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Les animaux entre ciel et terres sauvages

Encore un gypaète barbu plombé et tombé du ciel basque


Mercredi 27 Novembre 2013


C'est dans un fossé entre Bayonne et St Jean Pied de Port que des cheminots ont trouvé un gypaète barbu, truffé de plombs dimanche dernier. Récupéré et soigné par Hegalaldia, le rapace appelé Benigno n'a pas survécu deux jours. Saiak, Hegalaldia et la Lpo portent plainte pour destruction d'espèce protégée.




Le gypaète barbu nichait depuis quelques années en Navarre qui a ainsi perdu un de ses huit couples sur son territoire ©Bruno Bertémy
Le gypaète barbu nichait depuis quelques années en Navarre qui a ainsi perdu un de ses huit couples sur son territoire ©Bruno Bertémy
Voila deux jours, dimanche 24 novembre, des cheminots tombent sur un gypaète barbu (1) le long de la voie ferrée entre Bayonne et St Jean Pied de Port. Le rapace gît dans un fossé. Mal en point. Les agents alertent aussitôt le centre de sauvegarde de la faune sauvage, Hegalaldia. L'équipe vole au secours de l'oiseau qu'il récupère très affaibli et en hypothermie.

Saiak, Hegalaldia et la Lpo portent plainte pour destruction d'espèce protégée

Le gypaète, espèce en danger d'extinction, est devenu un poids plume : sur la balance il atteint à peine 3,6 kilos au lieu des cinq kilos qu'un oiseau de son espèce devrait peser. Il passe des radios : son corps est plombé de 6 balles, six plombs de chasse détectés dans ses ailes, sa queue et le haut du corps !

En dépit de tous les soins prodigués par Hegalaldia, le gypaète barbu n'a pas récupéré de ses blessures : il est mort hier. Parce qu'il était marqué, l'équipe a pu donner un nom à cet oiseau tombé du ciel. Il s'appelait Benigno, âgé de 14 ans. Bagué au deux pattes, et portant balise, ses périples étaient suivis par les hommes depuis dix ans ! précise Hegalaldia. C'est en Navarre qu'il nichait depuis plusieurs années. La communauté autonome vient de perdre un des huit couples de son territoire. En Europe, à peine 160 couples sont recensés. Parmi lesquels 36 sur le versant nord des Pyrénées cette année (pour 12 jeunes à l'envol) et une centaine sur le versant sud.

« Comment est-il encore aujourd’hui possible de tirer sur un Gypaète barbu ? Avec ses 2,80 m d’envergure, sa silhouette élancée et la coloration orangée du plumage de sa tête et de son corps, il est pourtant impossible de le confondre avec une autre espèce ! Estimé à une quarantaine de mètres de sa cible, le tireur a délibérément voulu tuer le plus grand rapace nécrophage des Pyrénées » dénoncent les associations Hegalaldia, Saiak, Lpo Aquitaine, Lpo, UFCS et Lpo Pyrénées Vivantes. Et de poursuivre : « Par ce geste, les Pyrénées-Atlantiques détiennent malheureusement le triste record de gypaète barbu tirés sur le massif des Pyrénées. »

Saiak, Hegalaldia et la Lpo ont décidé de porter plainte contre X pour destruction protégée. Ce délit est passible de 15 000 euros d'amende et un an de prison.


(1) Le gypaète barbu est une espèce protégée sur l'ensemble du territoire national et inscrite à l’annexe 1 de la Directive Oiseaux et en annexe II des convention de Bern, de Bonn et de Washington, en annexe C1 Règlement CEE / CITES. Classée « En danger » sur la liste rouge des espèces menacées et à surveiller en France. Il bénéficie d’un plan de restauration dans le massif des Pyrénées validé par le ministère de l’Ecologie et du développement durable en 1997. Plan national en cours de rédaction étendu à l'ensemble de l'aire de répartition pour la période 2008/2018.

Virginie Bhat


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