xoriburu.info
Les animaux entre ciel et terres sauvages

Corneille, un épouvantail épouvantable


Vendredi 17 Janvier 2014


Silhouette funèbre dans la campagne béarnaise. Une corneille noire, corps sans vie pendu à un piquet. Epouvantail d'un autre temps dénonce Animal Cross.




Une corneille noire pendue, l'épouvantail heurte ©Animal Cross
Une corneille noire pendue, l'épouvantail heurte ©Animal Cross
Epouvantail plutôt macabre dans la campagne béarnaise. Une corneille, décapitée, un fil à la patte. Le corps de l’oiseau noir suspendu à un morceau de bois. Piquet du pendu fiché dans les sillons de la terre nue. Alertée par des observateurs de la scène qui en voiture longeaient le champ, l’association Animal Cross a aussitôt réagi.

La corneille noire n'est pas un grand oiseau noir funeste et stupide

L’Association « non seulement juge totalement inefficace ce type d’effarouchement qui remonte à l’agriculture de nos grands-parents mais est scandalisée du peu de considération accordée à la vie animale par cet agriculteur. Notre association s’interroge aussi sur les circonstances de la mort de cet animal qui n’a d’ailleurs plus sa tête : chassé, piégé, mort naturelle ? Notre association appelle à plus d’humanité avec des animaux innocents, dont le seul tort semble d’exister, se nourrir, occuper un territoire. »

La corneille noire est un oiseau classé nuisible dans les Pyrénées-Atlantiques. Un statut que de nombreuses associations de protection animale dénoncent. Mais à ce titre, l’espèce peut être piégée (1) toute l’année et en tout lieu. Mais l’exhibition de son cadavre est-elle bien légale ? SI en fait rien ne semble l’interdire, elle peut heurter les sensibilités. « Notre association appelle à plus d’humanité avec des animaux innocents, dont le seul tort semble d’exister, se nourrir, occuper un territoire, s’indigne Animal Cross décidée à discuter avec l’agriculteur.

E l'association de rappeler « que les tests scientifiques font apparaître que la famille des corbeaux est remarquablement intelligente, dotée d’une mémoire surprenante, élève ses petits pendant des mois, est dotée d’une communication entre individus efficace dont le fonctionnement nous est encore inconnu. Très loin donc de cette image d’un grand oiseau noir funeste et stupide. »

Les corneilles, male et femelle, unis pour la vie

Des corneilles épouvantails ? L’usage perdure parfois dans certaines campagnes. Pour autant, il existe aujourd’hui des méthodes plus douces pour écarter les corneilles des semis et des cultures : haut-parleurs... « Et les corneilles sont aussi des charognards, pointe du doigt Benoît de Animal Cross. L’oiseau mort pourrait bien attirer les autres ! »

Mais qui sont donc ces silhouettes obscures qui croassent lugubres dans les frimas de l’hiver ? Des âmes solitaires porteuses de mort ? Loin de là. Les corneilles aiment cheminer par deux dans les campagnes, les forêts claires... voire les plages. Mâle et femelle, unis pour la vie. En bande parfois l’hiver qui occupe le même dortoir. Elles se repaissent de graines et de fruits, de vers et de charognes, de petits mammifères ou d'insectes... Et opportunistes elles vont jusqu’à se servir dans le nid des autres espèces.

C’est entre avril et mai que la femelle pond dans le grand nid fait de branches et tapissés de feuilles, d’herbe... Quelques vingt jours d’incubation, et les jeunes naissent. Ils quitteront le nid douillet trente cinq jours environ après leur naissance. C'est vers l'âge de deux ans que les jeunes oiseaux chercheront leur partenaire. Partenaire jusqu'à ce que la mort les sépare.


