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Les animaux entre ciel et terres sauvages

Hegalaldia recueille 534 oiseaux marins


Jeudi 20 Février 2014


Hier mercredi, cinq oiseaux marins ont repris le grand large, relâchés par Hegalaldia. Cinq alors que le centre de sauvegarde de la faune sauvage installé au Pays Basque en a accueillis plus de cinq cents jusqu'à présent. Sans compter les milliers de cadavres échoués sur le littoral. Les tempêtes successives ne seront peut-être pas sans conséquences !




Hegalaldia a relâché quatre guillemots de Troïl hier mercredi ©V.B.
Hegalaldia a relâché quatre guillemots de Troïl hier mercredi ©V.B.
Quatre guillemots de Troïl et une mouette mélanocéphale ont pris leur envol hier de la plage des Sables d’or à Anglet. Cinq oiseaux qui allaient regagner le grand large. Un nouveau voyage... Après une halte dans un hôpital pour animaux sauvage. Celui de Hegalaldia, le centre de sauvegarde de la faune sauvage installé à Ustaritz au Pays Basque. Cinq oiseaux qui s’étaient échoués sur le littoral avant que les tempêtes ne déferlent sur le golfe de Gascogne en ce mois de février.

Hegalaldia a recueilli 350 oiseaux marins depuis la semaine dernière

Le centre, ici Stephan Maury, a reçu un très fort soutien de bénévoles pour faire face aux échouages d'oiseaux ©V.B.
Le centre, ici Stephan Maury, a reçu un très fort soutien de bénévoles pour faire face aux échouages d'oiseaux ©V.B.
Des tempêtes désastreuses qui ont littéralement jeté des centaines d’oiseaux sur les plages basques, landaises et bretonnes. « Nous avons recueilli 534 oiseaux marins depuis le début de l’année, s’exclame Stephan Maury de Hegalaldia, dont à peine 25 en janvier. Puis les échouages se sont accélérés : depuis la semaine dernière le centre a accueilli 350 animaux avec un pic lundi 10 février à 109 ! »

Ces derniers jours, si Eole a baissé de plus d’un ton et la houle s’est calmée, leurs victimes sont encore pléthores. Une centaine de cadavres sur la côte locale et 25 oiseaux ont trouvé refuge au centre de soins.

Au plus fort des tempêtes, les bénévoles ont afflué pour filer un coup de main aux quatre salariés de Hegalaldia. « Au plus gros des échouages, une quinzaine d’entre eux venaient nous aider ! ». Les particuliers ont arpenté les plages pour ramasser les oiseaux encore vivants et compté les morts. Ils ont aidé l’équipe à leur porter les premiers soins. Ils ont apporté du matériel dont le centre manquait pour faire face à l’explosion des échouages. Lampes chauffantes, radiateurs, souffleries prêtées par trois salons de toilettage, pinces à linges, tente, pompes à eau...

« Des vétérinaires sont des points de relais pour les oiseaux recueillis, la Lpo nous a prêté une piscine, la fondation Nature et Découverte a débloqué un fond d’urgence de 15 000 euros que nous partagerons avec deux autres centres de Bretagne confrontée elle aussi aux échouages massifs d’oiseaux marins, en plus mazoutés ! » Le fonds servira à l'acquisition de matériel et de nourriture : « Chaque semaine, nous dépensons 700 euros en achat de poissons. »

La déshydratation et dénutrition ont détérioré les organes vitaux des oiseaux

C'est par sonde que l'équipe réhydrate les oiseaux ©V.B.
C'est par sonde que l'équipe réhydrate les oiseaux ©V.B.
Oiseaux déshydratés, dénutris, exténués... Beaucoup arrivent dans un tel état que l’équipe vétérinaire n’a d’autre choix que leur euthanasie. « Nous refusons l’acharnement thérapeutique, soupire Stephan Maury. Nous ne pouvons pas les laisser souffrir. » Le centre en devient malade de tant de morts et les bénévoles ne comprennent pas toujours. « Actuellement nous avons plus d’une centaines d’oiseaux sur le centre en soins » compte Stephan.

Et même à l’abri, réchauffés, hydratés, alimentés, soignés, tous n’auront pas la chance de survivre. La déshydratation et la dénutrition ont détérioré les organes vitaux de beaucoup d’entre eux. Au point de non retour.

« Leurs reins primaires en prennent un coup et ne récupèrent pas, pointe du doigt Stephan Maury. Lorsque les oiseaux paraissent prêts à reprendre le large, nous réalisons des analyses sanguines : globules rouges et blancs, sucre.

Et de poursuivre : « Le taux de globules blancs permet de détecter les infections éventuelles. Le taux de globules rouges leur capacité à plonger à plus de cinquante mètres de profondeur pour se nourrir. Nous ne pouvons pas prendre la décision de les relâcher en sachant qu’ils ne pourront pas s’alimenter. »

Les colonies britanniques de macareux seront-elle affaiblies ?

Les échouages d'oiseaux se pouruivent sur le littoral ©V.B.
Les échouages d'oiseaux se pouruivent sur le littoral ©V.B.
Pour l’heure, Hegalaldia ne sait pas encore combien de guillemots de Troïl, pingouins torda ou de macareux moines il pourra remettre en liberté. Ni combien seront relâchés dans les autres centres de soins. Une question d’autant plus aigue pour les macareux, une espèce plus fragile que les guillemots.

Les macareux qui se sont échoués sur les côtes nichent dans les îles britanniques. Certains oiseaux bagués, les spécialistes ont pu remonter jusqu’à leurs origines géographiques.

« Ce sont surtout des adultes reproducteurs qui se sont échoués sur le littoral, surtout en Bretagne. Il semblerait que l’an dernier, l’espèce a subi une mauvaise reproduction : Il y a eu donc très peu de jeunes. Faute de ressources alimentaires suffisantes, relève Stephan Maury Et les adultes paraissent avoir eu du mal à faire assez de réserves pour l’hiver et résister à la succession de tempêtes que nous avons subies. » Quelles seront les conséquences sur les populations ? L'heure est encore à l'urgence

Virginie Bhat


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