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Les animaux de nos maisons

L'homme, le chien et l'oiseau


Mardi 18 Juin 2013


Un oiseau tombé du nid stupéfié à la gueule d'un chien. Une voix qui supplie de lâcher la proie pour l'ombre. Petite scène croquée de la vie quotidienne.




Sur la branche de son ombre, l'oisillon perdu crie à ses parents disparus ©V.B
Sur la branche de son ombre, l'oisillon perdu crie à ses parents disparus ©V.B
Pétrifié. Il se tient immobile entre les pattes du carnivore. Seule sa poitrine bat la chamade qui le désigne encore vivant aux yeux de son prédateur. Il a pitoyable allure, les plumes ébouriffées d’eau. Ce n’est pas la pluie qui l’a ainsi lamentablement trempé. Mais la gueule baveuse qui a tenu son corps chaud quelques instants plus tôt.

Silhouette tendue, le chien observe l’oiseau tombé du nid. Il n’attend qu’un signe de fuite. Les oreilles dressées vers le souffle de vie qu’il tient à sa merci. Les yeux rivés vers celui qui fait le mort. Les crocs prêts à déchirer la chair encore chaude. Il garde sa proie en dépit des mots qui au-dessus de lui lui demandent de la libérer.

Le vagabond dort, les yeux aux aguets de la proie perdue

Au pied de son arbre, qu'il fait bon vivre ©V.B.
Au pied de son arbre, qu'il fait bon vivre ©V.B.
« Lâche-le ! Lâche-le ! » supplie la voix. L’animal fait les sourdes oreilles. Arcbouté à son instinct. Son espèce a bien voulu suivre l’être humain sur les pas de son évolution. Certes, certains de ses camarades sont au pied de leurs maîtres. Sans moufter à leurs ordres parfois désordonnés. Mais le vagabond n’en a cure. C'est à la curée qu'Il veut partir. D’accord, il est repu. Le ventre rassasié d’une pleine gamelle. Mais l'oisillon est si tendre. Le corps tant dodu. Il veut bien partager la vie des hommes et leur humanité. Mais pourquoi, toujours pour leurs beaux yeux, renoncer à ses proies pour leurs ombres ?

L’oisillon tente un battement d’aile. Mauvaise pioche. Le chien l’attend qui lance sa gueule. Une main se précipite et s’empare de l’oiseau flageolant. « Reste en vie ! » supplie la voix. Une main contre une gueule ? Le petit moineau fait toujours le mort. Une boîte en carton contre une main. L’oiseau se laisse alors aller. Le regard perdu vers la lumière qui pointe là-haut. Les minutes passent. Dans le jardin, le chien hume à tous vents et tous piaillements. Il cherche sa proie aujourd’hui perdue. Quelques battements d’aile. « Il est vivant » soupire la voix.

L’oisillon sur sa branche d’arbre piaille. Autour, des pépiements incessants de moineaux qui virevoltent de la mare à la table. L’horloge scande le temps qui passe. Au pied de son arbre, c'est une autre mère qui nourrit son petit. Il piaille l’oisillon à la recherche de ses parents perdus. Une volée d’aile. L’oisillon s’ébouriffe et réclame à l’adulte retrouvé sa gamelle. Dans le jardin, le vagabond dort. Les yeux aux aguets de la proie que l'homme lui a fait lâcher pour l'ombre.

Virginie Bhat


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