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Grande-Bretagne : des blaireaux à la chambre des communes


Mercredi 5 Juin 2013


Pour éradiquer la tuberculose bovine, le gouvernement britannique a programmé la mort de 5000 blaireaux dans les six prochaines semaines. Les associations de protection animale récusent ses arguments scientifiques. Et le parti travailliste monte au créneau aujourd'hui à la chambre des communes.




Poils gris, blancs et noirs. Corps massif, pattes et queue courte. Ses petites oreilles surmontent une tête petite et un museau allongé. Le blaireau est un carnivore qui sort de sa tanière au crépuscule. Il n’hiberne pas mais prolonge ses siestes bien volontiers lorsque le froid sévit. Il se calfeutre alors dans son terrier, véritable labyrinthe de galeries qui courent sous terre et débouchent sur trois à dix sorties. Ou entrées.

5000 blaireaux seront tués en Angleterre ces six prochaines semaines

Depuis quelques temps, cet animal qui n’apprécie pas la lumière est sous le feu des projecteurs en Angleterre. Bien malgré lui. Accusé de répandre autour de lui la tuberculose bovine, il est recherché pour être occis. Les autorités anglaises ont ouvert la chasse à l’espèce jusqu'alors protégée sur le territoire. Depuis le 1er juin, elles ont autorisé les fermiers de deux régions du sud-ouest de l’Angleterre, le Gloucestershire et le Somerset, de tirer sur les blaireaux. La tête de 5000 d’entre eux est mise à prix.

Selon le Defra, Department for environment, food and rural affairs, l’abattage de 70% des blaireaux sur une zone déterminée réduirait de 16% les cas de tuberculose dans les élevages bovins. Des élevages qui l’an dernier ont subi de fortes pertes : l’an dernier, 35 000 vaches et bœufs ont dû être abattus atteints par la maladie selon le gouvernement. Et chaque année la maladie se répand un peu plus. Les éleveurs sont certes indemnisés mais ils restent durement frappés. Le programme d’abattage devrait durer six semaines. A la suite de quoi, les autorités tireront un bilan de l’opération avant de décider si elles la poursuivront.

La coalition Team Badger réfute les arguments scientifiques du gouvernement

Mais le plan gouvernemental a provoqué un tollé parmi les associations de protection animale britanniques. Elles ont d’ailleurs regroupé leurs forces au sein d’une coalition appelée « Team badger » (1). Et samedi 1er juin, quelques centaines de personnes ont manifesté à Londres et dénoncé la décision gouvernementale. Elles refusent le bien fondé de ces mesures de lutte contre la tuberculose bovine. Et de récuser point après point les arguments des autorités publiques dans un rapport.

« Beaucoup de mythes circulent sur les blaireaux et la tuberculose bovine qui servent à justifier cet abattage. Ils ne sont pas scientifiques, mais dangereusement inexacts et ont besoin d’être révélés, déclare Gavin Grant, directeur de la RSPCA, association britannique de protection animale. »

Les vaches et les blaireaux nous tiennent à cœur. Il est temps de rétablir les faits et de dire la vérité : cet abattage n’aidera pas le bétail et n’arrêtera pas la tuberculose bovine. » Et de citer un premier « mythe : le contrôle de la faune sauvage est le seul moyen de débarrasser les élevages de la tuberculose bovine. Le fait : d’autres pays ont géré le problème en contrôlant les mouvements des animaux d’élevage... » Un principe de précaution pris par la France. Le blaireau par contre n'y est pas protégé : sa chasse anticipée a été ouverte le 15 mai dernier dans 74 départements (1).

Le parti travailliste désapprouve la décision de la majorité gouvernementale

« Nous comprenons les fermiers qui affrontent les problèmes de cette maladie, déclare la coalition. Nous sommes attentifs aussi bien aux animaux d’élevage que les blaireaux, mais nous sommes d’accord avec les experts selon lesquels un abattage des blaireaux aurait peu d’impact sur l’éradication de la tuberculose bovine dans les élevages et même pourrait empirer les choses dans certaines zones. Nous sommes prêts à travailler avec les agriculteurs pour trouver des alternatives plus efficaces, incluant la vaccination et des blaireaux et des bovins et améliorer la biosécurité. »

Le parti travailliste, opposé à l’abattage massif des blaireaux, a décidé de porter la question devant la chambre des députés. Il espère que les députés exprimeront dans un vote leur opposition à la décision du gouvernement britannique. « Nous avons besoin d’une politique qui s’appuie sur la science pour gérer les mouvements des animaux d’élevage et donner la priorité à la vaccination du bétail et des blaireaux plutôt que l’abattage des blaireaux. » S’il s’oppose à l’abattage, le vote des députés n’aura pas pour autant valeur de loi et ne saura pas empêcher le gouvernement de poursuivre dans la voie qu’il a choisi. Par contre, il démontrera à celui-ci la position de la chambre.



(1) L'Aspas a dénoncé cette anticipation d'ouverture de chasse. L'association demande "la fin de la période complémentaire de chasse au blaireau, et l’interdiction de ce mode de chasse (vénerie sous terre, ndrl), pour son inadmissible cruauté, mais aussi, parce qu’il détruit les habitats d’espèces protégées au statut de conservation défavorable : petit rhinolophe ou chat forestier (encore appelé chat sauvage).

(2) La coalition regroupe les associations britanniques RSPCA, Save Me (dirigé par le guitariste Brian May et vice-président de la RSPCA), League Against Cruel Sports, Humane Society International (UK) et Ifaw, International Fund for Animal Welfare.

Virginie Bhat


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