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Chasse : les oies encore dindons ?


Samedi 31 Janvier 2015


Dès cette nuit, les oies sauvages pourront traverser la France vers leurs terres de reproduction dans le nord sans craindre une balle des chasseurs. La chasse est fermée au 31 janvier jusqu'en août prochain. Encore que... la ministre de l'Ecologie demande aux agents de l'Oncfs de ne pas verbaliser les contrevants avant le 9 février.




Dès aujourd'hui, les chasseurs d'oies cendrées, rieuses, et des moissons devront raccrocher leurs fusils. Au 31 janvier, leur chasse est fermée jusqu'en août prochain. La ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal ne l'a pas prolongée jusqu'à la fin du mois. Ce n'est pas faute aux chasseurs d'avoir tenté d'infléchir sa décision.

Les chasseurs montent au créneau

Chaque année, en janvier la vie des oies sauvages qui entament leur migration prénuptiale est prise entre deux feux. D'un côté, les chasseurs qui entendent les tirer en février. De l'autre, les associations de protection de la nature qui refusent : la directive européenne dite Oiseaux et la législation française protègent les oiseaux en période de reproduction, migration prénuptiale comprise, arguent-elles.

Cette année encore, les chasseurs ont fait des pieds et des mains pour poursuivre leur pratique en février. Mais le 16 janvier, la ministre de l'Ecologie leur répond par la négative. En retour, le groupe parlementaire UMP sur la chasse, avec le soutien du Mouvement pour la ruralité CPNT, signe une lettre ouverte qui lui est destinée.

Outre dénoncer la collusion entre les socialistes et les écologistes dont sont victimes les chasseurs de gibier d’eau, « les chasseurs sont des passionnés responsables, de véritables écologistes et des défenseurs engagés de l’environnement. Comme vous le savez, cet engagement des chasseurs contribue significativement à la préservation des espèces et de leur développement. C’est d’ailleurs grâce au plan de chasse que le nombre de cervidés est en augmentation constante depuis 20 ans. » cosignent les parlementaires du groupe.

Et d'avancer l'argument : « votre décision de leur interdire de pratiquer leur passion dans le respect du monde cynégétique apparaît incompréhensible quand on sait 150 000 de ces oies qui migrent vers les Pays-Bas seront gazées au printemps, en pleine période de nidification, dans le but de protéger les cultures agricoles et d’assurer la sécurité du trafic aérien. »

Prolonger la chasse aux oies en février est contraire à la loi

L'argument du groupe parlementaire est restée lettre morte. Il est vrai que ces dix dernières années, les ministres de l'Ecologie qui se sont succédé ont bien tenté de répondre à l'attente des chasseurs d'oies. Et souvent en janvier, ils signaient un arrêté ministériel qui prolongeait la chasse aux oies sauvages en février.

Mais à chaque arrêté pris, les associations montaient au créneau et en appelaient en urgence à l'arbitrage du Conseil d'Etat. Ainsi le 30 janvier 2014, rebelote, nouvel arrêté ministériel qui prolonge la chasse aux oies au 10 février. Et le Conseil d'Etat saisi de le suspendre le 5 février 2014. Le 19 décembre dernier, jugeant sur le fond, il confirmait sa décision et l'annulait purement et simplement : la chasse en février, qui affecte des oiseaux en migration prénuptiale, est contraire à la directive européenne « Oiseaux » et à la loi française. Il aurait été difficile à Ségolène Royal de ne pas l'entendre cette année ! Le dossier aurait pu être clos.

Mais voilà que la ministre de l'Ecologie s'est attirée en cette fin de semaine l'ire des associations. Dans une lettre adressée au directeur général de l'Office nationale de la chasse et de la faune sauvage où elle rappelle donc que la chasse aux oies est fermée le 31 janvier, elle lui demande, du 31 janvier au 8 février prochain, de ne pas verbaliser les chasseurs qui ne respecteraient la loi ! Les agents de l'ONCFS doivent cette semaine-là « organiser une action d'information visant à prévenir les chasseurs de la fermeture de la chasse.  » Prévention plutôt que répression...


Les associations crient à l'incitation au braconnage

Les associations ne l'entendent pas de cette oreille. « La ministre de l’écologie se rend complice de ce braconnage par une méthode indigne de la fonction qui lui a été confiée par le Président de la République. Plus que jamais, son devenir à ce poste est à reconsidérer » s'est exprimé l'Association pour le protection des animaux sauvages qui demande l'application de la loi pour tous.

La Ligue pour la protection des oiseaux qui dénonce elle aussi « cette incitation au braconnage » a demandé à son réseau de relever les infractions alors que ce week-end sont organisées des animations dans les zones humides.

La ligue a annoncé qu'elle préparait « une information auprès de la Commission Européenne pour qu’une suite soit donnée au comportement français. » et considère qu'à quelques semaines de la loi sur la biodiversité, présentée à l’Assemblée Nationale, « cette décision contraire au droit républicain dénature » ses espoirs.


Virginie Bhat


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