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Les animaux entre ciel et terres sauvages

L'enterrement symbolique d'Hegalaldia


Lundi 25 Février 2013


Hegalaldia l'avait annoncé : faute de ressources, le centre de sauvegarde de la faune sauvage à Ustaritz pourrait fermer. Vendredi, il organise deux enterrements symboliques à Biarritz et Pau avant d'annoncer les mesures adoptées par son conseil d'administration.




Hegalaldia accueille quelque mille animaux par an chaque année ©V.B
Hegalaldia accueille quelque mille animaux par an chaque année ©V.B
« Hegalaldia a besoin de trouver 85 000€ en provenance des collectivités territoriales d’ici les mois à venir et seules une prise de conscience et une forte mobilisation permettront d’arriver à cet objectif ». Le centre de sauvegarde de la faune sauvage installé à Ustaritz au Pays Basque sonne le tocsin. Il est à bout de ressources. Toutefois, il ne se résout pas à refermer son aile. Dernier sursaut, il appelle à la mobilisation vendredi prochain.

Hegalaldia organise son enterrement à Biarritz et à Pau

Lors de la marée noire du Prestige, le centre Hegalaldia s'installe au musée de la mer de Biarritz ©V.B
Lors de la marée noire du Prestige, le centre Hegalaldia s'installe au musée de la mer de Biarritz ©V.B
L’équipe invite à deux manifestations ce jour-là. La première à Biarritz à 9h30. « La procession partira de la mairie jusqu’à la Grande Plage, lieu symbolique de la marée noire du Prestige qui a fait connaître le rôle de l’association. Le second évènement se déroulera dans l’après-midi à Pau. Le rassemblement partira du parc Beaumont à 14h30 pour arriver devant la Communauté d’agglomération Pau Pyrénées, « qui a arrêté de nous financer pour des raisons injustifiés » a annoncé l'association.

Hegalaldia est né voilà treize ans maintenant. A Uhart-Cize. Des premières volières montées pour accueillir des oiseaux blessés, des vautours fauves particulièrement.

En 2002, le Prestige déverse dans l’océan son mazout et la marée noire s’infiltre sur toutes les côtes du golfe de Gascogne. Hegalaldia est appelé à la rescousse des oiseaux marins englués dans l’or noir. Hommes et animaux sont accueillis dans une annexe du musée de la Mer de Biarritz quelques semaines pour parer à l’urgence.

Mais une fois l’urgence passée, Hegalaldia retourne à Uhart Cize. La structure devient trop petite pour répondre aux appels des humains qui volent au secours de la faune sauvage blessée. Le centre trouve un nouveau souffle à Ustaritz qui l’accueille en 2006.

Vendredi, Hegalaldia annoncera les mesures adoptées par son conseil d'administration

Fous de Bassan ou hérissons, le centre de sauvegarde de la faune sauvage à Ustaritz devra-t-il faire un choix à l'avenir  ? ©V.B
Fous de Bassan ou hérissons, le centre de sauvegarde de la faune sauvage à Ustaritz devra-t-il faire un choix à l'avenir ? ©V.B
Aujourd’hui, Hegalaldia accueille près d’un millier d’animaux par an, dont plus d’une centaine d’espèces protégées. Pour assurer ce service d’intérêt général, le centre s’appuie sur quelque « 300 adhérents annuels, plus de 6000 heures de travail réalisées par les bénévoles (particuliers, vétérinaires, etc), 40 ambulanciers bénévoles qui couvrent le département afin de rapatrier les animaux dans de bonnes conditions et dans les meilleurs délais, 400 000 euros d’argent public investi dans les infrastructures en dix ans (bâtiments, volières, etc) et 3 salariés, compétents, expérimentés et dévoués » explique le centre.

Treize ans ont passé. Treize années à chercher des ressources financières. « Finies les années post Prestige où tout le monde voulait financer l’association pour le travail qu’elle avait accompli pour le sauvetage des oiseaux mazoutés. Des animaux en détresse, nous en soignons un millier par an, même sans marée noire…  » rappelle l'association.
Vendredi prochain, au Pays Basque et en Béarn, Hegalaldia organisera son enterrement symbolique. Et l'équipe annoncera les mesures adoptées par son conseil d'administration nouvellement élu. Annoncera-t-elle la poursuite de ses activités ? Son appel sera-t-il entendu par les collectivités locales dans ce contexte de crise économique ?

Virginie Bhat


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