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Baleines : le Japon doit raccrocher ses harpons


Lundi 31 Mars 2014


La Cour internationale de justice a tranché aujourd'hui. Le Japon ne pourra plus tuer des baleines de Minke et des baleines à bosse dans le cadre de son programme de chasse à la baleine dans l'Antarctique à des fins scientifiques.




Le Japon a tué plus de 10 000 baleines dans l'Antarctique sous prétexte de recherches scientifiques ! ©IWC
Le Japon a tué plus de 10 000 baleines dans l'Antarctique sous prétexte de recherches scientifiques ! ©IWC
Depuis des années maintenant, le Japon armait quelques bateaux de harpons et les envoyait dans l'océan Antarctique en hiver. Leurs cibles : des baleines de Minke et des baleines à bosse. Des baleines que ses navires traquaient, harponnaient, tuaient et ramenaient à leur bord. Le but officiel : des recherches scientifiques. L'objectif officieux : nourrir un marché alimentaire aujourd'hui moribond.

Dix mille baleines massacrées dans l'Antarctique

Le Japon n'avait pas trouvé d'autre argument pour poursuivre cette pêche ancestrale car la chasse commerciale à la baleine est interdite depuis 1986, soumise à un moratoire international mis en oeuvre par la Commission baleinière internationale. Un moratoire que le Japon avait signé en son temps. Mais en son temps le pays avait trouvé l'astuce pour le contourner : le moratoire prévoit des exceptions à la règle. La chasse, avec quotas, peut être autorisée à des fins scientifiques.

Et c'est ainsi que le Japon a présenté devant la Commission baleinière un premier programme de recherche sur les baleines dans l'Antarctique, appelé Jarpa I entre 1987 et 2004, puis Jarpa II à partir de 2005 (1). Et chaque hiver, ses bateaux sont partis en quête de baleines de Minke et de baleines à bosse dans l'Antarctique et investit le sanctuaire marin instauré.

Plus de 10 000 baleines sont ainsi mortes sous les armes des baleiniers dans cet océan. Dix mille cétacés dont la viande a fini sur l'étal des marchés japonais. Un mets de choix qui aujourd'hui a perdu ses saveurs. Les organisateurs de la chasse peinent à écouler désormais la viande de baleine et croulent sous les stocks.

Après Greenpeace, Seapherd contrarie les baleiniers

Sea Shepherd a pu sauvé 750 baleines en envoyant ses deux bateaux en Antarctique ©© Erwin Vermeulen / Sea Shepherd
Sea Shepherd a pu sauvé 750 baleines en envoyant ses deux bateaux en Antarctique ©© Erwin Vermeulen / Sea Shepherd
La chasse à la baleine menée par le Japon a toujours provoqué un tollé parmi certaines nations du monde. Dont la France. Les organisations de protection de la nature sont aussi montées au créneau. Et après Greenpeace, ce furent les bateaux de Sea Shepherd qui se sont frottés aux baleiniers japonais. Cette saison encore où l'association a envoyé le Bob Barker et le Steve Irwin dans l'Antarctique pour contrer les navires japonais.

« Bien que les braconniers n’aient pas encore publié le nombre de baleines qu’ils ont tuées cette saison, nous sommes convaincus qu’ils n’ont pas atteint le quart de leur quota auto-attribué et nous estimons que nos efforts ont permis de sauver plus de 750 baleines » a déclaré Siddarth Chakravarty, capitaine du Steve Irwin rentré à bon port à Hobart en Australie.


La Cour de Justice internationale déclare le Japon hors la loi

C'est en 2010 que l'Australie a décidé de porter l'affaire devant la Cour internationale de la justice. Après quatre ans de procédure, les juges ont tranché ce 31 mars. Dans les attendus de son jugement, « La Cour en conclut que le Japon a violé : i) le moratoire sur la chasse commerciale pour chacune des années au cours desquelles il a fixé des limites de capture supérieures à zéro pour les petits rorquals, les rorquals communs et les baleines à bosse dans le cadre de JARPA II ; ii) le moratoire sur les usines flottantes pour chacune des saisons au cours desquelles ont été capturés, mis à mort et traités des rorquals communs dans le cadre de JARPA II ; et iii) l’interdiction de la chasse commerciale dans le sanctuaire de l’océan Austral pour chacune des saisons au cours desquelles ont été capturés des rorquals communs dans le cadre de JARPA II. »

Et de demander au Japon de raccrocher ses harpons : « Elle ordonne donc au Japon de révoquer tout permis, autorisation ou licence déjà délivré pour mettre à mort, capturer ou traiter des baleines dans le cadre de JARPA II, et de s’abstenir d’accorder tout nouveau permis en vertu du paragraphe 1 de l’article VIII de la convention au titre de ce programme.  »

Le Japon a déclaré qu'il respectera le jugement de la cour indique Le Monde d'aujourd'hui.

Les associations sont satisfaites du jugement

Cette décision a aussitôt provoqué la satisfaction des associations de protection de la nature. Et Greenpeace ainsi d'appeler le Japon à se joindre aux programmes internationaux menés en Antarctique pour étudier les baleines et leur habitat afin de contribuer au redressement des populations mises à mal par la chasse et autres menaces et de soutenir les autres traités internationaux afin de créer un réseau de sanctuaires marins dans l'océan austral.

Reste à savoir si le Japon n'aura pas des velléités de nouvelles recherches scientifiques et ne concoctera pas un nouveau programme pour renvoyer ses harpons en Antarctique. Le pays et ses baleiniers vont rester sous l'étroite surveillance des associations !

(1) Le Japon avait planifié un autre programme de recherche dans l'ouest du Pacifique nord appelé Jarpn I et II mis en place dès 1994.

Virginie Bhat


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