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Eco'Vie : l'exigence du bio


Samedi 29 Janvier 2011


Parmi ses exposants, Eco'Vie accueille pour la première fois les producteurs biologiques d'Esukadi. Rencontre avec Asier, qui avec son frère Iker, mènent un troupeau de 250 brebis latxa à tête noire à quelques kilomètres de Bilbao. Du lait de leur troupeau, ils fabriquent du fromage au lait cru.




Eco'Vie : l'exigence du bio
« Nos brebis ne restent pas confinées dans des stabulations : elles sortent tous les jours dans les pâturages, explique Asier. Elles se nourrissent d’herbes, et si nous devons compléter cette alimentation naturelle, nous le faisons avec des céréales issues de l’agriculture biologique, de notre exploitation ou de fermes proches. » Asier et son frère Iker sont installés en Biscaye, à vingt kilomètres au sud-ouest de Bilbao. Ils dirigent un troupeau de 235 brebis latxa à tête noire. Une race locale, adaptée au terroir qu’elle foule.

Dans le troupeau, 150 brebis ont vocation à produire du lait que les deux frères transformeront en fromage, estampillé « biologique ». C’est auprès des magasins spécialisés que leur production trouve ses débouchés commerciaux. « Nos fromages ont au moins deux mois avant d’être commercialisés. Ceux qui nous présentons sur le salon ont été fabriqués en avril dernier. Ils ont une saveur différente des plus jeunes ; il faut savoir contenter tous les palais. »

En Euskadi, l’agriculture biologique représentait il y a un an 1484 hectares, soit 0,4% de la superficie des terres à destination agricole. 244 personnes et/ou entreprises parmi lesquelles 96 engagées dans la production de fruits, 41 dans l’élevage bovin, 23 dans les céréales et cultures extensives (en Alava), 21 dans l’élevage ovin, 20 dans la vigne… et 8 dans la production de lait, fromage et dérivés lactés. Cette agriculture est sous l’égide du Conseil de l’agriculture et de l’alimentation d’Euskadi, Eneek. Eneek présente pour la première fois aux côtés des autres producteurs bio à Eco’Vie.

« Nos brebis nous donnent 90 litres de lait par an, poursuit Asier dont les parents possèdent une ferme en Alava. Sur une période de cinq mois. De mars à juin. Elles n’agnèlent qu’une fois par an. Notre production annuelle de lait se situe ainsi entre 1000 et 1200 litres. » Ainsi que tout agriculteur biologique, Asier et Iker respectent dans leur ferme le règlement européen 834/2007 du Conseil du 28 juin 2007 relatif à la production biologique et à l'étiquetage des produits biologiques. Un règlement que tous les pays membres de l'Union ont transposé en droit interne. Les normes européennes encadrent ainsi le bien-être des animaux, leur alimentation… et les soins vétérinaires dont ils peuvent être l’objet.

« Nous ne vaccinons pas nos animaux, nous les soignons avec des produits homéopathiques. Nous ne leur administrons pas d’antibiotiques » confirme ainsi l’éleveur biscayen qui ajoute : « Moi et mon frère avons choisi l’agriculture biologique par conviction personnelle. Nous ne voulons intoxiquer personne. »

Outre leur fromage, les deux frères vendent des agneaux de lait. « Sans le label bio. Nos clients connaissent la qualité de nos produits. » Et de la laine puisque les brebis, comme il se doit, sont tondues. « Mais cette année, nous n’en avons pas vendue. Faute d’acquéreurs à un prix juste. » Asier affirme qu’il préférera la donner…

A Eco’Vie, Asier présente une autre production, du txakoli, aussi bio que ses fromages. Son vin porte la dénomination d’origine Biskaia. « Le txakoli est un vin uniquement produit en Euskadi » rappelle-t-il. Le txakoli est devenu pomme de discorde aujourd’hui outre-Pyrénées. Certains vins blancs produits hors de la communauté autonome sont vendus sous ce nom. Or ce terme ne devrait être associé qu’à trois dénominations d’origine : Biskaia, Getaria et Alava. Les autorités basques sont résolues de les défendre contre vents et marées.

Virginie Bhat


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