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Biodiversité : les chats voués aux gémonies


Jeudi 31 Janvier 2013


Décidemment, au fil des siècles, les chats échappent difficilement à leur sort funeste. Il fut un temps où suppôts de Satan et de la sorcellerie, ils étaient cloués au pilori. Aujourd’hui ils sont voués aux gémonies pour une autre cause : celle des la biodiversité qu'ils massacreraient.




Biodiversité : les chats voués aux gémonies
Selon une étude publiée sur le site Nature le 29 janvier dernier, les chats sont une grave menace pour la biodiversité animale. Ses trois auteurs ont voulu se pencher sur la prédation exercée par les félins domestiques aux Etats-Unis. Aucune recherche étayée n’avait jusqu’alors été réalisée ont-ils estimé.

Leurs conclusions sont effectivement sans appel : ils ont calculé que les chats qui prennent leurs aises hors des maison tuent entre 1,4 et 3,7 milliards d’oiseaux et de 6,9 à 20,7 milliards de mammifères sur le territoire américain. Un véritable massacre ! Et ce sont les chats errants qui perpètrent le plus de prédation face à leurs compagnons, les félins familiers.

Il est certain que l’espèce introduite par l’homme sur certaines îles a participé à l’extinction d’espèces locales. Mais elle n’est pas seule responsable : les rongeurs sont aussi pointés du doigt. La faune endogène des îles Galápagos a subi à ses dépens la prédation de félins domestiques, de rongeurs... ramenés par les hommes sur ses îlots. Certaines espèces îliennes sont d’ailleurs proches de l’extinction. Et pour renverser la vapeur, les autorités locales sont parties en guerre contre les chats, les rats et même les chèvres ou les moutons qui mettent ainsi en péril l’existence de la biodiversité de la flore et de la faune locale.

Eradiquer ou contrôler les populations félines ?

Biodiversité : les chats voués aux gémonies
En Nouvelle-Zélande, le même sujet a fait polémique ce mois-ci. Dans une tribune publié par le Dominion Post, Gareth Moran, hommes d’affaires nommé ambassadeur de l’Unicef et écologiste convaincu a sorti ses griffes : les chats tuent la faune néo-zélandaise, dont le kiwi, l’emblème du pays. Dans certaines aires protégées où cet oiseau niche, des pièges non létales sont posés pour capturés les chats indésirables.

Gareth Morgan ne mâche pas ses mots : les chats sont des tueurs nés. Mais il n’a pas proposé l’éradication immédiate des félins domestiques néo-zélandais qui ont été introduits dans le pays par les occidentaux. Il en appelle plutôt à la fibre écologiste de leurs propriétaires : ils devrait les tenir à demeure. Et à leur mort, au nom du kiwi, ils renonceraient à les remplacer.

Bien sûr, Gareth Morgan s’est attiré les foudres des associations de protection animale du pays. « Les chats tuent aussi les rongeurs qui prolifèrent » ont retoqué certains. En Nouvelle-Zélande, un foyer sur deux possède un chat.

De leur côté, les auteurs de l’étude américaine veulent tirer la sonnette d’alarme : les chats en plein air provoquent une mortalité de la faune sauvage jusqu’alors sous-évaluée. Ils sont la plus importante source de mortalité anthropique des oiseaux et des mammifères américains. Source bien plus importante que les collisions routières ou les poisons. Ils appellent à prendre des mesures de conservation scientifique pour réduire leur impact.

Les chats errants sont en passe de devenir une bête noire par qui le malheur des oiseaux et autres petits mammifères arrive. C’est vite oublier d’autres facteurs favorisés par les activités humaines. Si certains parlent d’éradication féline, d’autres préfèrent la méthode douce : le contrôle de sa population. Ils pourraient alors trouver un terrain d’entente plus stable avec les propriétaires de chats et les associations de protection féline qui œuvrent déjà en la matière. Pour le bien-être des chats.


Virginie Bhat


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