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Les animaux entre ciel et terres sauvages

A la table de Zaluaga


Dimanche 12 Août 2012


Au centre d’enfouissement de Zaluaga sur la commune de Saint Pée sur Nivelle, des bennes déversent des tonnes d’ordures. Si les hommes ne veulent plus de ces déchets de consommation, les oiseaux les attendent. A lire et regarder en diaporama.




Etrange spectacle qu’offre Zaluaga : sur les ordures ménagères que les engins enfouissent, des nuées d’oiseaux cherchent pitance. Les cigognes blanches craquettent, les goélands raillent, les corvidés croassent. . Dans les airs, leurs silhouettes se croisent et s’entrecroisent sans heurts. Au sol, leur bec fouille les déchets à la recherche de la plus grosse miette... Sous le regard attentif des rapaces.


Chaque espèce attend son heure pour passer à la table de Zaluaga

Les rapaces attendent leur heure, loin du tohu-bohu ©V.B.
Les rapaces attendent leur heure, loin du tohu-bohu ©V.B.
Le soleil s’est levé ce matin sur les collines qui entourent le centre d’enfouissement de Zaluaga sur la commune de Saint-Pée sur Nivelle. Des bennes à ordures vont et viennent. Elles viennent livrer les tonnes d’ordures ménagères qu’elles ont ramassées dans les rues un peu plus tôt. A quelques centaines de mètres de là, c’est à peine si on entend le ronronnement de leur moteur tant le cri des oiseaux est fort.

Tous les oiseaux ne sont pas pied d’œuvre. Trop tôt encore ? Au loin dans une prairie, un groupe de cigognes blanches. Certaines couchées. D’autres debout. Qu’attendent-elles ? L’appel de la faim ? Plus proche, juchés sur des branches d’arbres, des rapaces, silhouettes hiératiques dans le feuillage sombre. Les corvidés ne sont pas encore arrivés. Les oiseaux de mer sont une multitude.


A chaque mouvement du tractopelle, une nuée s'envole

Cigognes, oiseaux de mer, rapaces... Aucun ne perd une miette des ordures ©V.B
Cigognes, oiseaux de mer, rapaces... Aucun ne perd une miette des ordures ©V.B
Et voilà que le tractopelle sur le tas d’ordures se met en branle. Un homme à l’intérieur de la cabine. La machine avance. Inéluctablement. Sa pelle mécanique pousse et repousse les déchets qui viennent d’arriver. Elle les étale. Un aller. Un retour. Ses mouvements sont lents mais sûrs. A chaque roue tournée, une nuée de mouettes s’envolent. Les ailes déployées, elles crient. Quoi ? Leur fureur d’être dérangées ? Ou leur joie de nouvelles poubelles éventrées qui livreront leurs déchets à leur bec vorace.

Imperturbables restent les cigognes blanches à toute cette agitation aérienne. Elles plantent leur long bec dans la montagne d’ordures dont elles extraient quelques victuailles. Un peu plus bas, au pied de leur mont, une échauffourée. Trois goélands se disputent rageusement un mets de choix semble-t-il. Un rapace tourne autour d’eux, attentif à celui qui pourrait lâcher sa prise. Le renard ailé restera sur sa faim. Dépité. Maître goéland ne lâchera pas sa prise.

Virginie Bhat


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