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Bayonne : non aux corridas


Lundi 3 Septembre 2012


Samedi, alors que les arènes de Bayonne accueillaient les dernières corridas de la saison, des opposants à la tauromachie se sont retrouvés place de la Liberté à l'appel du Crac Europe. Accompagnés de quatre artistes, ils allaient ensuite distribuer des tracs dans les rues de la cité basque.




Bayonne : non aux corridas
Des quilles en guise de banderilles. Un drapeau rouge à l’effigie de Che Guevara pour toute muleta. Des croissants de bois à la place des cornes... La place de la Liberté en place des arènes. En deux temps trois mouvements, les artistes Txan Txangurri et « Ke ne faire », nez rouge de clown, miment une terrible rencontre. La terrible histoire des taureaux et des matadors accompagnés de leurs cuadrillas.

Le 11 septembre, le Conseil constitutionnel se penchera sur les corridas

Les opposants à la corrida se réunissent sur la place de la Liberté avant de distribuer leurs tracts dans les rues de Bayonne ©V.B
Les opposants à la corrida se réunissent sur la place de la Liberté avant de distribuer leurs tracts dans les rues de Bayonne ©V.B
« Nous nous sommes rassemblés pour informer les gens de la barbarie des arènes, des subventions que les municipalités accordent à fond perdu... explique Hélène Vaquier, présidente du Crac. Et je félicite d’ailleurs le retrait de celle de monsieur Afflelou des fêtes de Bayonne où une corrida se tenait. »

Et d’ajouter : « Le 11 septembre prochain, le Conseil constitutionnel va examiner une QPC, une question prioritaire de constitutionnalité des corridas. Ou plus exactement sur la constitutionnalité de l’article 521-1 du code pénal qui, par dérogation, autorise les combats de coq et les courses de taureaux. Ce sont le Crac et Droits des animaux qui sont à l’origine de cette question. Nous l’avions d’abord déposée devant le tribunal administratif de Paris qui l’a renvoyée au Conseil d’Etat. Ce dernier a jugé la question sérieuse qui devait être débattue par le Conseil constitutionnel. »

Cet article 521-1 du code pénal (1) condamne en fait les sévices graves, ou de nature sexuelle et les actes de cruauté à l’encontre des animaux domestiques ou tenus en captivité à deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende. A deux exceptions près dans son alinéa : les courses de taureaux lorsqu'une tradition locale ininterrompue peut être invoquée et les combats de coqs dans les localités où une tradition ininterrompue peut être établie. Deux dérogations que dénoncent les associations de protection animale.

L'Assemblée nationale débattra-t-elle un jour de la tauromachie ?

Les gens doivent évoluer espère Céline accompagnée de son jeune chien Tao ©V.B
Les gens doivent évoluer espère Céline accompagnée de son jeune chien Tao ©V.B
Sur la place de la Liberté, en dépit du sujet brûlant pour lequel ils unissent leurs forces, les militants ont le sourire aux lèvres. Il est vrai qu’il fait beau sur la ville et que le spectacle, parfois ironique, des artistes les y incite. Certains sont même accompagnés de leurs chiens qui ne savent pas qu’ils manifestent, aux côtés de leurs maîtres, contre la souffrance infligée à d’autres animaux. Et voila Tao qui a fait le trajet de Saint-Jean Pied de Port que les tribulations des clowns mettent en joie. Tao est un jeune chien. A peine huit mois. « Nous sommes là pour que les gens évoluent » explique simplement Céline qui l’a adopté.

« C’est un combat que nous menons pas à pas, reprend Hélène Vaquier. Il ne suffit pas de dénoncer la souffrance animale. Nous devons agir sur tous les fronts : juridique, sociétal et politique. Il faut que la question de la tauromachie soit débattue à l’Assemblée nationale. Soixante et onze députés sont abolitionnistes et quatre ministres. Des femmes d’ailleurs. Nous comptons sur elles et eux et sur l’Assemblée pour porter la question en débat public. »






(1) Voici le texte intégral de l’article 521-1 du Code pénal : Le fait, publiquement ou non, d'exercer des sévices graves, ou de nature sexuelle, ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité, est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30000 euros d'amende.

En cas de condamnation du propriétaire de l'animal ou si le propriétaire est inconnu, le tribunal statue sur le sort de l'animal, qu'il ait été ou non placé au cours de la procédure judiciaire. Le tribunal peut prononcer la confiscation de l'animal et prévoir qu'il sera remis à une fondation ou à une association de protection animale reconnue d'utilité publique ou déclarée, qui pourra librement en disposer.

Les personnes physiques coupables des infractions prévues au présent article encourent également les peines complémentaires d'interdiction, à titre définitif ou non, de détenir un animal et d'exercer, pour une durée de cinq ans au plus, une activité professionnelle ou sociale dès lors que les facilités que procure cette activité ont été sciemment utilisées pour préparer ou commettre l'infraction. Cette interdiction n'est toutefois pas applicable à l'exercice d'un mandat électif ou de responsabilités syndicales.

Les personnes morales, déclarées pénalement responsables dans les conditions prévues à l'article 121-2 du code pénal, encourent les peines suivantes :
- l'amende suivant les modalités prévues à l'article 131-38 du code pénal ;
- les peines prévues aux 2°, 4°, 7°, 8° et 9° de l'article 131-39 du code pénal.

Les dispositions du présent article ne sont pas applicables aux courses de taureaux lorsqu'une tradition locale ininterrompue peut être invoquée. Elles ne sont pas non plus applicables aux combats de coqs dans les localités où une tradition ininterrompue peut être établie.

Est punie des peines prévues au présent article toute création d'un nouveau gallodrome.

Est également puni des mêmes peines l'abandon d'un animal domestique, apprivoisé ou tenu en captivité, à l'exception des animaux destinés au repeuplement.


Virginie Bhat


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