(1) Comme le corbeau freux, la corneille noire (Corvus corone corone) peut être aussi détruit à tir entre la date de clôture générale de la chasse et le 31 mars au plus tard. La période de destruction à tir peut être prolongée jusqu’au 10 juin lorsque l’un au moins des intérêts mentionnés à l’article R. 427-6 du code de l’environnement est menacé entre le 31 mars et le 10 juin et jusqu’au 31 juillet pour prévenir des dommages importants aux activités agricoles, sur autorisation individuelle délivrée par le préfet et dès lors qu’il n’existe aucune autre solution satisfaisante.
Le tir du corbeau freux peut s’effectuer, sans être accompagné de chien, dans l’enceinte de la corbeautière ou à poste fixe matérialisé de main d’homme en dehors de la corbeautière. Le tir dans les nids est interdit, précise l’arrêté du 2 août 2012 pris pour l’application de l’article R. 427-6 du code de l’environnement et fixant la liste, les périodes et les modalités de destruction des espèces d’animaux classées nuisibles.


Virginie Bhat


Dans la même rubrique :
< >

Dimanche 10 Avril 2016 - 17:07 Des hirondelles survolent le lac Mouriscot



1.Posté par COUTRIX CHRISTOPHE le 20/01/2014 11:28
Pour un agriculteur ,penser qu'un cadavre d'oiseaux feras fuir les autres c bien peu connaitre son environement , tout comme un epouvantail en forme humaine qui ne les fais pas fuir non plus !
mais ce bonhomme malfaisant qui as cru bon affiché ce pauvre oiseau décapité au milieu de san champs lui n'est qu'un gros écervelé ça par contre c'est certain !!!!!!!!!!!!!!!!!

2.Posté par yvan le 24/05/2016 16:46
il y en à je ne sais pas combien dans un champ pas loin de chez moi

Nouveau commentaire :
Twitter


Zoom

1 031 773 signatures contre les cages à poules

Une initiative citoyenne européenne lancée contre les cages en élevage a mobilisé jusqu'à ce jour plus d'un million de personnes. De quoi bientôt saisir l'Union européenne pour lui demander d'y mettre fin. Le Brexit menaçant, le Royaume Uni en a été écarté.

04/06/2019





Partager votre site



Recherche

La côte basque en images

La puce à l'oreille
30/05/2019

Coup de filet chez les pilleurs d'oiseaux

Les agents de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage ont réalisé un joli coup de filet les 2 et 4 avril derniers dans le Nord : 21 verdiers d'Europe, 18 chardonnerets élégants, 12 linottes mélodieuses 10 sizerins flammés, 20 tarins des aulnes, 23 pinsons des arbres, 3 pinsons du Nord et 4 moineaux domestiques. Les 112 passereaux sauvages avaient été placés sous les barreaux par des particuliers peu scrupuleux qui n'avaient rien trouvé mieux que se servir chez dame Nature pour satisfaire leur soif d'euros. Ces oiseaux sont de fait le sujet d'un trafic bien organisé qui ira les exhiber dans des concours de chant ou de beauté « qui se déroulent principalement en Belgique. Les oiseaux, même ceux nés et élevés en captivité - dont la réglementation est plus souple - se reproduisent très mal. Le taux de survie est médiocre : au maximum 4 à 5 ans. D’où un turn over important. Les oiseaux sauvages capturés en nature alimentent toute la filière », explique l'ONCFS. Le trafic est juteux : 70 euros pour un chardonneret capturé dans son milieu. Le collectionneur doublera, voire triplera, la mise pour l'oiseau blanchi, avec une fausse bague homologuée. « Certains croisements permettent d’obtenir des spécimens très recherchés pour la qualité de leur chant ou pour leurs mutations. Les oiseaux « mutés » sont revendus entre 400 et 600 euros pièce pour les mutations courantes, et jusqu'à 1000 euros pour les plus rares. » Et pendant ce temps, les populations déclinent, de 40 % au plan national pour le chardonneret, de 80 % pour les effectifs nicheurs de la linotte mélodieuse en Nord Pas-de-Calais sur la période 1995 à 2014.



On marche sur la tête !

Souffrance animale : la face dévoilée de la recherche agricole aux Etats-Unis

Des veaux malformés, des agneaux affamés, des porcelets écrasés par leurs mères difformes... outre-Atlantique, la recherche agricole est secouée par une vague de scandales où les animaux ont connu l'horreur.


Inscription à la newsletter

Téléchargement