xoriburu.info
Les animaux entre ciel et terres sauvages

Hegalaldia : Laurence prend un autre envol


Samedi 27 Septembre 2014


DImanche, alors que la Fête de la corniche battra son plein, Laurence Goyenetche représentera une dernière fois Hegalaldia aux promeneurs. D'ici quelques jours, la jeune femme quittera le centre pour prendre un autre chemin. Les larmes aux yeux. Portrait de douze ans de vie commune.




"Petite, je voulais être vétérinaire pour la faune sauvage" évoque Laurence Goyenetche, capacitaire à Hegalaldia ©V.B.
"Petite, je voulais être vétérinaire pour la faune sauvage" évoque Laurence Goyenetche, capacitaire à Hegalaldia ©V.B.
Ca va me manquer tout ça » soupire Laurence. Mais à la fin du mois, la jeune femme de 34 ans tire sa révérence. Hegalaldia et sa soigneuse se quittent pour chacun poursuivre leur propre route. Une séparation après douze ans de vie commune où vie privée et vie professionnelle se sont enchevêtrées. Difficile de faire ici ses trente-cinq heures : les animaux en souffrance ne connaissent rien aux minutes de l'horloge.

En ce novembre noir de 2002, Laurence rencontre Hegalaldia

Laurence et le cygne : un filet pour capturer le cygne dans sa piscine
  • Laurence et le cygne : un filet pour capturer le cygne dans sa piscine
  • Laurence et le cygne : un drap pour l'envelopper
  • Laurence et le cygne : Tout en douceur
  • Laurence et le cygne : C'est pour la bonne cause !
  • Laurence de Hegalaldia et le cygne : les soins ne sont pas faciles
C'est en novembre 2002 que Laurence Goyeneche entre en contact avec le centre de sauvegarde de la faune sauvage. Un novembre noir : le naufrage du Prestige et ses centaines d'oiseaux marins englués dans la marée noire. « J'avais terminé un BTS en gestion de la nature. Sans boulot, j'habitais toujours à Saint-Pierre d'Irube, se souvient Laurence. Pour faire face à l'arrivée massive des oiseaux, un centre de réhabilitation est monté au musée de la Mer à Biarritz. J'y suis allée pour les aider. » L'association Hegalaldia a la mission de le faire tourner, aidée par d'autres associations à la pointe des soins aux oiseaux mazoutés. Stephan Maury débarque de Bretagne, responsable de la mise en place du schéma d'intervention marée noire pour l'UFCS.

A l'instar de la jeune chômeuse, des dizaines de bénévoles affluent vers le centre et se relaient sans relâche au chevet des oiseaux. Peu d'animaux s'en sortiront vivant.«  En douze ans, c'est la pire expérience que j'ai vécue. Mais la plus belle en terme de relations humaines. Comme cet hiver, lorsque nous avons accueilli des oiseaux échoués des tempêtes ! Nous avons même revu des personnes que nous n'avions pas vu depuis douze ans.  »

En mars 2003, Hegalaldia embauche Laurence. A cette époque-là, le centre n'est pas installé à Ustaritz. C'est une toute petite structure créée trois ans auparavant, en 2000, à Uhart-Cize par François Laspresses et Jenofa Cuisset. Mais la marée noire du Prestige a mis le doigt sur le besoin d'un centre de sauvegarde de la faune sauvage. Les responsables de Hegalaldia entreprennent les démarches nécessaires et trouver un terrain pour l'accueillir à Ustaritz. « La première pierre est posée en 2005, Stephan arrive de Bretagne en mars de cette année-là et entre à Hegalaldia comme responable capacitaire. L'équipe prend possession de ses nouveaux locaux en 2006. » Quelques temps plus tard, Laurence obtient son certificat de capacité. Hegalaldia compte désormais deux capacitaires.

Je ne supporte pas la captivité

Le soigneur met la main à tout : soins, vaisselle, nourriture ©V.B.
Le soigneur met la main à tout : soins, vaisselle, nourriture ©V.B.
« Petite, je voulais être vétérinaire pour la faune sauvage ! Je suis devenu soigneur. Si on ne pratique pas d'acte vétérinaire, on a tout le rôle du soignant : infirmier, kiné et même nounou ! » En douze ans, Laurence Goyeneche en a vu des vertes et des pas mûres. Elle a connu le pire et le meilleur. La liberté retrouvée des animaux soignés et la mort des plus faibles. L'euthanasie de ceux qui l'on ne peut pas relâcher. « Pour le respect de l'animal. Un animal sauvage n'a pas vocation à finir dans un zoo. Ni chez des particuliers pour se faire plaisir, défend Laurence avec conviction. Eventuellement, certains participeront à des programmes de réintroduction. » Et d'ajouter : « Je suis peut-être extrême. Mais je ne supporte pas la captivité. »

