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Les animaux entre ciel et terres sauvages

A Biriatou, les douaniers tombent sur un trafic d'oiseaux protégés


Samedi 7 Septembre 2013


Jeudi soir, les douanes françaises ont fait une étrange découverte dans un véhicule qu'elles contrôlaient à Biriatou. Quatre-vingt-deux petits oiseaux, espèces protégées, que le conducteur tentait d'emmener frauduleusement en Belgique. Les oiseaux ont été confiés à Hegalaldia.




Les chardonnerets élégants, les becs croisés des sapins.. étaient cachés sous des couvertures ©Hegalaldia
Les chardonnerets élégants, les becs croisés des sapins.. étaient cachés sous des couvertures ©Hegalaldia
Ils étaient cachés sous des couvertures et des courgettes. Entassés dans de petites cages en bois dans leurs déjections. Assoiffés et amaigris. Jeudi soir, les douanes françaises ont fait un drôle de découverte alors qu’elles contrôlaient un véhicule à Biriatou. Quatre-vingt deux oiseaux que le conducteur entendait faire passer en catimini d’Espagne en Belgique.

Hegalaladia identifie neuf espèces protégées parmi les oiseaux saisis

« Les douanes nous ont appelés vers les 22 heures, relate Stephan Maury du centre de sauvegarde de la faune sauvage Hegaladia. Elles souhaitaient que nous identifiions à quelle espèce les oiseaux appartenaient. » Chardonnerets élégants, une quarantaine, becs croisés des sapins, une espèce plus rare, serin cini, linotte mélodieuse, verdier... l’équipe du centre arrivée sur les lieux identifie neuf espèces.

L’homme, de nationalité belge, n’en est pas à sa première tentative de trafic d’espèces animales protégées. Il avait déjà été arrêté en Espagne pour des faits similaires. D’ailleurs, les oiseaux qu’il transportait cette fois-ci ont été achetés, a priori en Espagne. Environ cinq euros pièce. Revendus en Belgique au marché noir, leur valeur aurait été multipliée par vingt ! Le ressortissant belge ne profitera pas de sa forfaiture : les oiseaux ont été saisis sur décision de justice.

Pattes ou ailes cassées, plumes abimées... certains oiseaux ne pourront pas reprendre leur liberté

« Ces espèces appartiennent à la faune européenne, protégés par la législation. Et à ce titre, nous avons pu les recueillir au centre pour les soigner. Nous pourrons relâcher les oiseaux que nous pourrons sauver, remarque Stephan Maury. Nous les avons installés au mieux dans la nuit de jeudi à vendredi au centre pour qu’ils récupèrent. Certains sont vraiment mal en point : pattes ou ailes cassées, le plumage en mauvais état... » L’équipe craint bien que certains de ces petits oiseaux ne pourront pas reprendre leur envol. Trois oiseaux déjà n’ont pas survécu à leur voyage clandestin

Si les neuf espèces sont protégées par la législation européenne, elles ne sont pas inscrites sur les listes de Convention internationale sur le commerce des espèces sauvages, appelée aussi convention de Washington. De fait, leurs populations mondiales ne sont pas en danger d’extinction. « Si elles avaient été protégées par la convention de Washington, sanctionner ce trafic serait plus facile, ne décolère pas Stephan Maury alors que le trafiquant a été laissé libre. Qui va payer les soins apportés à ces oiseaux ? Ce sera le contribuable qui le fera in fine ! »

Ce matin, l’équipe sera sur pied pour réparer au mieux les ravages que l’homme a laissé derrière lui. Sur une marchandise bien vivante. Des oiseaux.

Virginie Bhat


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