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Les animaux entre ciel et terres sauvages

Hegalaldia cherche son parrain


Jeudi 5 Mars 2015


Après une année 2014 vécue sur les chapeaux de roue, Hegalaldia entame 2015, dopée par une équipe renforcée. Prête à relever les défis qui l'attendent. De la tétée aux bébés hérissons à la recherche de soutien financier, le nerf de la guerre.




Hegalaldia s'appuie sur l'action de ses adhérents, ses salariés et ses bénévoles, particuliers, vétérinaires... ©V.B.
Hegalaldia s'appuie sur l'action de ses adhérents, ses salariés et ses bénévoles, particuliers, vétérinaires... ©V.B.
« Dans le golfe de Gascogne, on prévoit des séries de tempêtes dans l'avenir. Il faudra nous attendre à des répercussions sur les populations d'oiseaux du grand large » a prévenu Stephan Maury samedi 28 février alors que Hegalaldia tenait son assemblée générale à Ustaritz. Le souvenir est encore vif au sein du centre des dizaines d'oiseaux qu'il avait recueillis. Des animaux exténués par les vents et l'océan déchaînés qui s'étaient échoués l'hiver dernier sur le littoral : 501 guillemots, 135 macareux et 12 fous de Bassan.

Hegalaldia a récupéré 1649 animaux sauvages en 2014

Rapace ou hérissons, Hegalaldia a voulu améliorer l'accueil de ses protégés ©V.B.
Rapace ou hérissons, Hegalaldia a voulu améliorer l'accueil de ses protégés ©V.B.
Des oiseaux tant épuisés que peu ont échappé à la mort. 61 guillemots, 7 macareux et 6 fous de Bassan ont pu récupérer leurs forces et être relâchés par Hegalaldia. Les échouages massifs ont touché non seulement le littoral basque, mais aussi landais, breton... Conséquence directe sur les populations de macareux moines dans les colonies britanniques où ils se reproduisent : « 25% de couples en moins le printemps dernier, les autres sont arrivés maigres, a poursuivi Stephan Maury. Il y a eu très peu de reproduction ! » Et le capacitaire de souligner l'élan de mobilisation bénévole autour du centre qui a pu lui permettre de faire face à cette crise. Pour autant, si une crise d'une telle ampleur devait se reproduire, l'équipe pourrait réagir différemment : « Nous réduirons l'accueil des oiseaux à notre capacité. »

L'année 2014 fut vraiment une année particulière pour Hegalaldia. Sur les 1649 animaux récupérés et soignés par le centre sur 218 communes, 62 étaient des vautours dont un vautour moine. Si 52 d'entre ces rapaces, surtout des jeunes ratant leur premier vol, ont retrouvé les airs libres dès l'an dernier, deux ont été placés dans des zoos. Pour la bonne cause veut Hegalaldia. « Nous avons des relations avec Doué la Fontaine et la Colline aux marmottes qui participent tous deux à un plan de réintroduction des vautours dans les Balkans. »

Bébés hérissons, écureuils, canards, échassiers, cistudes... Pour améliorer leur accueil, le centre s'est lancé dès l'an dernier dans de grands travaux : cuisine et infirmerie, enclos et piscine de réhabilitation des oiseaux marins. « Nous travaillons aussi les conditions de détention des vautours qui pour certains restent de longues semaines au centre : cacher leur nourriture.... »

Le centre d'Ustaritz a une nouvelle équipe

La remise en liberté des animaux permet de sensibiliser le grand public ©V.B.
La remise en liberté des animaux permet de sensibiliser le grand public ©V.B.
Accueil des animaux mais aussi des particuliers qui viennent déposer les animaux trouvés sur le bord des routes. « Un centre de soins est fermé au grand public, a rappelé Stephan Maurry. Or les particuliers souhaitent toujours attendre un peu que nous prodiguions les premiers soins et leur donnions des nouvelles. Nos locaux ne sont pas très grands. Aussi nous mettons en place un jardin écologique à l'entrée du centre où nous pourrons les sensibiliser à nos actions et la protection de l'environnement. » Une sensibilisation que mène l'équipe aussi lors de ces animations à la plaine d'Ansot ou à la Rhune. « Nous avons renouvelé cette année avec le Petit train de la Rhune notre partenariat, s'est réjoui le capacitaire. Et cet été Thalassa viendra tourner un reportage au centre. »

Il n'y a pas d'assemblée générale sans bilan administratif et financier. Après Stephan Maury, ce fut donc Céline Maury, directrice, qui prit la parole. Quelques chiffres d'abord rapidement : 185 420 euros de dépenses et 181 025 euros de recettes en 2014. Un conseil d'administration qui de 8 membres en début d'année l'a terminée à 5 - deux nouveaux membres les ont rejoints lors de cette AG. Quatre salariés toujours l'an dernier. Trois jeunes volontaires. Trois personnes en travail d'intérêt général. 329 adhérents. 145 bénévoles dont l'action représente 5 500 heures, soit trois temps plein ! Et enfin 2200 appels entrants.

Pour 2015, Hegalaldia s'est doté d'une nouvelle équipe et a réorganisé les missions de chacun, après le départ de Laurence Goyenetche à l'automne dernier. A Charlotte les animations et le secrétariat, à Laurent l'informatique et le secrétariat, Cyril les soins aux animaux, à Mikel bascophone les soins, animations, travaux, à Stephan capacitaire les soins, la responsabilité des projets et des travaux et à Céline la direction, les finances, les soins et les animations.

Parce que l'argent est le nerf de la guerre, Hegalaldia va une nouvelle fois prendre son bâton de pèlerin. « Nous souhaitons rencontrer l'association des maires des Pyrénées-Atlantiques, le préfet, trouver un parrain ou une marraine connue, a alors égrainé Céline. Nous avons envoyé des courriers aux collectivités locales pour leur demander leur soutien. La députée Sylviane Alaux nous aidera de 5000 euros pris sur sa réserve parlementaire. Nous devons développer le financement participatif avec l'Eusko et les tooklets... » Toutes les pistes sont bonnes à tester. Car chacune apporte sa pierre à l'édifice : « Les tirelires déposées chez les vétérinaires ont récolté 1600 euros l'an dernier. »

Virginie Bhat


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