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L'Uhabia sous couvert hivernal


Jeudi 28 Novembre 2013


Ce sont vingt trois hectares de couvert végétal qui ont jusqu'à présent été implantés sur le bassin versant de l'Uhabia. Objectif : protéger les sols du ruissellement des eaux et favoriser une agriculture plus respectueuse de l'environnement. Rencontre avec Olivier Doyhenard, éleveur d'Arbonne qui travaille avec EHLG et le syndicat mixte de l'Uhabia sur le sujet.




Les couverts hivernaux limitent l'érosion des sols et les enrichissent ©V.B.
Les couverts hivernaux limitent l'érosion des sols et les enrichissent ©V.B.
« Vous voyez ces nodosités sur ces racines ? Elles caractérisent la symbiose entre la plante, ici une féverolle, et une bactérie présente dans le sol, explique Olivier Doyhenard, racine à la main. Ensemble, elles fixent l’azote de l’air. » Les bottes de ses visiteurs s’accrochent dans le sol bourbeux : sa terre est encore gorgée des eaux tombées la semaine dernière sur le Pays Basque. Le couvert hivernal démontre son efficacité : protéger les sols agricoles de l’érosion et limiter le ruissellement superficiel.

Les couverts hivernaux limitent l'érosion du sol

Olivier Doyenard, éleveur à Arbonne, a changé ses pratiques agricoles voilà cinq ans ©V.B.
Olivier Doyenard, éleveur à Arbonne, a changé ses pratiques agricoles voilà cinq ans ©V.B.
Olivier Doyhenard possède une petite trentaine de vaches laitières à Arbonne et a développé deux circuits de vente de leur lait. D’un côté, en coopérative. De l’autre, en circuit court. Et pour assurer l’alimentation de ses animaux, il cultive du maïs. L’éleveur a modifié ses pratiques agricoles depuis près de cinq ans. Et son exploitation est devenue l’un des poissons pilotes des actions menées par le syndicat mixte Uhabia.

Le maïs récolté mi-octobre, l’agriculteur a semé différents mélanges de légumineuses et de céréales au lieu de laisser la terre nue. Elles forment déjà un couvert hivernal bien vert. « Au printemps, je herserai et je décompacterai le sol pour ensuite semer à nouveau du maïs. » La pratique répond à plusieurs objectifs : en hiver les couverts végétaux limitent en surface l’érosion des sols, en profondeur leurs racines améliorent la structure su sol, augmentent les capacités d’infiltration de l’eau et limitent ainsi le ruissellement superficiel. Nus les sols seraient d’autant plus laminés par les pluies qu’ils sont en pente.

Et c’est justement l’un des objectifs qu’a en tête le syndicat mixte de l’Uhabia. Dans le cadre du contrat de bassin, il doit veiller à la qualité bactériologique du fleuve et la préservation de sa qualité physico-chimique et réduire les risques d’inondation. L’implantation de couverts végétaux est l’une des réponses à ces objectifs. Une pratique agricole qui intéresse fortement EHLG, Euskal Herriko Laborantza Ganbara, qui mène depuis trois ans une animation agricole sur le bassin versant.

Les terres couvertes en hiver de légumineuses

Les invités d'Olivier Doyhenard, Emmanuel Alzuri, président du syndicat de l'Uhabia, Marie-José Mialocq, maire d'Arbonne, Carine Lebougre, animatrice du contrat de bassin et Manue Bonus de EHlG le constatent : le couvert hivernal a bien poussé ©V.B.
Les invités d'Olivier Doyhenard, Emmanuel Alzuri, président du syndicat de l'Uhabia, Marie-José Mialocq, maire d'Arbonne, Carine Lebougre, animatrice du contrat de bassin et Manue Bonus de EHlG le constatent : le couvert hivernal a bien poussé ©V.B.
Car les couverts hivernaux ont un intérêt agronomique. Ainsi les légumineuses, en fixant l’azote de l’air, enrichissent le sol en azote. Conséquence à court terme : l’agriculteur utilise moins d’engrais azotés et réalise ainsi des économies. Globalement, les couverts végétaux permettent de limiter donc la fuite des nitrates, le développement de mauvaises herbes et donc l’emploi de désherbants, favoriser l’activité biologique du sol, stocker de la matière organique et du carbone dans le sol et assurer parfois aux exploitants une seconde récolte.

Pour l’heure, trois agriculteurs du bassin versant de l’Uhabia participent à l’expérience. Et pour les y inciter, le syndicat mixte a participé à l’achat des semences de légumineuses et de céréales pour les couverts hivernaux. les exploitants ont semé 27 hectares de couvert végétal avec une dizaine de mélanges différents. EHLG sait déjà que d’autres agriculteurs sont intéressés par cette initiative.

Au printemps prochain, EHLG, le syndicat de l’Uhabia et les agriculteurs engagés tireront le bilan de cette expérimentation. « L’objectif est de définir au cours de l’année prochaine un véritable programme d’actions de préservation du sol et de lutte contre le ruissellement : techniques sans labour, de semi direct, bandes enherbées, préservation des haies.

Virginie Bhat


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