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Des poissons aux anti-dépresseurs


Dimanche 23 Janvier 2011


Les antidépresseurs ne rendent pas les poissons heureux. En fait, ils ralentissent leur activité cérébrale. Des chercheurs de l'université de Montréal ont analysé l'organisme de truites exposées aux eaux du Saint-Laurent. Ils y ont retrouvé des résidus de ce type de médicaments ! Quelle nocivité pour la santé humaine ?




Des poissons aux anti-dépresseurs
Certaines molécules échappent au traitement des eaux de villes. Et ce faisant, elles s’accumulent dans les organismes des animaux aquatiques. Une équipe scientifique de l’Université de Montréal a analysé des truites exposées aux eaux du Saint-Laurent. Elle a trouvé des traces d’antidépresseurs dans leur foie et leur cerveau. Mais loin de shooter ces poissons, les scientifiques se sont aperçus que ces molécules ralentissent leur activité cérébrale.

Ce n’est pas la première fois que de tels résultats sont constatés ailleurs sur la planète. En 2004, des chercheurs de l’université de Baylor, Waco aux Etats-Unis, révélaient qu’ils avaient trouvé des traces de composés actifs de deux marques d’antidépresseurs dans des poissons. Poissons qui naviguaient en aval d’une usine d ‘épuration des eaux.

En 2008, l’Académie nationale de pharmacie publiait un rapport sur les « Médicaments et l’environnement ». Elle y soulignait qu’on retrouvait dans les eaux du monde bien des substances. Non seulement des traces d’antidépresseurs mais d’antibiotiques, d’anticancéreux… mais aussi de « nombreuses substances non médicamenteuses liées aux activités humaines, également présentes dans l’environnement telles que les produits phytosanitaires, détergents, hydrocarbures, métaux, etc.

Selon les substances médicamenteuses et les différentes catégories d’eau, les concentrations retrouvées varient dans une gamme allant du nanogramme par litre dans les eaux superficielles douces ou marines, les eaux souterraines et les eaux destinées à la consommation humaine, jusqu’au microgramme, voire à plusieurs centaines de microgrammes par litre dans les effluents et les eaux résiduaires, avec des variations spatio-temporelles dépendant des activités humaines. La situation est très inégale selon les pays en fonction de leur développement socio-économique, de l’accès de leurs populations aux soins et de leurs réglementations. »

Dans le cas du Saint-Laurent, le professeur Sébastien Sauvé qui a dirigé les analyses, a voulu rassurer le public. Les concentrations des antidépresseurs ne sont pas assez élevées pour se révéler nocives à la santé humaine. «Boire deux litres d'eau par jour pendant 70 ans nous permettrait d'accumuler une dose équivalant à un comprimé » rapporte le quotidien canadien Le Devoir. Faut-il dire ouf ?

Par contre, les scientifiques ne connaissent pas encore les conséquences des antidépresseurs à long terme sur l’environnement aquatique et ses habitants. En 2007, une autre étude américaine notait une féminisation de poissons exposés à des œstrogènes résiduels dans l’eau. Ce qui pourrait avoir un impact sur la survie des populations de poissons sauvages. Et les hommes ? Il reste encore beaucoup d’inconnues sur l’impact de présence résiduelle de médicaments dans les eaux du monde. L’Académie nationale de pharmacie préconisait dans son rapport de limiter et contrôler les rejets, évaluer les risques liés, développer la formation et l’information.

« Une meilleure connaissance du cycle de vie des substances médicamenteuses dans l’environnement est indispensable pour mieux suivre les conséquences de leurs utilisations et de leurs rejets. Les enjeux de ces connaissances concernent non seulement la protection de l’environnement et en particulier le bon état des milieux aquatiques et des ressources en eau, mais aussi la santé publique. Un autre enjeu est celui de l’amélioration, mais aussi du coût des technologies de traitement des eaux résiduaires industrielles ou urbaines et des eaux destinées à la consommation humaine. » relevait l'Académie en 2008.

Virginie Bhat


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