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Les animaux entre ciel et terres sauvages

Au printemps, Hegalaldia reprend son envol


Lundi 20 Mai 2013


Alors que le ciel tombe sur la tête du Pays Basque ce samedi, Hegaladia trouve refuge dans la salle du kiroleta d'Ustaritz pour célébrer son printemps. Ce n'est certes pas la grande foule, mais un esprit festif plane sur l'équipe. Car la veille au soir, réunis en assemblée générale extraordinaire, les adhérents du centre de sauvetage de la faune sauvage ont rejeté la proposition de dissolution de leur association.




Les adhérents de Hegalaldia n'ont pas désarmé : ils ont refusé la fermeture du centre ©V.B
Les adhérents de Hegalaldia n'ont pas désarmé : ils ont refusé la fermeture du centre ©V.B
« C’est très bien. Hegalaldia ne baisse pas les bras. Se battre. Il faut se battre. » Dans la salle du kiroleta d’Ustaritz, les bénévoles d’UDE, Ustaritz défendre l’environnement, plient bagages ; les banderoles Non à la LGV regagnent les cartons prêtes à se déployer pour une prochaine manifestation. Il est 18h30 ce samedi 18 mai et le ciel continue de tomber sur la tête. Rivières et rus menacent de déborder. Mais les eaux que la terre a du mal à absorber n’ont pas noyé le Printemps d’Hegalaldia. Certes, pour ce premier jour, les participants ont dû se replier de la plaine des sports de Xopolo à l’intérieur, mais l’esprit veut rester festif.

Vendredi soir, l'assemblée générale extraordinaire a rejeté la proposition de dissolution d'Hegalaldia

La mobilisation des adhérents nous a soulagés et émus exprime Céline, directrice d'Hegalaldia ©V.B.
La mobilisation des adhérents nous a soulagés et émus exprime Céline, directrice d'Hegalaldia ©V.B.
D’autant plus festif que la veille, Hegalaldia rassemblé en assemblée générale extraordinaire a rejeté la proposition de dissolution de son conseil d’administration. « Plus de quatre-vingt personnes sont venues hier, explique Céline, la directrice du centre de sauvetage de la faune sauvage. Elles ont refusé qu’Hegalaldia ferme. » L’assemblée générale extraordinaire a donc décidé de continuer le sauvetage des animaux en détresse.

Des élus sont venus nous entendre dont la députée Sylviane Allaux, se réjouit Céline qui voit le centre reprendre sa dynamique. Nous avons mis en place un groupe de travail et un comité de soutien qui le soir même se mettaient déjà au travail. Devant les incertitudes financières de l’association, des personnes au chômage nous ont proposés de lui prêter leurs économies ! Certains adhérents se sont engagés à lui verser des dons, l’un de 10 000 euros, un autre de 5000 euros... » C’est une vague de soulagement qui secoue aujourd’hui l’équipe. Une vague d’émotions la veille semble-t-il lors de l’assemblée générale extraordinaire.

Txirrind'ola et Terre Buissonnière, le vélo et l'éducation à l'environnement

Dans son atelier à Bayonne, Txirrind'ola aide les bicyclétistes a réparer leurs machines ©V.B.
Dans son atelier à Bayonne, Txirrind'ola aide les bicyclétistes a réparer leurs machines ©V.B.
Dans la salle de kiroleta, quatre autres associations ont répondu à l’invitation d’Hegalaldia à célébrer son printemps. « Nous tenons ouvert un atelier participatif de réparation de vélos à Bayonne, explique Pascal de l’association Txirrind’ola. Ouvert le lundi matin, samedi matin et dimanche après-midi. Nous tenons à disposition les outils pour apprendre à réparer et entretenir son vélo. »

Txirrind’ola, c’est aussi un lieu de rencontre pour les passionnés de la petite reine, une filière de récupération et de recyclage de pièces détachés et vieilles bicyclettes. « Nous en avons plus d’une centaine ! Nous les réparons et nous les revendons. Et nous organisons des animations pour promouvoir le vélo dans l’agglomération. Des balades... ou des vélorutions ! » La prochaine d’ailleurs aura lieu le 21 juin prochain.

A côté de Txirrind’olo, Terre buissonnière, une autre association créée voilà à peine un an. Elle a déployé un jeu de l’oie géant destiné aux enfants. Un immense dé lancé, un six, de case à case, le jeune garçon se déplace. Un, deux, trois... six. Et il s’arrête « On va voir la question ! A quoi peut servir le bois ? » L’enfant réfléchit. Vite. Très vite d’ailleurs : à faire du feu... Incollable cette fois-ci.

« Nous aménageons des ateliers, des animations... pour sensibiliser les enfants des écoles ou des centres de loisir à la nature qui les entourent. Nous intervenons dans certains établissements pour créer des jardins pédagogiques. Le prochain sera à l’école de Bidart, commente Nathalie qui égraine toutes les activités de son association : « Nous proposons aussi des sorties nature pour tous. Pour redécouvrir notre environnement. La dernière fois, c’était au bois Guilhou au Boucau pour la Nuit européenne de la chouette... »

Un autre jeu attend le public cet après-midi là. Dans des boîtes fermées, des matières que la main a dû reconnaître à l’aveuglette. Du bois, du plastique, des os de seiche... et des capsules d’œufs de raie et de roussettes, des petits requins. Etrange aspect que ces capsules de raie.

Hegalaldia passe un nouveau cap...

Terre Buissonnière veut une approche ludique de la préservation de l'environnement ©V.B.  ©.VB.
Terre Buissonnière veut une approche ludique de la préservation de l'environnement ©V.B. ©.VB.
Brunâtre, le corps bombé, elle est composée de kératine qui a protégé l’œuf pondu par les raies ovipares. La jeune raie une fois sortie, la capsule vide ballote au gré des flots et échoue sur les plages. .« Vous pouvez participer à une enquête nationale sur les capsules d’œufs de raie, explique la bénévole de Surfrider qui organise le jeu. Et de tendre la petite brochure du programme CapOera. Ce programme a été lancé voila cinq ans par l’Apecs, association pour l’étude de la conservation des sélaciens. Devant le déclin des débarquements de raies pêchées dans les ports, l’Apecs a décidé d’en savoir un peu plus sur elles. Elle invite donc les piétons des plages à y ramasser et recenser ces capsules sur l’ensemble du littoral français et envoyer ces informations via le net.

L’opération est à double détente : mieux connaître sur ces poissons menacés (aire de répartition de chaque espèce, période de ponte, identification des zones de reproduction) et sensibiliser le public à la présence des raies sur les côtes et à la nécessité de connaître et préserver la biodiversité. Sur la côte basque, le musée de la mer de Biarritz et le Cpie Littoral basque, relais du programme, invitent chaque année le public à passer au peigne fin les plages pour récupérer ces capsules.

Il reste quelques parts de gâteaux à la buvette. Et des dernières personnes accoudées qui dissertent. Même si cette première journée du printemps d’Hegalaldia n’a pas attiré la foule, l’enjouement plane de nouveau sur Hegalaldia. « Nous recueillons à nouveau les animaux en détresse, conclut Céline. La mobilisation d’hier soir va nous permettre de passer un cap. Sans parler des animations de cet été que le centre organise. Des ressources en plus ! » Pour autant, Hegalaldia ne baisse pas les bras à rechercher des solutions pérennes pour assurer ses activités.

Virginie Bhat


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