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Les animaux entre ciel et terres sauvages

Jour J pour les vautours du monde


Samedi 4 Septembre 2010


Les vautours ne sont pas toujours l'ami de l'homme. Et pourtant, ils participent à l'écologie des lieux où ils vivent. C'est pour le rappeler que des associations du monde entier ont consacré le 4 septembre à ces rapaces. Zoom en France.




@www.vultureday.org
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Aujourd’hui, les cieux des Baronnies dans la Drôme accueilleront un nouvel habitant. Un fauve moine y déploiera pour la première fois ses ailes. Un symbole planétaire puisque l’on célèbrera ce 4 septembre justement la journée internationale du vautour. Dans le monde entier, des associations de protection de la nature organisent des manifestations. L’association Vautours en Baronnies qui procède à son lâchage, avec le soutien de la LPO et du VCF (Fondation pour la conservation du vautour), n’a pas choisi ce jour au hasard.

Il y a un siècle et demi, le vautour moine avait été rayé de la carte française, éliminé tout bonnement par l’homme. L’espèce vivait dans les Alpes et le Sud de la France. Il faudra attendre les années 1990 pour qu’on lance les premières réintroductions dans les Grands Causses au sud du Massif central, là où ses ancêtres avaient donc vécu. Entre 1992 et 2004, on y a relâché 53 individus. L’espèce fait l’objet d’un plan de restauration national.

Puis en 2004, le rapace reparaît dans les Préalpes provençales grâce à un programme de réintroduction. C’est ainsi que depuis le massif des Baronnies a accueilli 31 vautours moines. Il abrite désormais une colonie de vingt individus. Un second site a été choisi pour procéder à des réintroductions : les gorges du Verdon. Quinze oiseaux y ont été lâchés, donnant naissance à une colonie de 4 à 8 oiseaux aujourd’hui.

Les vautours qui sont ainsi relâchés viennent de tous les coins d’Europe. Deux d’entre eux qui seront réintroduits, l’an prochain, dans les Baronnies sont nés en Espagne. Ils ont été offerts par Los Hornos, un centre de soins pour la faune sauvage, en Estrémadure espagnole. Cette région abrite la plus importante population de vautours moines d’Europe.

C'est dans les Grands Causes que le vautour moine fut d'abord réintroduit. C'est aussi de là que le cheval de Prezwalski élevé en semi-liberté retrouvera les steppes mongoliennes.  ©xoriburu
C'est dans les Grands Causes que le vautour moine fut d'abord réintroduit. C'est aussi de là que le cheval de Prezwalski élevé en semi-liberté retrouvera les steppes mongoliennes. ©xoriburu
C’est d’Autriche que devait arriver un jeune vautour aujourd’hui dans le Verdon. Il a vu le jour à l’Alpenzoo d’Innsbruck. Enfin l’oiseau relâché demain est de souche française. De fait, il est né en avril dernier au parc zoologique de Doué la Fontaine dans le Maine et Loire qui participe ainsi au programme.

Le vautour moine, d’une envergure de 2,80m, est le plus grand rapace européen. On estime sa population mondiale entre 7200 et 10000 couples, dont 1900 en Europe. C’est surtout en Espagne que cette population européenne niche.

La France abrite quatre espèces de vautours. Tous ont une action complémentaire dans la chaîne alimentaire. Le vautour fauve qui déchaîne les passions dans les Pyrénées est un nettoyeur. C’est lui qui commencera le « nettoyage » des carcasses d’animaux morts dans la nature. Puis le vautour moine, classé prend la relève là où les deux espèces cohabitent. Ne restent alors que les os. Les os sont le mets du Gypaète barbu. Il ne reste que 32 couples de ce vautour sur le versent nord des Pyrénées. Trois oiseaux de cette espèce ont été réintroduits dans le parc naturel régional du Vercors en juin dernier.
Enfin le vautour percnoptère, le plus petit des quatre, est un oiseau migrateur. Tête jaune orangée, corps et ailes blanches, il quitte le sud du Sahara pour l’Europe entre la fin février et le début du mois de mars. Il regagnera ses quartiers d’hiver vers la fin août début septembre. Sa population compte à peine 82 couples nicheurs des Pyrénées au sud des Alpes

© Thea Love. www.vultureday.org
© Thea Love. www.vultureday.org
« Ces vautours débarrassent donc gratuitement les montagnes des cadavres indésirables, un nettoyage efficace et gratuit qui ne participe pas à l’effet de serre, contrairement à l’équarrissage industriel. Ces rapaces génèrent ainsi des centaines de milliers d'euros d'économies, en tant qu’équarrisseurs naturels et comme facteur de développement touristique. Ils remplissent donc un rôle écologique, économique et social dans nos montagnes. Cela s’appelle le développement durable ! » appelle Allain Bougrain Dubourg, président de la LPO, dans un communiqué.


Ester Gran


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