xoriburu.info
Les animaux entre ciel et terres sauvages

Des aigles de Bonelli de France en Espagne


Vendredi 5 Août 2011


C’est une première en Europe : deux aiglons de Bonelli nés et élevés en captivité en France ont été réintroduits en Espagne. Le fruit d’une coopération transfrontalière.




Les aigles de Bonelli en danger en France
Les aigles de Bonelli en danger en France
La belle histoire débute en 1990. L’Union française des centres de sauvegarde (de la faune sauvage, ndlr) démarre un programme de reproduction en captivité de l’aigle de Bonelli (1). D’abord dans un centre en Ardèche, puis cinq ans plus tard en Vendée.

L’espèce vit en Europe du sud, en Afrique du Nord, au Proche et Moyen-Orient ainsi qu'en Asie. L’Union mondiale pour la conservation de la nature (UICN) l’a classé dans sa liste rouge, catégorie « préoccupation mineure ». Mais d’un pays à l’autre, l’état de la population de ce rapace varie. Ainsi en France, l’aigle de Bonelli est considéré en danger. En cinquante ans, sa population est tombée de 80 couples (en 1960) à 23 en 2002. En cause : électrocutions, collisions avec les réseaux câblés, tir, empoisonnement, trichomonose, dérangements, fermeture des habitats, explique la LPO dans un communiqué.

Depuis 1999, chaque centre a vu naître huit aiglons. Pour autant aucun n’a quitté son lieu de naissance jusqu’à cette année. Mais ce n’est pas en France que deux aiglons ont été réintroduits, mais en Espagne.
En fait cette décision fait suite à un séminaire organisé sur la réintroduction de l’aigle de Bonelli par la LPO et l’Ufcs. A l’issue de cette rencontre, un groupe de travail international sur la reproduction en captivité de l'espèce s'est constitué. Son objectif est de « favoriser un meilleur partage des expériences, intégrer les programmes dans le cadre d'une réflexion conjointe à l'échelle européenne, disposer d'une plus grande connaissance du pool de géniteurs, et envisager de façon concertée la destination des jeunes aiglons produits. »

Les aiglons réintroduits en Espagne sont suivis régulièrement par le Grefa

L’Ufcs profite de ce séminaire pour prendre contact avec ses homologues espagnols. Il confiera deux aiglons nés au printemps dernier dans son centre vendéen. Un juste retour car en 2004 celui-ci avait reçu d’Andalousie huit aiglons issus de la nature. C’est un de leurs descendants qui a été remis au Grefa (Groupo para la récupération de la fauna autóctona y su hábitat).

Le Grefa a développé depuis dix ans un programme de reproduction en captivité. Et avec l’aide des communautés autonomes de Madrid, des Iles Baléares, de la Navarre et d’Andalousie, le groupe a réintroduit déjà dix aiglons nés dans son centre de reproduction. Il avait libéré les premiers aiglons l’an dernier dans la région de Madrid. Une première là aussi.

Ces aiglons espagnols ont donc été rejoints par leurs deux cousins français. L’un des aiglons a été libéré en Navarre, le second à Majorque.

« Les deux ont été réintroduits sur des sites abandonnés par l’espèce, selon la technique dite du « taquet », qui consiste à installer les jeunes dans des nids reconstitués (ici sur des falaises) avant qu’ils ne sachent voler. L’objectif est que, imprégnés du lieu, ils viennent ensuite s’y installer en couple et constituent ainsi un continuum entre les différents noyaux de population.

Le suivi des premiers vols de ces deux oiseaux est particulièrement encourageant. Ce succès laisse espérer leur bonne adaptation à la vie en milieu naturel et le début d’une longue série de réintroductions réussies » ont déclaré Allain Bougrain Dubourg, président de la Lpo et Gérard Grolleau, présidents de l’Ufcs dans un communiqué commun.

(1) La Fondation Prince Albert II de Monaco est le principal financeur du séminaire de décembre 2010 et du programme de reproduction en captivité depuis 2007

Virginie Bhat


Dans la même rubrique :
< >

Dimanche 10 Avril 2016 - 17:07 Des hirondelles survolent le lac Mouriscot


Nouveau commentaire :
Twitter


Zoom

1 031 773 signatures contre les cages à poules

Une initiative citoyenne européenne lancée contre les cages en élevage a mobilisé jusqu'à ce jour plus d'un million de personnes. De quoi bientôt saisir l'Union européenne pour lui demander d'y mettre fin. Le Brexit menaçant, le Royaume Uni en a été écarté.

04/06/2019





Partager votre site



Recherche

La côte basque en images

La puce à l'oreille
30/05/2019

Coup de filet chez les pilleurs d'oiseaux

Les agents de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage ont réalisé un joli coup de filet les 2 et 4 avril derniers dans le Nord : 21 verdiers d'Europe, 18 chardonnerets élégants, 12 linottes mélodieuses 10 sizerins flammés, 20 tarins des aulnes, 23 pinsons des arbres, 3 pinsons du Nord et 4 moineaux domestiques. Les 112 passereaux sauvages avaient été placés sous les barreaux par des particuliers peu scrupuleux qui n'avaient rien trouvé mieux que se servir chez dame Nature pour satisfaire leur soif d'euros. Ces oiseaux sont de fait le sujet d'un trafic bien organisé qui ira les exhiber dans des concours de chant ou de beauté « qui se déroulent principalement en Belgique. Les oiseaux, même ceux nés et élevés en captivité - dont la réglementation est plus souple - se reproduisent très mal. Le taux de survie est médiocre : au maximum 4 à 5 ans. D’où un turn over important. Les oiseaux sauvages capturés en nature alimentent toute la filière », explique l'ONCFS. Le trafic est juteux : 70 euros pour un chardonneret capturé dans son milieu. Le collectionneur doublera, voire triplera, la mise pour l'oiseau blanchi, avec une fausse bague homologuée. « Certains croisements permettent d’obtenir des spécimens très recherchés pour la qualité de leur chant ou pour leurs mutations. Les oiseaux « mutés » sont revendus entre 400 et 600 euros pièce pour les mutations courantes, et jusqu'à 1000 euros pour les plus rares. » Et pendant ce temps, les populations déclinent, de 40 % au plan national pour le chardonneret, de 80 % pour les effectifs nicheurs de la linotte mélodieuse en Nord Pas-de-Calais sur la période 1995 à 2014.



On marche sur la tête !

Souffrance animale : la face dévoilée de la recherche agricole aux Etats-Unis

Des veaux malformés, des agneaux affamés, des porcelets écrasés par leurs mères difformes... outre-Atlantique, la recherche agricole est secouée par une vague de scandales où les animaux ont connu l'horreur.


Inscription à la newsletter

Téléchargement