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Les animaux entre ciel et terres sauvages

Forêt du Pignada : la chasse est ouverte


Mardi 2 Octobre 2012


Les courses dans la forêt du Pignada ne connaissent pas les saisons. A pied, à vélo ou à cheval. Un chien ou non à ses côtés. Mais l’automne sonne le temps d’une autre passion : la chasse. Dès aujourd’hui, chasseurs et promeneurs devront donc partager certains lieux de la forêt.




Chaque jour, des promeneurs foulent le sable des voies des forêts angloyes ©V.B
Chaque jour, des promeneurs foulent le sable des voies des forêts angloyes ©V.B
Pins, chênes-lièges, fougères, genêts... Bordées d’un côté par l’océan et de l’autre par l’Adour, les forêts du Pignada, de Chiberta et du Lazaret couvrent 450 hectares. Totalement enclavées dans la cité d’Anglet, l’urbanisation les cerne de partout.

Quand ces pinèdes apparurent-elles ? Selon le site de la ville, c’est au XVIIe siècle que les premiers pins apparaissent à Anglet. A cette époque, les dunes de sable gagnent du terrain vers l’intérieur des terres. Pour les arrêter, le Corps de la ville de Bayonne décide d’y semer des graines de pins maritimes. Pour d’autres auteurs, des pignadas (pins maritimes en gascon) existaient déjà avant ce siècle-là.

Napoléon III ordonne la plantation de semis de graines de pins

Le pic noir a remplacé le gemmeur dans les pinèdes ©V.B
Le pic noir a remplacé le gemmeur dans les pinèdes ©V.B
Trois cents ans plus tard, au XIXe siècle, Napoléon III donne un second souffle à ce grand massif et ordonne son aménagement. D’autres semis de pins sont plantés sur 450 hectares et des routes sont percées au milieu de la forêt déjà existante.

Le massif forestier fait la joie des chasseurs à pied qui y quêtent grives, bécasses et tourterelles et des chasseurs à courre qui se lancent derrière le renard.

Les forestiers vendent le bois, les gemmeurs la résine récoltée. « Ma e Pignada per m’aida : la mer et la forêt de pin pour m’aider » telle est la devise de la ville angloy.

Le massif forestier angloy est donc constitué de trois forêts : celle de Chiberta qui longe le littoral, celle du Lazaret qui descend vers l’Adour et celle du Pignada. Cette dernière s’étend sur 220 hectares.

Aujourd’hui, la seule forêt du Pignada possède trois propriétaires : le Conseil général des Pyrénées Atlantiques (50%), la ville d’Anglet (25%) et la communauté des Servantes de Marie (25%).

Cette immense pinède est le sujet d’un plan de gestion concerté : lutte contre les plantes invasives telles le mimosa, plantation de chênes lièges...

La forêt du Pignada abrite quelques chevreuils, des lapins, des écureuils...

Parfois, à l'orée du bois, un lapin blanc apparaît ©V.B
Parfois, à l'orée du bois, un lapin blanc apparaît ©V.B
Au fil des saisons, la forêt s’emplit de rires d’enfants, d’aboiements de chiens ou du silence des oiseaux. Dans le sable des allées ou sur le sol plus rugueux des voies aménagées, les chaussures des coureurs détalent. Au petit matin, certaines débusquent un lapin qui aussitôt détale encore plus vite qu’elles. Lapin dont le poil se confond avec la terre sablonneuse. « Vous savez, j’en ai déjà aperçu un noir, un noir et blanc... » confie ce coureur invétéré. Et le lapin blanc n’est pas un leurre à l’orée du bois, ni une fiction d’un esprit main de la forêt.

Parfois c’est un chevreuil que le promeneur découvre, ravi par sa beauté. Spectacle si furtif que le passager de cette forêt n’en croit pas ses yeux et cherche auprès d’autres passants la confirmation de sa vision.

Des lapins, quelques chevreuils, des écureuils... des oiseaux sédentaires ou migrateurs. La forêt du Pignada abrite un microcosme animalier que les promeneurs dérangent parfois. A leurs passages, les oiseaux cessent de piailler, les lapins s’engouffrent dans les fourrés... les papillons s’échappent vers une autre plante. Depuis hier, ce seront éventuellement les tirs des chasseurs qui amèneront le silence dans la grande pinède. Car la chasse y a ouvert.

La chasse à Pignada est interdite de 11h30 à la tombée de la nuit

La chasse fermera le 20 février prochain et la forêt du Pignada retrouvera son chant ©V.B
La chasse fermera le 20 février prochain et la forêt du Pignada retrouvera son chant ©V.B
Alors que l’ouverture générale de la chasse à tir en plaine était fixé au 9 septembre dernier dans les Pyrénées-Atlantiques, elle est au 1er octobre à Pignada. Avec des heures précises pour que chasseurs et promeneurs se partagent les lieux sans anicroche. Ainsi un arrêté municipal fixe les règles de la pratique. Arrêté affiché à l'entrée de Montbrun.

Selon le dernier texte en date de 2009, la chasse est interdite de 11h30 à la tombée de la nuit et le dimanche matin. Son exercice est aussi prohibé dans le secteur nord du massif, à moins de 150 mètres de habitations et des voies ouvertes à la circulation. « Pour les voies situées dans le Pignada, il est interdit à tout personne placée à portée de fusil de ces voies de tirer dans cette direction ou au-dessus » précise le texte.

Les quelques fusils qui quêtent la grive, le bécasseau, la palombe ou le lapin encore en forêt de Pignada devront cesser de tirer le 20 février prochain à minuit. Et la forêt retrouvera sa quiétude que seuls les rires des enfants et les aboiements de chiens briseront.

Virginie Bhat


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