjà fait un tri l’hiver dernier parmi les quatre candidatures en lice, les deux autres concurrents étant les Causses-Cévennes et l’œuvre internationale de Le Corbusier.
« Ce bien coïncide avec la zone centrale du Parc national de la Réunion (1). Il couvre une superficie de plus de 100 000 ha, soit 40% de la Réunion, une île composée de deux massifs volcaniques située dans le sud-ouest de l'océan Indien. Dominé par deux pics volcaniques, le site présente une grande diversité d'escarpements, de gorges et de bassins boisés qui, ensemble, créent un paysage spectaculaire. Il sert d'habitat naturel à une grande diversité de plantes présentant un degré d'endémisme élevé. On y trouve des forêts ombrophiles subtropicales, des forêts de brouillard et des landes, le tout formant une mosaïque d'écosystèmes et de caractéristiques paysagères remarquables » a ainsi décrit l’Unesco dans son communiqué. Il existe aujourd’hui 911 sites inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco.

Le tuit tuit, ici un mâle, est une espèce endémique de l'ïle ©Unesco/Jean-Cyrille Notter
Le tuit tuit, ici un mâle, est une espèce endémique de l'ïle ©Unesco/Jean-Cyrille Notter
Ce sont désormais 35 sites en France qui sont entrés dans la cour des grands mondiaux. La plupart sont des sites culturels. Quatre seulement sont des biens naturels : l’île de la Réunion donc, le golfe de Porto, les lagons de la Nouvelle-Calédonie. Le Mont Perdu dans les Pyrénées a une double nationalité, à cheval entre la France et l’Espagne.

Le Patrimoine mondial de l’Unesco s’appuie sur une convention adoptée le 16 novembre 1972 par la Conférence générale de l’Unesco à Paris. Plus de 172 pays l’ont ratifiée, dont la France. « Chacun des Etats parties à la présente Convention reconnaît que l'obligation d'assurer l'identification, la protection, la conservation, la mise en valeur et la transmission aux générations futures du patrimoine culturel et naturel visé aux articles 1 et 2 et situé sur son territoire, lui incombe en premier chef. Il s'efforce d'agir à cet effet tant par son propre effort au maximum de ses ressources disponibles que, le cas échéant, au moyen de l'assistance et de la coopération internationales dont il pourra bénéficier, notamment aux plans financier, artistique, scientifique et technique » précise l’article 4 de la convention.

La liste rouge des espèces

Le label de l’Unesco devrait donner un coup de pouce supplémentaire à la conservation de la flore et la faune de l’île. En juillet dernier, le Muséum d’histoire naturelle et le comité française de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) publiaient leur premier rapport sur la liste rouge nationale de La Réunion. Ils ont ainsi étudié l’état de conservation de 165 espèces de la faune réunionnaise, avec l’aide des ong locales.

La faune locale n'est pas au mieux de sa forme. Ainsi, parmi les trois reptiles indigènes encore présents sur l’île, le gecko vert de Bourbon, un petit lézard classé en danger, est-il victime de la dégradation et de la fragmentation de son habitat forestier. Parmi les insectes, « une espèce de papillons de jour sur sept et plus d’une espèce de libellules et demoiselles sur cinq sont menacées de disparition » commentent les auteurs du rapport.

Surpêche et aménagements des rives menacent la biodiversité des cours d’eau. Les deux activités humaines entravent la migration des poissons (un tiers des espèces menacées) et des macro-crustacés. « Quant au milieu marin, l’urbanisation croissante du littoral et le développement des activités humaines dans les eaux côtières fragilisent des espèces comme la Baleine à bosse et la Tortue verte, respectivement classées “Vulnérable” et “En danger” poursuivent les deux rapporteurs.

Patrimoine exceptionnel, mais menacé

Un plan de lutte contre les rats, espèce invasive, a été mis en place pour protéger le tui tuit, ici une femelle, de l'extinction ©Unesco/Jean-Michel Probst
Un plan de lutte contre les rats, espèce invasive, a été mis en place pour protéger le tui tuit, ici une femelle, de l'extinction ©Unesco/Jean-Michel Probst
« D’autre part, l’île de La Réunion, haut lieu d’endémisme, héberge de nombreuses espèces qui ne se rencontrent nulle part ailleurs. Parmi celles-ci, le Tuit-tuit, un petit oiseau victime des rats et des chats introduits, et le Gecko vert de Manapany, menacé par l’urbanisation et les plantes exotiques envahissantes qui entraînent la dégradation de son habitat. Tous deux sont classés “En danger critique d’extinction”. Trois des quatre espèces de phasmes indigènes sont également endémiques de l’île, dont le Phasme du Palmiste rouge, “En danger critique d’extinction”. Ces espèces confèrent à la France, garante de leur survie sur la planète, une très forte responsabilité patrimoniale. »

Des plans nationaux de conservations sont en cours d’élaboration. Des initiatives locales ont pris pied pour répondre à des urgences de la faune. « Un programme de lutte contre les rats a par exemple été mis en place pour préserver les derniers Tuit-tuit. Des plages ont été réhabilitées pour offrir aux Tortues vertes de nouveaux sites de pontes. Une charte pour une approche et une observation responsables des Baleines à bosse a été réalisée pour assurer la tranquillité de ces espèces en mer […] il s’agit désormais de ne pas relâcher les efforts, pour assurer toutes les chances de préserver ce patrimoine naturel exceptionnel mais hautement menacé. » conclut le rapport.



(1) Le parc national de la Réunion a été créé en 2007.

Ester Gran


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