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Les animaux entre ciel et terres sauvages

Deux bébés singes magots saisis à Biriatou


Dimanche 21 Août 2011


Etranges passagers clandestins que les douaniers d’Hendaye ont contrôlés à Biriatou il y a dix jours. Deux bébés singes magot, trop tôt sevrés de leurs mères. Dissimulés dans une cage à chat. ! Leurs transporteurs n’ont pas pu présenter les papiers des deux jeunes animaux. Les douaniers les ont donc saisis et confiés à Tonga Terre d'Accueil. Le singe magot est victime de trafic. Explications.




Les douaniers d’Hendaye ont fait une surprenante découverte lors d’un contrôle routier le 12 août dernier. Cachés dans une cage à chat d’un véhicule, deux bébés singes magot. Sevrés prématurément de leurs mères. Traumatisés. Ni plus ni moins ! Ni le conducteur ni son passager n’ont pu produire les papiers autorisant le transport des deux animaux. Ils étaient donc hors la loi puisque le commerce du singe magot est strictement réglementé.

Le singe magot est le seul primate d’Afrique du nord. L’espèce est si menacée que l’Uicn, Union mondiale pour la conservation de la nature, l’a classée « en danger » dans sa liste rouge. Avant cette année-là, ce singe était considéré vulnérable. C’est la chute de sa population qui a conduit l’Uicn à cette décision. En vingt-quatre ans, soit en trois générations, elle a perdu plus de la moitié de ses individus (1). En cause : son braconnage, la diminution de son habitat naturel et sa fragmentation. L’espèce est inscrite en annexe II/B de la Cites, Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction ; son commerce et son transport sont donc soumis à diverses autorisations.

Les deux personnes qui transportaient donc les deux magots en tout clandestinité ont dit se rendre aux Pays-Bas. Elles venaient du Maroc. Un pays où cette espèce compte dans ses rangs entre 5000 et 10000 individus. Chaque année, selon une étude sur le trafic des singes magot de Els Von Lavieren de 2004-2005 et d’après les données de l’association hollandaise AAP, 300 a 400 animaux capturés illégalement au Maroc chaque année seraient passés en fraude en Europe, la majorité à destination de la France (2).

Ce sont des particuliers qui souvent jettent leur dévolu sur les bébés magots, ou d’autres jeunes primates. Tout petits, ils semblent craquants à souhait. Et leurs propriétaires veulent en faire leur animal de compagnie. Plus exotique qu’un chien ou un chat. Plus proche de l’homme… Jusqu’au jour où les bébés deviennent grands. Et leurs maîtres se laissent dépasser… Ils les abandonnent. Or peu de structures d’accueil existent pour les primates. Les parcs zoologiques en possèdent déjà. Et introduire un nouveau membre dans une petite colonie déjà structurée n’est pas chose aisée. Les autorités publiques qui les trouvent errant se tournent vers de rares centres spécialisés d’accueil de la faune sauvage. Difficile en effet de demander l’aide de la SPA !

Les deux jeunes magots saisis à Hendaye, ont été confiés à l’association Tonga Terre d’Accueil, un centre d’accueil de primates et fauves saisis ou abandonnés, créé par l’espace zoologique de Saint-Martin la Plaine. Zeus et Vénus sont arrivés sur les lieux le 14 août. « Ils sont âgés d’approximativement six mois et semblent également être en bonne santé. Il est prévu de les intégrer, à plus ou moins court terme, au groupe de Sherlock (de la même espèce, ndlr)» précise l’association sur son site.

Un bel happy end ? Il aurait mieux valu que Zeux et Venus grandissent entourés de leurs parents au Maroc. Dans un communiqué, la douane « rappelle aux voyageurs et vacanciers, que par respect pour l’environnement, il est conseillé de ne prélever dans les pays de villégiature aucune espèce animale ou végétale, dont certaines peuvent être en voie de disparition (singes, coraux, ivoire, tortues notamment), dangereuses pour l’écosystème européen ou très difficiles à conserver en captivité. A titre d’exemple, le refuge qui a recueilli les deux bébés singes, s’est vu confier, en un peu plus de deux ans, 101 singes de la même espèce, pour la plupart abandonnés par des propriétaires dépassés par le comportement des animaux devenus adultes. »

(1) (2) Rapport « Conditions d’accueil des animaux d’espèces non domestiques saisi ou recueillis », remis aux ministères de l’Agriculture et de l’Ecologie en mai 2010.
Les deux jeunes magots n'était pas sevrés ©Douanes françaises
Les deux jeunes magots n'était pas sevrés ©Douanes françaises

Virginie Bhat


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