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Alerte rouge en Méditerranée


Mardi 19 Avril 2011


Le thon rouge n’est pas le seul poisson méditerranéen à devoir s’inquiéter de son avenir. Pour la première fois, l’Uicn vient de dresser la Liste rouge des espèces de poissons de Méditerranée menacées. Ses conclusions sont sans appel : plus de quarante espèces parmi les 519 indigènes pourraient disparaître de cette mer d’ici quelques années.




La rascasse rouge est une espèce listée
La rascasse rouge est une espèce listée
La Méditerranée couvre une superficie de 2,5 millions de kilomètres carrés, en incluant la mer Noire. Elle est bordée par 21 pays sur 46 000 km de côtes. Ses eaux sont riches et variées et nourrissent 519 espèces et sous-espèces de poissons locaux. L’Uicn a dressé une liste rouge des ces espèces menacées en Méditerranée. Et le constat est implacable : la biodiversité marine s’y épuise. Parmi les quarante espèces de poissons menacées à court terme, plus de la moitié des espèces de requins et de raies et au moins douze espèces de thonidés. En cause : la surpêche, la dégradation de leur habitat marin et la pollution.

Le mérou brun, le bar européen, le merlu et le thon rouge sont quatre espèces commerciales considérées menacées ou quasi menacées d’extinction au niveau régional. La principale menace est la surpêche dont ils sont victimes. « La situation de la population de thon rouge en Méditerranée et Atlantique Est est particulièrement préoccupante. On a estimé que le potentiel de reproduction a décliné de moitié ces quarante dernières années étant donné sa surexploitation, a déclaré Kent Carpenter de l’Uicn. Le manque de respect des quotas actuels, combiné à des déclarations sous-estimées de captures a pu entamer les efforts de conservation de cette espèce en Méditerranée. »

Les quotas de pêche suffiront-ils à sauver le thon rouge de l'extinction ? ©Uicn/Murat Bilecenoglu
Les quotas de pêche suffiront-ils à sauver le thon rouge de l'extinction ? ©Uicn/Murat Bilecenoglu
Ce sont aussi les méthodes de pêche qui sont pointées du doigt. Certaines ne sont pas sélectives, entrainant dans leurs filets des centaines d’espèces marines sans valeur commerciale. Ces captures accidentelles menacent des populations de de requins… jusqu’aux dauphins, baleines, tortues et oiseaux. A l’échelon mondial, on estime que ces captures représentent 40% des prises globales de pêche.

Selon l’étude, les réglementations sur la pêche devraient être mieux appliquées. Ses auteurs proposent de créer de nouvelles aires marines, de réduire la pollution et revoir les quotas de capture. Des politiques du ressort des Etats qui bordent la Méditerranée.

« Une consommation responsable est un des moyens par lequel nous pouvons tous contribuer à la conservation de nombreuses espèces marines, a expliqué Catherine Numa, responsable du programme des espèces de la Méditerranée à l’Uicn. En se basant sur la Liste rouge des espèces de l’Union, nous espérons que les hommes politiques prendront les décisions appropriées pour préserver cette importante ressource pour le futur. Tout en protégeant la biodiversité de la planète. »

Jusqu’à présent, aucune analyse des espèces de poissons indigènes à l’échelon d’une mer entière n’avait été réalisée. Aussi cette étude de l’Uicn est une première. Pour l’Union, elle met en évidence le manque substantiel d’informations sur le statut de conservation de près d’un tiers des espèces de poissons de la Méditerranée, dont une proportion importante est considérée comme endémique à la région. La Méditerranée abrite ainsi 74 espèces de poissons propres à ses eaux. De nouvelles recherches pourraient révéler que ce manque d’informations concerne en fait encore de nombreux autres poissons menacés…

Virginie Bhat


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