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Coton tiges, plaquettes de médicaments... Retour à l'envoyeur au Pays Basque


Jeudi 16 Janvier 2014


Plaquettes de médicaments, bâtons de coton tige... jonchent le sable des plages basques. D'où viennent-ils ? Surfrider remonte la piste et organise une opération "Retour à l'envoyeur". La cible : les candidats aux prochaines élections municipales.




Surfrider donne rendez-vous pour une nouvelle collecte dimanche à l'embouchure de la Bidassoa à Hendaye ©V.B
Surfrider donne rendez-vous pour une nouvelle collecte dimanche à l'embouchure de la Bidassoa à Hendaye ©V.B
Bouchons de dentifrice, bâtons de coton tige, applicateurs de tampons hygiéniques... Le golfe de Gascogne est une vaste poubelle qui déverse à chaque marée ses déchets sur le sable de la côte basque. D’ou viennent donc ces objets que les animaux des océans avalent par mégarde ? Des objets en plastique qui mettront des siècles avant de se dégrader.

Les petits déchets de salle de bain terminent dans les toilettes !

Qui donc les jettent à l’eau ? Sont-ils issus de poubelles de bateaux voguant ou de maisons de la terre ferme ? L’association Surfrider pointe du doigt l’origine terrestre. Plus exactement, elle met en cause les eaux usées qui les charrieraient. Des eaux usées ? Oui ! Plutôt que de vider leurs poubelles de salle de bain dans les ordures ménagères, certains les jetteraient dans la cuvette des toilettes ! Tirez la chasse d’eau, et il n’y a plus rien à voir !

La plupart des habitations sont aujourd’hui raccordés au tout à l’égout. Et leurs eaux usées sont acheminées vers les stations d’épuration qui les épureront de toutes leurs impuretés et propres comme un sou neuf les rejetteront dans la nature. Reste que ces réseaux de raccordement sont pour certains vieillots. Appelés réseaux unitaires, ils recueillent, outre les eaux usées, les eaux pluviales. Et lorsque des trombes d’eau tombent, les stations d’épuration saturent.

Alors pour éviter leur explosion, les municipalités n’ont pas d’autre choix que d’ouvrir les vannes. Et libèrent dans l’urgence les eaux qui n’ont pas été traitées. Eaux usées et pluviales s’enfoncent dans la nature, leurs flots emportant de petits déchets des salles de bain : bâtons de coton tige.... La boucle est bouclée.

Surfrider appelle à une nouvelle collecte dimanche à Hendaye

Certaines collectivités locales ont pris le taureau par les cornes et ont entrepris des travaux pour séparer les réseaux d’eaux pluviales et d’eaux usées. En cas de fortes pluies, les eaux pluviales sont alors acheminées vers des bassins de rétention. Les stations d’épuration poursuivent le traitement des eaux usées sans risque d’implosion.

Mais des réseaux unitaires perdurent dans certaines villes. Alors à la veille des élections municipales, l’antenne côte basque de Surfrider a décidé d’alerter les candidats. L’équipe a lancé sa campagne en novembre. Et sans prendre de gants. Elle a nommé son opération choc « retour à l’envoyeur.

Elle a déjà organisé deux collectes de déchets sur les plages. L’une à Angler. La seconde au Boucau. Les volontaires qui ont répondu à son appel ont ramassé bâtons de coton-tige... Avec des gants. Et les déchets, rassemblées dans des boîtes en carton ont été envoyés à certains candidats. Courrier peu ragoutant ! Une quinzaine de boîtes a jusqu’ici été dépêché. Surfrider ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

Dimanche après-midi, il donne rendez-vous aux bonnes volontés à Hendaye à l’embouchure de la Bidassoa. Récolte des déchets de 14h à 16h30. Les gants sont fournis. Un goûter, thé ou café, terminera cette drôle de partie de chasse.


Virginie Bhat


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