« Ma plus belle expérience ? » La jeune femme reste coi. Il y en a trop dans sa mémoire.«  A Tarnos peut-être. Je me souviens de la date. C'était le 30 septembre 2007. Les pompiers nous appellent pour une tortue luth. Je n'en avais jamais vu. A part dans les documentaires ! Sa tête était plus grosse que la mienne poursuit Laurence, le geste appuyant la parole. Elle a repris sa route. Ça a été un moment vraiment magique. J'ai même fait croire en rentrant à Stephan que nous l'avions accueillie sur le centre. Il m'a cru tout d'abord en s'exclamant : "mais il va falloir une grue pour l'enlever de là !" »

Il y a les fous-rires et les larmes, l'émerveillement et l'énervement...

"Je suis exigeante sur la formation des bénévoles. Pour la sécurité de tous." ©V.B.
"Je suis exigeante sur la formation des bénévoles. Pour la sécurité de tous." ©V.B.
Chaque jour de ces douze années passées, Laurence Goyenetche a enfilé plusieurs casquettes. Il y en a de plus ingrates : nettoyage, vaisselle... Il y en a de moins stressantes : animation, formation des bénévoles sur laquelle la jeune femme ne lâche rien : « Je suis exigeante. Mais il en va de la sécurité de tous. Des animaux, des bénévoles et des salariés...  »

Il y a le travail au centre et à l'extérieur. « Je m'éclate sur le terrain ! Nous avons eu des instants épiques à recueillir certains animaux en difficulté. Une fois ce fut avec Stephan : cinq vautours étaient tombés dans une cavité naturelle de cinq mètres de largeur et six mètres de haut. »

Il y a les fous rires et les larmes. Il y a la générosité des particuliers qui secourent les animaux et l'énervement devant d'autres personnes. « L'une d'elles m'a traité de briseuse de cœur de renard ! Elle ne comprenait pas qu'un renard ne puisse pas devenir animal familier ! Elle évoquait le renard du Petit Prince ! »

Il y a l'émerveillement devant l'intelligence animale et sa capacité à rebondir. Il y a les liens éphémères avec les animaux pour qu'ils ne s'habituent pas à l'être humain, « nous ne sommes pas à la SPA  » et les relations plus étroites avec l'équipe de Hegalaldia, bénévole ou salariée. Et il y a l'épuisement qui guette. Laurence Goyenetche va bientôt tourner une page. Elle ne sait pas encore l'histoire que racontera la prochaine.

Virginie Bhat


Dans la même rubrique :
< >

Jeudi 11 Juillet 2019 - 16:09 La huppe fasciée en goguette à Bibi


Nouveau commentaire :
Twitter


Diapo à la Une

Zoom

Le littoral basque voit rouge

Les orages ont renvoyé aux oubliettes l'alerte canicule sur le Pays Basque et donné un coup de balai aux mauvaises particules de nos cieux. Conséquences : la qualité de l'air vire au vert et l'océan voit rouge sur la côte.

26/07/2019




Partager votre site


On marche sur la tête !

Le coq n'était pas en pâte

On aurait bien aimé croire à une fake news, un montage vidéo, mais il va falloir se rendre à l'évidence l'info relayée par les média locaux vendredi ne serait ni l'une ni l'autre. Un jeune pilotari croquant dans le cou d'un coq bien vivant pour en arracher la tête... lors d'un repas de fêtes. Le jeune homme contacté par Mediabask « dit assumer son erreur et être conscient de son mauvais geste ». C'est Daniel Raposo, réprésentant de la Fondation Brigitte Bardot Pyrénées-Atlantiques qui a levé le lièvre. La fondation doit porter plainte pour acte de cruauté sur animaux. Un acte passible de 30 000 euros d'amende et deux ans de prison.



La puce à l'oreille
11/08/2019

Article n°1314

On aurait bien ailé croire à une fake news, un montage vidéo, mais il va falloir se rendre à l'évidence l'info reprise par les média locaux n'est ni l'une ni l'autre. Un jeune pilotari croquant dans le cou d'un coq bien vivant pour le décapiter... Le jeune homme contacté par Mediabask « dit assumer son erreur et être conscient de son mauvais geste ». C'est Daniel Raposo, référent de la Fondation Brigitte Bardot Pyrénées-Atlantiques qui a levé le lièvre. La fondation doit porter plainte pour acte de cruauté sur animaux. Un acte passible de 30 000 euros d'amende et deux ans de prison.


Recherche

La côte basque en images


Inscription à la newsletter

Téléchargement