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Les animaux entre ciel et terres sauvages

Baby et Népal dans le couloir de la mort ?


Mercredi 9 Janvier 2013


Depuis un mois, Baby et Népal suscitent de vives polémiques. Ces deux éléphantes qui vivent au parc zoologique de Lyon pourraient bientôt être euthanasiées. Porteuses de la tuberculose ? Leur sort est désormais suspendu à une décision du Conseil d’Etat. Zoom arrière.




Désormais le sort de Baby et Népal est suspendu à la décision du Conseil d'Etat ©V.B
Désormais le sort de Baby et Népal est suspendu à la décision du Conseil d'Etat ©V.B
Baby et Népal sont deux éléphantes âgés de 42 ans. Elles vivent depuis treize ans au zoo de la Tête d’or à Lyon après avoir foulé la piste aux étoiles du cirque Pinder. Une convention est signée entre les deux parties.

Baby et Népal sont déclarées porteuses de la tuberculose

Mais depuis trois ans, on les soupçonne être porteuses de la tuberculose. Une maladie transmissible de l'animal à l'homme. En janvier 2011, elles sont à l'isolement dans le parc. En fait, des tests sérologiques ont été pratiqués. Ils se sont révélés positifs pour les autorités. Ces résultats ont été mis en cause par Gilbert Edelstein par la suite.

A l’été dernier, Java autre éléphante du zoo meurt. Elle a 67 ans. Lors de son autopsie, des prélèvements sont réalisés. L’Anses, Agence nationale de l’alimentation, de l’environnement et du travail, y isole une souche de Mycobacterium tuberculosis. Les derniers résultats d'analyses tombent le 11 décembre dernier. Le jour même, le préfet de la région Rhône-Alpes prend un arrêt qui cloue Baby et Népal au pilori.

L’arrêté déclare les deux éléphantes atteintes d’infection tuberculeuse. Il stipule leur euthanasie dans un délai d’un mois. A charge de la municipalité de Lyon, propriétaire du zoo, d’abattre les deux pachydermes. La ville programme la piqûre mortelle pour le 20 décembre d’abord, puis le 17 décembre. Elle en avertit Gilbert Edelstein, propriétaire du cirque Pinder.

Le propriétaire des deux éléphantes demande une contre-expertise vétérinaire

Gilbert Edelstein monte aussitôt au créneau. Il s’étonne de cette décision aussi rapide d’autant que les résultats des tests ne lui ont jamais été communiqués en dépit de ses demandes répétées. Il demande au préfet de suspendre l’arrêté. Le temps de déposer un recours en référé contre son arrêté préfectoral. Le préfet de la région Rhône-Alpes acquiesce.

Le 20 décembre, le tribunal administratif de Lyon rejette la demande du circassien. Aussitôt, Gilbert Edelstein se pourvoie en cassation auprès du Conseil d’Etat et de la Cour de cassation. Il propose en outre que les deux éléphantes soient accueillies dans son prochain parc Pinderland.

Et il en appelle à la grâce présidentielle « pour avoir le temps d’apporter la preuve que les éléphantes ne sont pas contagieuses ». Entre-temps, le propriétaire du cirque demande une contre-expertise vétérinaire.

Dès que l’affaire éclate, Gilbert Edelstein alerte la presse qui s’en fait écho.

La protection animale se saisit de l'affaire de Baby et Népal

Et les associations de protection animale montent à leur tour au créneau. La hache de guerre entre les cirques et les ong n’est pas enterrée pour autant.

Dès le 16 décembre, la SPA de Lyon, soutenue par la Confédération des SPA, demande des éclaircissements à la ville de Lyon. « Pourquoi, alors que la situation est connue depuis de nombreux mois, cette décision est-elle prise en urgence? Le danger vis à vis des Lyonnais est-il avéré ? Les animaux souffrent-ils ? Qui sont les véritables responsables de ces animaux ? La ville de Lyon ? Le cirque Pinder propriétaire des animaux ? Qui est en mesure d'agir pour éviter cette solution irrémédiable ? Quelles évolutions la justifient ? » écrit-elle dans une lettre ouverte. Elle lance une pétition qui a rassemblé 40 000 signatures à ce jour en faveur des deux éléphantes.

Le 24 décembre, Brigitte Bardot, présidente de la fondation éponyme demande dans une lettre au préfet de la région Rhône-Alpes de saisir les deux éléphantes. Ceci afin que ces animaux soient confiés à la fondation « qui pourra leur assurer une fin de vie digne, dans un parc de quarantaine où elles pourront être soignées sans risque de contamination avec d’autres animaux ou du public ». « Baby et Népal n’ont pas à payer les négligences de Monsieur Edelstein » explique-t-elle.

Le 27 décembre, la présidente de la fondation en appelle à l’arbitrage du ministre de l’Agriculture. Le 2 janvier, elle demande la grâce présidentielle. Le 4 janvier, Brigitte Bardot annonce dans un communiqué sa décision de « demander la nationalité russe afin de fuir ce pays qui n’est plus qu’un cimetière d’animaux ». La polémique sur cette annonce s’emballe alors que Gérard Depardieu est devenu citoyen de la Russie, pour une toute autre cause.

Les autorités publiques laissent la justice décider

Dimanche, environ deux cents personnes ont manifesté à Lyon et demandé que Baby et Népal ne soient pas euthanasiées.

Hier, Gilbert Edelstein et Brigitte Bardot ont chacun de leur côté reçu des réponses à certaines de leurs demandes. D’un côté, la directrice du cabinet du président de la République a répondu au propriétaire des deux pachydermes qu’il«  n’appartient plus au gouvernement d’intervenir dans le déroulement de la procédure judiciaire en cours.  »

De son côté, la Fondation Brigitte Bardot a « reçu la réponse du Préfet qui maintient la décision d'euthanasie et s'oppose au transfert des éléphantes même pour une mise en quarantaine. » Le sort de Népal et Baby est donc désormais suspendu à la décision de la Cour d’Etat.

Virginie Bhat


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