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Les animaux entre ciel et terres sauvages

Ce n'est qu'un au revoir, Basile !


Mardi 5 Août 2014


Depuis quelques jours, Basile est aux abonnés absents. Depuis le printemps il n'était pas un jour sans qu'il fasse la tournée des popotes sur la côte basque. Juillet passé, sa sombre silhouette a repris la route du sud.




Basile a déjà franchi les Pyrénées. Peut-être à Organbidexka où les observateurs de la LPO ont compté depuis le 15 juillet dernier le passage de 13 905 milans noirs vers le sud (comptage au 4 août) ©V.B.
Basile a déjà franchi les Pyrénées. Peut-être à Organbidexka où les observateurs de la LPO ont compté depuis le 15 juillet dernier le passage de 13 905 milans noirs vers le sud (comptage au 4 août) ©V.B.
« Il avait tout compris ! A chaque fois que nous allumions un barbecue dans le jardin, Basile pointait son nez. Il nous observait de loin et dès que nous quittions les lieux non sans avoir jeté un morceau de viande grillée dans l'herbe il fallait le voir piquer dessus. Impressionnant ! » s'étonne encore cette mère de famille installée à Arbonne.

Chaque printemps Basile retrouve sa dame au Pays Basque

Comme chaque année au printemps, Basile est venu planter sa tente sur la côte basque, souvent près d'un plan d'eau. Un nid douillé, parfois de corvidés où Basile tel un coucou va se nicher ! Fait de branchages et quelques détritus délaissés par les hommes en pleine campagne, papiers, chiffons ou plastique. Basile sait être opportuniste. Et ce n'est pas par morgue que l'animal le construit avec sa dame à quelque huit à dix mètres de hauteur. Dans un arbre. Mais par prudence : ll met ainsi ses futurs petits à l'abri des prédateurs terrestres.

Basile et sa dame convolent une nouvelle fois en justes noces. Parades nuptiales virevoltantes du couple qui fidèlement se retrouve chaque année dans le ciel basque. Leurs amours ardentes déposent dans le nid deux à trois oeufs. Entre la seconde quinzaine d'avril et le début du mois de mai. Trente deux à trente trois jours de couvaison pendant lesquels, de temps en temps, Basile ne rechigne pas à les prendre sous son aile. Et les oisillons naissent enfin.

Et commence alors le ballet du père qu'est devenu Basile. Inlassable, il fait la tournée des popotes pour nourrir sa nichée qui réclame. Matin, puis midi, puis soir, sa sombre silhouette survole la côte. Toujours la même ritournelle. Les mêmes champs. Les mêmes jardins. Les mêmes falaises. Basile passe et son vol rassure finalement tant il est fidèle à son territoire.

Basile n'est peut-être pas très bon chasseur, mais il sait se contenter d'une charogne, d'un poisson mort qui dérive au fil de l'eau, d'un oiseau blessé... Parfois au péril de sa vie, il plonge dans la gueule de l'ancienne nationale 10 vers la promesse d'un rongeur écrasé. Coup de chance, et ce sont les embouteillages des heures de pointe.

De toutes les façons, Basile devra se débrouiller à trouver le nécessaire pour que sa nichée prenne son envol 42 à 50 jours après son éclosion. Le bon père qu'il est attendra quinze jours à un mois de plus avant que sa progéniture soit enfin autonome.

Juillet s'est enfui à tire-d'aile et Basile et sa dame sont allés au bout de leur mission. Les jours raccourcissent déjà et l'appel du sud se fait sentir. Les ailes sombres de Basile y frémissent. Elles le portent au-dessus des cols des Pyrénées vers l'Afrique où il passera l'hiver. Basile le milan noir a déserté le ciel basque. Tel les hirondelles et les martinets, le migrateur a fait le printemps.

Virginie Bhat


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