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Les animaux de nos maisons

Des hommes et leurs animaux en eaux troubles


Mardi 2 Novembre 2010


Certains hommes et femmes s'entourent de tant de chiens ou de chats qu'ils ne gèrent plus rien. Ni leur vie ni celle de leurs compagnons. Amour des animaux ? Inconscience ? Trouble psychologique ? En octobre dernier, la Fondation 30 millions d'amis et la SPA ont ainsi récupéré 37 chiens qui vivaient dans un pavillon insalubre de la région parisienne. Aux Etats-Unis un collectif interdisciplinaire s'est penché sur ces cas de plus en fréquents. Il appelle ce trouble "animal hoarding". Collectionnage d'animaux en français.




Les chats ou les chiens vivent dans la précarité, comme leurs maîtres ©xoriburu.info
Les chats ou les chiens vivent dans la précarité, comme leurs maîtres ©xoriburu.info
Comment et pourquoi les propriétaires se laissent-ils déborder par leurs animaux de compagnie ? Les associations de protection animale interviennent parfois dans des cas extrêmes. Au mois d’octobre, la SPA et la Fondation 30 millions d’amis ont récupéré trente-sept chiens qui vivaient tous ensemble dans un pavillon insalubre. Depuis au moins cinq ans, leur propriétaire laissait faire la nature. Et les animaux, croisés labrador-griffon, se sont reproduits au gré de leurs envies. Ils n’étaient ni vaccinés ni tatoués.

L’alerte avait été donnée par la mairie de Livry-Gargan (93) et la Direction départementale des services vétérinaires (DDSV) de Seine-Saint-Denis. Les autorités ont décidé de confisquer les chiens étant donné les conditions dans lesquelles ils vivaient. Elles les ont confiés aux deux associations en attendant une décision judiciaire. Le propriétaire devra se présenter devant le tribunal de police pour mauvais traitements. Il est en état de récidive : c’est la troisième fois que les autorités lui retirent des animaux en dix ans.

Ce cas n’est pas isolé. D’une année sur l’autre, les associations sont alertées pour des maîtres qui possèdent tant d’animaux qu’ils ne peuvent pas assurer leur bien-être. Certains animaux en meurent… Négligence ? Inconscience ? La plupart de ces hommes ou femmes déclarent les aimer. Trop sans doute pour ne pas s’apercevoir des excès où ils sont immergés ? Les animaux pas toujours soignés, trop nombreux, entassés dans de petits logements… Dans quelles conditions eux-mêmes ont vécu ces maîtres de ce fait ? Parfois poursuivis en justice, la loi les condamne pour mauvais traitements ou actes de cruauté. En dépit de tout souvent ils tombent le plus souvent dans la récidive. Les condamnations pénales ne suffisent pas à les en dissuader.

Dans les pays anglo-saxons, ce collectionnage d’animaux s’appellent « animal hoarding ». Aux Massachusetts, un collectif interdisciplinaire, appelé HARC (Hoarding of Animals Research Consortium) a même été créé pour comprendre les mécanismes de ce qu’il considère être un trouble.


Selon ce collectif, le collectionnage d’animaux est bien différent de celui des objets, assimilé à un TOC, trouble obsessionnel compulsif. Les études scientifiques dont le second a fait l’objet ne peuvent pas expliquer, traiter, soigner et prévenir le premier.

Les spécialistes américains ont défini le « collectionnage » d’animaux selon quatre critères :
- l’échec à assurer les standards minimums de conditions d’hygiène, d’espace, de nourriture et de soins vétérinaires aux animaux ;
- L’incapacité à reconnaître les effets de cet échec sur le bien-être des animaux, sur les membres du foyer et sur l’environnement ;
- Des tentatives obsessionnelles d’accumuler et maintenir une collection d’animaux en dépit des conditions qui se détériorent progressivement, et
- La minimalisation ou le déni des problèmes et des conditions de vie pour les gens et les animaux.

Selon le Harc qui poursuit ses expertises, les interventions des autorités et des ong de protection animale ne sont pas suffisantes. Si elles permettent de sauver des animaux, elles laissent sur le bord de la route leurs maîtres. D’autres institutions doivent les accompagner : services sociaux, médico-psychologiques… pour aider les collectionneurs à sortir du cercle infernal psychologique ou pathologique où ils se sont enfermés. Le collectif a publié un premier manuel sur le « animal hoarding » pour les y aider. Ce trouble est de plus en plus fréquent en Amérique du Nord et en Europe.

Ester Gran


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