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Les animaux entre ciel et terres sauvages

Cinq fous reprennent la mer


Mardi 1 Mai 2012


L’association Hegaladia a relâché à Anglet cinq fous de Bassan qu’elle venait de soigner. A la grande joie des promeneurs de la Barre.




Le fou de Bassan refuse de partir ! ©DDL
Le fou de Bassan refuse de partir ! ©DDL
Le retour du soleil fait un tabac à la Barre, la plage septentrionale d’Anglet. Des centaines de voitures occupent les parkings, les enfants et ados s’adonnent au skate ou au VTT, parents et grands-parents accompagnent les joyeuses troupes. Vers onze heures, la plage, où une courageuse se baigne, est pacifiquement envahie par une cohorte dont de nombreux éléments sont armés d’appareils photo.


Dans les cages, les fous de Bassan proches de leur liberté

J'y vais ou j'y vais pas ? ©DDL
J'y vais ou j'y vais pas ? ©DDL
Arrivent alors Stephan Maury et ses amis d’Hegalaldia, portant plusieurs cages. Ils sont exacts au rendez-vous qu’ils avaient fixé aux amis de la nature : ils vont relâcher cinq fous de Bassan qu’ils viennent de soigner. Evènement rare, car cet oiseau marin est particulièrement sauvage.

« C’est pour cela que nous ne pouvons pas les garder trop longtemps » explique Stephan. « Après des mois de soins, ils ont fait quinze jours de piscine, mais il n’en fallait pas plus. Ces oiseaux auraient pu perdre définitivement leurs repères.

Là, nous les mettons à l’eau, et ils vont tracer leur chemin sans l’aide de l’homme, en surfant, en jouant avec les effets de la houle, en profitant des vents qu’ils négocient à merveille. Un jour, ils regagneront une colonie, en Bretagne ou en Irlande »

Sur les cinq fous soignés à Ustaritz, deux étaient mazoutés

Enfin le retour à l'océan ©DDL
Enfin le retour à l'océan ©DDL
Sur les cinq fous soignés à Ustaritz, deux étaient mazoutés, un était blessé par des hameçons, un par du fil de pêche et un autre avait souffert après une tempête. Aujourd’hui, quatre des cinq ont d’excellentes chances de survie en mer, le cinquième est à 50%.

« Ce sont de grands pêcheurs qui ont un gros appétit. Nous les avions bien nourris pour qu’ils puissent rester plusieurs jours sans manger, le temps de se réacclimater à l’océan. Avec un kilo de maquereau par jour par oiseau, ils ont pu se faire un petit matelas de sécurité. Dès qu’ils auront repris leurs marques, ils reprendront leur pêche spectaculaire au large.

Le fou de Bassan plonge de vingt mètres de haut et harponne sardines et maquereaux avec son grand bec. Revers de la médaille de cette pêche sportive : ils impactent l’eau avec une telle force qu’ils peuvent se blesser avec les lignes et hameçons de leurs concurrents humains ».

Les fous de Basan vont regagner les mers celtiques

Les fous de Bassan cherchent le bon vent ©DDL
Les fous de Bassan cherchent le bon vent ©DDL
Les cinq individus lâchés ne pourront se reproduire cette année. Stephan précise : « Nous n’avons même pas établi leur sexe, mais ce qui est certain, c’est que loin d’une colonie, ils ne feront pas de nid cette année. S’ils rallient la Bretagne, ils pourront intégrer une colonie de 20.000 couples où les nids sont à touche-touche ».

En attendant, les fous de Bassan guéris vont réapprendre tout seuls la pêche et la navigation. Il leur faudra seulement quelques jours d’adaptation, au cours desquels ils devront « remettre leurs plumes en ordre ». Et si les vents leur sont favorables, ils ne reverront jamais le Pays Basque, et vivront en famille dans les mers celtiques, leur maison.

Daniel de Luz


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