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Ecosystèmes

Ça chauffe dans les Pyrénées


Vendredi 12 Novembre 2010


Le changement climatique n'épargne pas la chaîne des Pyrénées. Pour évaluer son impact sur ses habitants, humains, faune et flore, les collectivités territoriales des deux côtés du massif ont créé leur observatoire. L'organisme a déjà fait un premier état des lieux scientifique sur la question. Pas de doute, ça chauffe aussi là-haut.




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Le changement climatique est-il une chimère? Dans les Pyrénées, les collectivités des deux côtés du massif ont préféré prendre la question à bras le corps. Elles ont créé en janvier de cette année un Observatoire pyrénéen du changement climatique. Son conseil scientifique est présidé par Jean-Louis Etienne.

Plusieurs missions incombent désormais à l'observatoire: analyser les impacts du changements climatique sur son territoire, informer et "préparer des recommandations opérationnelles pour adapter les activités économiques et les milieux naturels en favorisant le développement harmonieux du massif et de ses populations"

Dix mois après sa création, l'Observatoire a dressé un premier bilan. Oui les Pyrénées subissent une modification de leur climat. Lente mais sure. Et si besoin est de quelques données brutes… En fait depuis 1900, le massif s'est réchauffé de 1,1°C. Les espèces végétales ont remonté de 3 mètres en altitude entre 1971 et 1993. Pour leur part, les espèces forestières ont fait le plus grand des sauts : 64 mètres toujours en altitude. L'enneigement a diminué de 10 à 15 jours entre 1991 et 2008. Et les glaciers pyrénéens fondent à vue d'un siècle et demi : ils ont perdu 85% de leur surface depuis 1850.... Voilà qui laisse froid dans le dos.

L'Observatoire a rassemblées premières prospectives sur l'impact sur l'écosystème et les activités humaines dans le massif : stations de ski, agriculture, faune et flore sauvage, exploitation forestière, élevage... Restera bien sûr à affiner.

Ainsi avec une hausse des températures de 2°C, les jours de neige diminuerait d'un bon mois dès 1500 mètres. A la clef, les stations de ski en moyenne montagne pourraient s'attendre à une diminution d'un quart de leur chiffre d'affaire.

Autre point : "les variations annoncées du régime des précipitations et des températures ainsi qu'une augmentation probable des consommations d'eau permettent de prévoir à l'horizon 2015 une diminution de 11% des débits d'étiage sur le bassin Adour-Garonne." établit l'Observatoire. Dans le même temps, certaines cultures nécessiteraient plus d'irrigation. Parmi lesquelles le maïs, +20%.

La faune et la flore locales paieront aussi leur tribut. De fait, en 2009, l'Agence européenne de l'environnement prévoit que d'ici la fin du XXIé siècle, 60% des espèces végétales montagnardes seraient menacées d'extinction. Or, du côté français, le massif pyrénéen abrite 70% des espèces de mammifères présents en France et plus de 4500 espèces végétales, dont 200 endémiques.

S'il fallait une activité qui tirerait une épingle dans cette pelote, ce serait sans doute l'élevage ! Pour cause, dans les prairies de piémont et les estives de montagnes, la production de biomasse augmenterait au printemps et en automne. Et ce sur une période plus longue. Fauchage et pâturage seraient ainsi renforcés. "Les effets sont directs, explique l'Observatoire, non seulement sur le climat, en augmentant les capacités de stockage de carbone des prairies, mais aussi sur l'alimentation du bétail qui bénéficierait d'une mise à l'herbe prolongée."

Reste à savoir maintenant quelle diversité les prairies des Pyrénées offriront aux brebis, vaches ou pottoks qui y paissent si les espèces végétales venaient à disparaître. L'observatoire a encore quelques pains sur sa planche.






Virginie Bhat


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