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Les animaux entre ciel et terres sauvages

Après un percnoptère, Hegalaldia accueille un gypaète barbu


Samedi 11 Avril 2015


Après un vautour percnoptère d'Egypte, c'est un gypaète barbu que Hegalaldia, le centre de sauvegarde de la faune sauvage installé au Pays Basque, a recueilli ce vendredi 10 avril. Le vautour blessé a été rattrapé par les gardes du parc national des Pyrénées en vallée d'Aspe. Aurait-il frôlé une ligne à haute tension ?




Le gypaète barbu aurait peut-être percuté une ligne à haute tension ©Hegalaldia
Le gypaète barbu aurait peut-être percuté une ligne à haute tension ©Hegalaldia
Je soupçonne que ce gypaète barbu a frôlé une ligne haute tension. Sa patte gauche porte une blessure significative : à partir du tibia, les tissus ont été arrachés puis roulés. Sans doute roulés par le frottement avec la ligne.... Heureusement les tendons et les muscles n'ont pas été abîmés» relève Stephan Maury de Hegalaldia, le centre de sauvegarde de la faune sauvage installé au Pays Basque. La plaie est très importante. Et comme l'accident a dû se produire voilà trois quatre jours, certains tissus sont nécrosés. Mais ce n'est pas la seule blessure qu'il porte.

Le gypaète barbu porte quatre trous à l'abdomen

C'est dans la soirée du 9 avril dernier que les agents du parc national des Pyrénées repèrent le vautour dans la vallée d'Ossau. L'oiseau est blessé. Perché si haut que les gardes auront bien du mal à l'atteindre. Le vautour n'est pas si mal en point pour ne pas échapper aux secouristes. Il leur faudra quelques heures, dans l'obscurité de la nuit, pour le récupérer dans la vallée voisine, la vallée d'Aspe !

« Les gardes ont galéré pour l'attraper, raconte Stephan Maury. ils ont tiré des cordées de cent mètres... » Mais à plus de minuit, le gypaète entre leurs mains, ils l'ont ramené à la maison de la nature du parc pour le stabiliser. Et le lendemain le 10 avril au matin, ils ont pris la route du Pays Basque pour le confier aux bons soins de Hegalaldia.

« Les gardes nous ont tenu informés d'heure en heure. Ce qui nous a permis de préparer son accueil et alerter le vétérinaire du parc animalier des Pyrénées, spécialisé en faune sauvage. » L'équipe de Hegalaldia est ainsi fin prête à prodiguer les soins adaptés à l'animal.

En fait le gypaète a non seulement une patte douloureuse, mais il porte d'autres stigmates de sa mésaventure. Des branches et brindilles se sont fichées dans son abdomen. Quatre trous dont l'un de douze centimètres est passé au ras du poumon. La patte gauche abîmée, le vautour ne pouvait sans aucun doute y trouver appui lorsqu'il cherchait à se poser. Et à défaut de pouvoir se poser, il devait s'affaler, déséquilibré, dans les branchages des arbres ou des fourrés. Le poids de son corps pesant sur branches et brindilles affûtées.

Ses blessures pansées, le rapace est aujourd'hui en observation dans l'infirmerie. Et il risque bien de ne pas quitter ces lieux avant quelques semaines. Pas question qu'un microbe s'insinue par sa blessure à vif de la patte. Nous l'avons mis sous vidéo-surveillance. Laurent a installé une webcam et ainsi nous le dérangeons le strict minimum. Ce qui est rassurant c'est qu'aujourd'hui il a pu se tenir debout et s'alimente seul. Mais nous resterons réservés sur sa guérison. Son poumon a-t-il été plus touché que nous le pensons ? A-t-il attrapé un staphylocoque entre le moment de son accident et de sa capture par les gardes du parc ? A-t-il reçu une décharge électrique lorsqu'il a percuté la ligne électrique ? Nous le saurons d'ici quelques jours....

Le percnoptère d'Egypte apprend à se nourrir seul à Hegalaldia

Le percnoptère d'Egypte est emprégné par l'homme ©Hegalaldia
Le percnoptère d'Egypte est emprégné par l'homme ©Hegalaldia
C'est le sixième gypaète barbu que Hegalaldia accueille depuis sa création. Et seul l'un d'entre a pu survivre de ses blessures et recouvrir sa liberté. « Nous ne savons pas si c'est un mâle ou une femelle. Mais nous avons envoyé une de ses plumes pour analyse génétique. Nous le saurons alors. Par contre nous savons que c'est un adulte reproducteur : il porte une plaque incubatrice. » Chez cette espèce, le mâle et la femelle couvent leurs œufs. Mais en vallées d'Ossau et d'Aspe, les couvaisons se sont pour l'instant mal passé a relevé le parc national des Pyrénées. A cause du mauvais temps.

D'où vient le gypaète ? Du territoire protégé du parc national des Pyrénées ? Les gardes vont mener l'enquête. De Navarre ou d'Aragon ? C'est aussi possible. « Il a régurgité quatre sabots de brebis, sourit Stephan Maury. Outre-Pyrénées, ils en mettent de nombreux dans les placette d'alimentation des gypaètes. »

Cette dernière année, le centre de sauvegarde aura ainsi recueilli les quatre espèces de vautours qui fréquentent l'Europe : 61 vautours fauves, un vautour moine, ce gypaète barbu et un percnoptère d'Egypte arrivé voilà peu. « Nous sommes allés le chercher en Vendée. Il avait atterri sur l'île de Ré le 4 novembre dernier ! » Il a ensuite été pris en charge par un centre de soins de la LPO.

SI le percnoptère, jeune, porte une bague espagnole, nul ne sait pour l'heure qui le lui a posée. Impossible pour l'instant de retrouver la trace de son passage dans un centre en Espagne. Le vautour migrateur qui passe l'hiver en Afrique n'était pas blessé lorsqu'il a été récupéré, mais affaibli. Le temps de reprendre des forces, il était trop tard pour le relâcher en plein hiver.

C'est donc Hegalaldia qui s'en chargera. « Nous ne connaissons rien de ce vautour. Aussi nous attendons les résultats d'analyses génétiques : nous voulons être sûrs qu'il ne soit pas né d'une hybridation entre deux sous-espèces de percnoptère. »

Pour l'heure l'équipe de Hegalaldia va apprendre au jeune percnoptère à se nourrir seul ! Et à faire connaissance avec d'autres vautours dans les volières de réhabilitation du centre. Si tout va bien, il reprendra son envol, une balise satellite sur le dos. « Si cela devait mal se passer, il pourrait intégrer un programme de réintroduction » conclut Stephan Maury.

Virginie Bhat


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