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Les animaux entre ciel et terres sauvages

De jeunes vautours fauves retrouvent les hauteurs du Pays Basque


Mardi 30 Octobre 2012


Alors qu'une petite brise fraiche souffle sur les hauteurs du Pays Basque, cinq jeunes vautours fauves vont être relâchés par le centre Hegalaldia. L'un des grands oiseaux, obstiné, refusera de reprendre sa route.




Le grand oiseau regarde à droite. Puis à Gauche. Puis à droite. Il fourre sa tête sous son aile, peut-être à la recherche d’une puce. Le dos à la vallée. Face aux hommes. Interminables secondes. Il ne veut pas bouger d’une aile. « Nous lui laissons un quart d’heure. Il n’est peut-être pas prêt à s’envoler. En tous les cas nous ne le laisserons pas ici. » Décidémment ce vautour fauve ne veut pas de la liberté que lui offre la montagne d’Artzamendi. Pourtant quatre de ses congénères ont déployé leurs ailes quelques minutes plus tôt.

Artzamendi, la montagne de l'ours, accueillera les vautours

Dans leurs caisses de transport, les vautours fauves stressent vite ©V.B
Dans leurs caisses de transport, les vautours fauves stressent vite ©V.B
Un petit vent frais balaye la montagne basque. A quelques pas de là, une quarantaine de personnes fixent le jeune vautour fauve qui refuse l’appel des airs. Crépitements d’appareils photographiques. Une caméra saisit ses moindres mouvements. L’oiseau pose pour leur postérité.

Pour admirer ce vautour récalcitrant, les familles s’étaient retrouvées à l’entrée d’Ixtassou une heure plus tôt. A 14 heures pétantes avait insisté Hegalaldia qui organisait le lâcher des vautours fauves. A la file indienne, les voitures ont emprunté la route étroite du Pas de Roland. Direction Artzamendi, la montagne de l’ours en Basque. En contrebas du chemin tortueux, les eaux vives de la Nive que surplombe la forêt. Une terre opportune pour les cèpes, dit-on.

Les voitures ne monteront pas jusqu’à Artzamendi. Arrivés à destination, l’équipe d’Hegalaldia a sorti avec soin cinq caisses de transports surmontées de couvertures. Dans l’une d’elles, une silhouette se profile, le regard est perçant.

Les jeunes vautours ratent parfois leur sortie du nid

Les vautours de six mois ont une envergure de 2,60 mètres ©V.B
Les vautours de six mois ont une envergure de 2,60 mètres ©V.B
Il faut faire vite : les vautours fauves stressent. « Ce sont cinq vautours d’à peine six mois, expliquera le centre de secours de la faune sauvage. Nous les avons récupérés alors qu’ils avaient raté leur sortie de nid. Ils ont déjà atteint leur taille d’adulte et pèsent entre 6 et 7 kilogrammes. Leur envergure va jusqu’à 2,60 mètres ! »

Rater sa sortie de nid ? Voilà une erreur qui arrive à de nombreux oiseaux. Du moineau au vautour ! Certains de ces infortunés vautours fauves parviennent à reprendre leur route. D’autres non. Et après quelques kilomètres de vol, ils atterrissent là où les courants d’air les poussent. Qui sur le toit d’une voiture, qui au fond d’une gorge.

Hegalaldia alertée intervient d’abord dans les gorges de Kakouetta, à St Jean Pied de Port et ses environs. Pour autant certains oiseaux arrivent à échoir sur la côte basque, voire landaise ! Cette année, le centre a été averti de la présence d’un vautour malheureux sur Ondres. ! Une sacrée trotte.

Hegaladia a recueilli une trentaine de jeunes vautours fauves depuis juillet

Quatre vautours répondront à l'appel des airs ©V.B
Quatre vautours répondront à l'appel des airs ©V.B
Du 5 juillet au 23 octobre, une cinquantaine de vautours fauves en difficulté ont sonné l’alarme chez Hegalaldia. Dix-sept d’entre eux se sont envolés de leurs propres ailes. Le centre en a secouru trente. Une fois récupérés, le centre se préoccupe de leur santé et leur apporte les soins nécessaires s’ils ont été blessés. Logés et nourris dans de grandes volières, les oiseaux reprennent leurs forces. Ils apprennent à prendre leur envol dans une volière de cinquante mètres de long. Et lorsqu’ils ont aguerri leur technique, ils sont déclarés aptes à reprendre leur liberté.

Le cinquième vautour aujourd’hui ne l’est visiblement pas. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé : l’équipe d’Hegalaldia le pousse dans ses retranchements. Le jeune vautour fauve, après trois battements d’ailes, trouve refuge sur l’une des voitures qui ont pris le tortueux chemin du Pas de Roland pour le regarder s’envoler. Mais il en a décidé autrement. L’équipe d’Hegalaldia ressort ses couvertures et part à l’assaut. L’oiseau récupéré va reprendre de nouvelles forces au centre. Il devra revoir sa technique d’envol dans la plus grande volière consacrée à cet effet. Un peu plus loin, dans le ciel d’azur, ses congénères l’attendent.

Virginie Bhat


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