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Chasse à la baleine : chacun affûte ses harpons


Jeudi 6 Décembre 2012


Alors que le Japon devrait prochainement reprendre sa chasse à la baleine en Antarctique à des fins scientifiques, les opposants affutent les armes à leur disposition pour contrer cette pratique. Plainte de la Nouvelle Zélande et de l'Australie, départ de la flotte de Sea Shepherd pour les eaux du sud... Les voix s'élèvent pour que les baleiniers japonais raccrochent leurs harpons.




Plus tôt dans l’année, la République de Corée avait provoqué un tollé lorsqu’elle avait annoncé une reprise de la chasse à la baleine à des fins scientifiques. C’était en juillet dernier, lors de la réunion de la Commission baleinière internationale à Panama. Le pays vient finalement renoncer à son projet se félicite la coalition européenne, Eurogroup for animal Welfare.

L'Australie et la Nouvelle-Zélande ont porté plainte contre le Japon

La chasse commerciale à la baleine fait l’objet d’un moratoire depuis 1982. Un moratoire géré dans le cadre de la CBI, Convention baleinière internationale. Quelques pays continuent cette activité en dépit de l’opprobre internationale : les populations de baleines ne sont pas en bon état.

Ainsi la Norvège n’a jamais raccroché ses harpons. L’Islande les a repris récemment. En effet lorsque le moratoire avait été adopté, les deux pays avaient émis une objection qui leur laissait porte ouverte à cette pratique à titre commercial. De son côté, le Japon argue de fins scientifiques pour envoyer chaque année ses baleiniers à la poursuite de cétacés.

Depuis 2007, le pays du soleil levant a lancé un Programme de recherche japonaise sur les baleines en vertu d’un permis spécial en Antarctique. Et chaque année, ses baleiniers ont pour mission de tuer près de mille baleines dont 935 baleines de Minke, 50 rorquals. L’argument admis dans le cadre de la CBI est retoqué par de nombreux Etats. L’an dernier, la France avait déploré la reprise de la campagne du Japon. Elle avait rappelé que cette pratique de chasse scientifique intervenait en dehors du contrôle de la Commission baleinière internationale et que la majorité des recherches modernes pouvaient se conduire sans la mise à mort des cétacés.

En novembre dernier, la Nouvelle-Zélande a décidé d’utiliser l’arsenal juridique pour s’opposer à cette chasse. Elle a annoncé qu'elle se joignait à une plainte de l'Australie contre le Japon devant la Cour internationale de Justice (CIJ) des Nations unies. Les deux Etats y dénoncent la pratique japonaise de la pêche à la baleine et au dauphin, notamment dans l'océan Antarctique.

Tolérance Zéro pour Sea Shepherd

Pour les organisations non gouvernementales, la chasse à des fins scientifiques est un leurre. En réalité, il s'agit d'alimenter le marché japonais en viande de baleine. Le but est commercial, pas scientifique, dénonce ainsi Greenpeace sur son site dont deux militants japonais avaient enquêté sur le sujet en 2008. La réaction des autorités japonaises ne s’était pas faite attendre : placés en garde à vue, les deux hommes ont été inculpés de vol et d’atteinte aux biens d’autrui. Ils ont été condamnés à un an de prison avec sursis.

Dans leur chasse, les baleiniers japonais s’égarent volontairement dans les eaux du sanctuaire baleinier marin de l’océan austral crée en 1994. Cette année encore l’association Sea Shepherd dont le président Paul Watson est sous le coup d’un mandat d’arrêt émis par le Costa Rica (1) a décidé d’envoyer sa flotte pour contrer les baleiniers japonais. La campagne de l’ong, appelée Tolérance zéro, a été lancée le 5 novembre dernier.

A cette occasion, Jeff Hansen, le directeur de Sea Shepherd Australie, avait précisé dans un communiqué : « C’est la plus importante flotte que nous ayons jamais rassemblée, avec quatre navires et plus de 100 membres d’équipage issus de 23 nations différentes, pour défendre le sanctuaire des baleines de l’Océan Austral. L’Opération Tolérance Zéro constitue à ce jour, pour Sea Shepherd, la campagne la mieux équipée et la plus efficace. Et c’est un moment décisif dans l’histoire de l’association : nous ne faisons preuve d’aucune tolérance pour les braconniers de baleines. Cette année, notre objectif est de les arrêter complètement. Nous allons tenter de les intercepter aussi vite que possible et faire en sorte que cette année soit la première sans aucun massacre. »

Lors de ses campagnes précédentes, les bateaux de Sea Shepherd harcelant les baleiniers japonais avaient fini par les arrêter dans leur course. En 2011/2012, son opération coup de poing appelée Vent divin avait sauvé 768 baleines selon l’ong.

Selon une étude d'Ifaw, l'observation des baleines a généré un chiffres d'affaires de 2,1 milliards de dollars en 2008

Greenpeace, pour sa part, estime que cette guerre doit aussi se gagner sur la terre ferme. Au japon en fait en informant l’opinion publique.

Que l’arme soit diplomatique, juridique, conflictuelle, ou informative, les voix sont nombreuses à demander au Japon de raccrocher ses harpons définitivement. Toutes convergent vers une autre action pour s’approcher des baleines : l’observation responsable de ces cétacés. Une activité qui doit être encadrée pour ne pas déranger les mammifères mais rentable.

Selon une étude menée en 2009 par Ifaw, compilée par la société Economists at Large & Associates de Melbourne, « plus de 13 millions de personnes avaient participé à des excursions d’observation des baleines dans 119 pays du monde, générant un total de dépenses de 2,1 milliards de dollars en 2008. Ce rapport montrait également la croissance spectaculaire de l’industrie de l’observation des baleines en Asie, dans le Pacifique, en Amérique du Sud, dans les Caraïbes et en Europe, nettement en avance sur les taux de croissance habituels du tourisme ces dix dernières années. Il existe désormais plus de 3 000 organismes d’observation des baleines dans le monde, qui emploient environ 13200 personnes. » Une activité d'avenir.



(1) Le Costa Rica a émis un mandat d’arrêt international contre Paul Watson pour mise en danger d’autrui. Les faits remontent à 2002 alors que Paul Watson contrecarre l’activité de braconniers costariciens en pleine pêche. Le président de Sea Shepherd était alors en mission pour le compte du gouvernement du Guatemala qui voulait lutter contre la pêche illégale aux ailerons de requins dans ses eaux territoriales. Aucun homme n’a été blessé lors de cette confrontation. Et deux juges costariciens ont prononcé un non-lieu dans cette affaire. Mais arrêté en Allemagne, Paul Watson qui risquait d’être extradé à la demande du Costa Rica a pris la mer clandestinement en juillet dernier.

Virginie Bhat


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