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Biltzar des animaux : les chiens de l'autonomie


Samedi 13 Octobre 2012


Samedi dernier, alors que le Biltzar des animaux battait son plein à Sare, l'école de chiens guides Aliénor avait entrepris d'expliquer ses actions. Quelques labradors, noir ou blanc, aux côtés de leurs maîtres mal voyants ont démontré leur gentillesse et leur dextérité. Rencontre avec Pascale et Fame.




Biltzar des animaux : les chiens de l'autonomie
« Les dernières semaines, je ne sortais presque plus de chez moi. Je vivais à son rythme... Elle nous a quittés depuis. Elle a été une chienne merveilleuse toutes ces années. Elle m’a accompagnée alors que je perdais complètement la vue. Nous avons vécu ensemble des moments très forts. » Pascale a encore le cœur gros lorsqu’elle évoque sa chienne disparue. Un labrador que le centre Aliénor (1) lui avait remis des années plus tôt. Mais aujourd’hui à ses côtés, un nouveau chien guide. Fame, une femelle de deux ans à peine.

Les futurs chiens guides sont accueillis dans des familles d'accueil

Le centre Aliénor dispose d'un élevage de labradors ©V.B
Le centre Aliénor dispose d'un élevage de labradors ©V.B
« Nous vivons ensemble depuis cinq mois. Fame apprend vite. Déjà je l’ai familiarisée à deux autres trajets qu’elle ne connaissait pas. Je compte encore quelques mois avant que nous formions un tandem parfait. C’est normal. Elle est jeune et doit s’habituer à son nouvel environnement et à moi. Et moi à elle. Déjà je sais qu’elle a l’instinct de rapport : dès les premiers jours à la maison elle m’a remis un objet qui traînait par terre. Chaque chien guide a ses particularités. Au-delà de l’éducation qu’il a reçu. Ma première chienne, elle, avait l’instinct de secours. Elle savait même avant moi quand je n’étais pas bien. »

Fame est née au centre Aliénor, école de chiens guide d’aveugles à Mérignac, qui possède son propre élevage de labradors. Les pères et les mères vivent dans des familles d’accueil. Et quelques jours avant la mise bas, les futures mères reviennent à l’élevage. Le centre prend en charge les chiots les premières semaines après leur naissance. Puis, c’est le temps d’une nouvelle vie pour chacun d’entre eux. Au sein d’une famille d’accueil triée sur le volet qui accompagnera ses premiers pas dans le monde humain.

« Cette famille, recrutée et formée selon un programme bien défini, sera chargée d’apporter au chiot tout l’amour et toute l’attention nécessaires à son épanouissement. Elle devra, accompagnée des conseils du personnel spécialement dévolu à ce service, faire de ce petit animal turbulent, un grand chien équilibré sur les épaules duquel reposera toute la confiance d’un non-voyant » explique le centre sur son site. Si les familles d’accueil sont toutes bénévoles, Aliénor prend en charge tous les frais : nourriture et soins vétérinaires.

Le chien guide suit une formation intensive

Les chiens entament vers deux ans une nouvelle vie aux côtés des personnes mal voyantes ©V.B
Les chiens entament vers deux ans une nouvelle vie aux côtés des personnes mal voyantes ©V.B
« Les familles d’accueil ne sont pas toutes installées en Gironde, explique Alain, famille d’accueil au centre. Il existe un petit groupe en Charente par exemple où l’éducateur canin se déplace. Ce n’est pas plus loin que le Pays Basque si sept à huit familles d’ici se proposaient à accueillir ainsi les chiots dans les premiers mois de leur vie. »

Mais n’est pas chien guide tout labrador du centre. Le parcours est long, parsemé d’embûches et de tests, avant d’obtenir ses lettres de noblesse de guide. Dès six mois, le chiot repart à l’école suivre quelques stages d’éducation. Vers 13 mois, la formation se corse. Pendant six mois, le jeune chien passe cinq jours par semaine pour apprendre tout ce qu’un chien guide doit savoir. Le week-end, il revient dans sa famille d’accueil. Sa formation terminée, il est soumis à une évaluation. C ‘est alors qu’il obtient son diplôme. Pour les meilleurs d’entre eux.

« Certains chiens demandent plus de temps de formation (2) ajoute Alain qui s’apprête à laisser le labrador qu’il a accueilli prendre un nouveau chemin. Et d’ajouter, la main caressant le chien noir à ses côtés : « Je sais qu’elle va bientôt me quitter. Le centre m’a avertie qu’elle venait d’être attribuée à une personne mal voyante. Sur le coup, j’ai eu mal au cœur. Famille de tutelle je me suis occupé d’elle pendant deux ans ! En plus c’est ma première expérience. Mais si personne ne le faisait... Je sais que la cause est bonne »

Le chien est un guide et un compagnon de vie

Même à côté des chevaux, Fame restera zen ©V.B
Même à côté des chevaux, Fame restera zen ©V.B
« Je n’ai pas choisi Fame, assure Pascale. C’est le centre, et l’éducateur qui a suivi le chien depuis ses premiers pas, qui forment les paires futures. Suivant les caractères de la personne non voyante et du chien. Selon le mode de vie des premiers. Après avoir été avertie que Fame m’était attribuée, je suis allée au centre suivre un stage. Puis l’éducateur est venu passer cinq jours à la maison avec Fame. Nous l’avons initiée ainsi à son nouvel environnement, aux premiers trajets à connaître que nous allions parcourir régulièrement... Nous ne sommes pas lâchés dans la nature du jour au lendemain !

Et Pascale de poursuivre : « J’ai repris mes sorties depuis que Fame est à mes côtés. M’accompagner lui demande beaucoup de concentration. Mais à la maison elle se repose ; elle est chienne de compagnie. Au fil du temps, elle acquiert plus d’expérience. Dans quelques mois, elle sera parfaitement à l’aise. » C’est ainsi que Fame et Pascale apprennent à former un nouveau tandem parfait. « Un chien guide est inestimable dans la vie d’un non voyant : guide et compagnon de vie. »



(1) L’association École de chiens-guides Centre Aliénor (1) a été fondé en 1985. Installée en Gironde elle remet une vingtaine de chiens-guides par an. Quand l’heure a sonné, les chiens guides prennent leur retraite. Si la personne qu’ils ont accompagnée ne peut le garder, le centre Aliénor se charge de leur trouver une maison d’adoption. Parfois ce sont les familles qui les ont accueillis chiots qui les adoptent.

Virginie Bhat


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