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Les animaux entre ciel et terres sauvages

Bientôt un crapauduc au Pays Basque


Dimanche 15 Avril 2012


Rien ne peut empêcher les crapauds communs de traverser les routes lors de leur migration prénuptiale. A l'exception des roues des voitures. Hegalaldia réagit et lance l'opération Stop-Impact.




En dépit du mauvais temps, l'équipe d'Hegalaldiaa été sur le pied de guerre dès 10 heures ce matin ©V.B
En dépit du mauvais temps, l'équipe d'Hegalaldiaa été sur le pied de guerre dès 10 heures ce matin ©V.B
« Les crapauds communs passent l’hiver sur les hauteurs. Dès que la saison des amours approche, ils descendent pour se diriger vers la Nive. C’est là qu’ils se reproduisent. Mais ils doivent traverser la route : ils ont toutes les chances d’y être écrasés par des voitures. En plus, sur cette portion, ils se heurtent sur l’autre abord à cette glissière en béton. Ils ne peuvent pas la franchir : ils rebroussent donc chemin. Une nouvelle chance de mourir, heurtés par les véhicules. C’est la raison pour laquelle nous intervenons aujourd’hui. »

Le mauvais temps et la pluie n’ont pas découragé Hegalaldia et ses bénévoles. Dès 10 heures ce matin, le centre de sauvegarde de la faune sauvage a été à pied d’œuvre le long de la départementale 918 sur la commune de Saint Jean Pied de Port. Pioches et pelles en main, la dizaine de personnes qui a répondu présente à son appel, a creusé la terre et la roche, planté des piquets et fixé un film de plastique vert. « C’est une première étape » explique Nathalie qui mène l’opération.

Après avoir récolté des données sur les batraciens, l'association pourra proposer un passage durable sur D918

Chaque matin, l'équipe d'Hegalaldia passera récupérer les crapauds tombés dans les seaux ©V.B.
Chaque matin, l'équipe d'Hegalaldia passera récupérer les crapauds tombés dans les seaux ©V.B.
Le long de la bâche verte dressée, tous les vingt mètres, l’équipe a installé et enterré de grands seaux. Chaque matin, pendant un mois, une personne passera pour les contrôler.

« Les crapauds qui suivront la barrière de plastique verte devraient tomber dans l’un de ces seaux. Nous pourrons ainsi les identifier, les compter... puis les déposer de l’autre côté sur les rives de la Nive pour leur reproduction. Nous aurons alors des statistiques fiables sur les populations de batraciens du coin. » L'association démontera d’ici un mois la bâche verte et les piquets.

Ces statistiques en main, Hegalaldia pourra proposer aux collectivités les aménagements durables nécessaires pour permettre aux animaux d’accomplir leurs migrations sans embûche.

Sans doute, la barrière de plastique sera-t-elle remplacée par une autre en bois. Le but de cette nouvelle glissière ne sera pas d’empêcher les migrations des batraciens. Mais de diriger leurs mouvements vers un chemin sans risque.

« Ici il y a une buse d’évacuation des eaux qui passe sous la route et débouche sur la Nive. Les batraciens suivront la barrière jusqu’à cette buse qu’ils emprunteront. Ils pourront ainsi aller et venir sans danger pour leur vie. »

Les crapauducs permettent aux batraciens de passer sans heurt les routes

Les hérissons, les batraciens, les rapaces meurent nombreux, happés par les voitures ©V.B
Les hérissons, les batraciens, les rapaces meurent nombreux, happés par les voitures ©V.B
Cette intervention sur Saint Jean Pied de Port est la première menée par Hegalaldia dans le cadre de l’opération nommée Stop Impact. Depuis de nombreuses années, le centre est alerté par des particuliers ou les services techniques qui trouvent sur la route des animaux sauvages percutés par des voitures.

Les hérissons, les crapauds, les rapaces... paient un lourd tribut sur les routes du Pays Basque. Leurs cadavres posent des problèmes de sécurité routière.

Jusqu’à présent, aucune solution n’avait été envisagée, encore moins mise en place, pour permettre à ces animaux d’éviter ces dangers routiers. Du moins quand faire se peut.

Dans d’autres régions, des solutions existent. Les crapauducs permettent le passage des batraciens sous les routes. Des ponts végétalisés au-dessus des autoroutes rompent l’isolement des populations des animaux sauvages d’un côté à l’autre des voies...

L'opération Stop Impact a débuté au Pays Basque

Les crapauds communs ne connaissent pas les dangers routiers pour atteindre la Nive où ils se reproduisent ©V.B
Les crapauds communs ne connaissent pas les dangers routiers pour atteindre la Nive où ils se reproduisent ©V.B
Hegalaldia a répertorié pour l’instant trois points noirs où les animaux connaissent une forte mortalité routière, dont cette portion de route de Saint Jean Pied de Port. Ou à Iraty. Mais les problématiques ne sont pas les mêmes d’un lieu à un autre : les solutions développées pourront donc être différentes.

L’intervention de l'association sur la D 918 n’est qu’un début. D’ici juin, elle aura rempli ses tableaux de statistiques : taux de mortalité, quelles espèces touchées... Elle a créé des documents explicatifs à destination du grand public et des collectivités locales. Le Conseil général qu’elle a rencontré lui a versé une subvention dans ce but.

Il est 16h30 ce dimanche après-midi. Cinq personnes sont encore à l’ouvrage. Il reste encore quelques bons mètres de bord de route à équiper. Hegalaldia reviendra demain pour terminer.

Virginie Bhat


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