Les animaux de nos mers et rivières

Uhabia : les anguilles fileront par la petite porte (2/3)


Jeudi 1 Décembre 2011


Que cache donc l'Uhabia dans ses eaux aux yeux des néophytes? Entre autres espèces animales, l'anguille européenne. Ce poisson aujourd'hui est menacé. L'Union européenne s'est réveillée en 2007 et penchée à son chevet. Les aménagement prévus sur le fleuve devront en tenir compte. Deuxièmes explications de cette trilogie environnementale.




C'est sur la commune de Bidart que l'Uhabia jette ses eaux dans l'océan ©V.B
C'est sur la commune de Bidart que l'Uhabia jette ses eaux dans l'océan ©V.B
L’Uhabia est un fleuve. Il n’a peut-être pas l’ampleur de l’Adour ; mais ses soubresauts chaque année peuvent mettre en péril les hommes et leurs activités. Sous le coup de très fortes précipitations, son lit n’est parfois plus suffisant à contenir ses eaux. Et ce sont les inondations qui menacent. Il est vrai que les terrains où il a fait son nid sont imperméables. Ils n’aident pas le fleuve à maitriser ses coups de colère. Bien au contraire.

Le cours d’eau tire ses sources dans les bois d’Ustaritz et de Saint-Pée-sur-Nivelle. Deux rivières principales l’alimentent : l’Alhorga et l’Alotz. Le réseau principal s’étire sur un linéaire d’environ 80 km. Autour de lui, des habitations, des fermes, des bois et des zones humides et des prairies. Son bassin versant abrite 12 400 habitants permanents. Une population locale qui en été côtoie autant de touristes. Les exploitations agricoles, en net déclin (une cinquantaine contre 200 en 1979) s’étendent sur 1060 hectares. Leurs activités s’articulent autour de l’élevage laitier, les cultures fourragères et la maïsiculture.

Pour l’heure si le bassin de l’Uhabia tutoie sur ses abords des zones naturelles protégées, lui-même n’abrite aucun milieu reconnu d’intérêt patrimonial écologique. Un jour peut-être… Il possède près de 250 hectares de zones humides qui épongent un peu les crues de son fleuve et épurent l’environnement. Mais dans les eaux de l’Uhabia nage une espèce tant menacée qu’elle est protégée : l’anguille européenne.

L'anguille européenne migre à contre courant des saumons

Les crues de l'Uhabia menacent les hommes ©V.B.
Les crues de l'Uhabia menacent les hommes ©V.B.
L’anguille est un drôle d’oiseau. De poisson plutôt. C’est un animal migrateur qui connaîtra à un moment de sa vie les eaux salées de l’Océan et les eaux douces des cours d’eau européens. Mais l’anguille vit l’exception. A l’encontre des autres poissons migrateurs, c’est dans l’océan qu’elle nait. Dans les rivières qu’elle grandit !

En fait, l’espèce se reproduit dans la mer des Sargasses, une mer située dans la partie centre-ouest de l’Atlantique. Ses larves transparentes vivent en haute mer. Ces leptocéphales se laissent porter par les courants marins vers les côtes d’Europe occidentales, d’Afrique du Nord et de la Méditerranée. Elles mettront de six à neuf mois avant d’approcher le littoral.

C’est à ce moment-là que les larves deviennent anguilles. Petites et transparentes, les célèbres civelles qui sur les marchés asiatiques sont vendues à prix d’or. Il est alors temps pour l’espèce de quitter le cocon marin et s’aventurer vers les eaux douces. Dans ce nouveau milieu, les civelles prennent des couleurs et se métamorphosent en anguilles jaunes au cours du printemps et de l’été.

Les anguilles jaunes font alors une pause en eaux douces. Elles s’y développent pendant une dizaine d’années. De trois à quinze ans selon les individus. Nouvelle métamorphose : les anguilles jaunes deviennent argentées. A nouvelle couleur, autre mœurs. Les anguilles argentées repartent pendant l’automne et l’hiver vers leurs origines, la mer des Sargasses où elles atteindront leur maturité sexuelle.

La France concocte un plan de sauvegarde de l'anguille

L'anguille est très sensible à la qualité des cours d'eau qu'elle fréquente ©D.L
L'anguille est très sensible à la qualité des cours d'eau qu'elle fréquente ©D.L
L’anguille européenne a eu son heure de gloire. Civelle, elle l’a toujours dans les assiettes des gourmets. Mais à prix d’or. Par contre, sa population va mal. Très mal. Très abondante dans les eaux françaises et européennes, elle s’est effondrée dans les années 1980. Au point que l’Union mondiale de la conservation de la nature l’a classée dans sa liste rouge des espèces menacées. Et si rien n’est fait, le glas pourrait sonner pour elle.

Les raisons de son déclin sont nombreuses. Changement climatique, mauvaise qualité des eaux, pathologies propres à l’espèce… A chaque stade de l’anguille, une menace. Braconnage de la civelle malmenée aussi par les systèmes de pompage d’eau. La canalisation des cours d’eau et le drainage des zones humides ont réduit l’habitat des anguilles jaunes. Des anguilles dont la libre circulation vers l’amont des bassins est entravée par des seuils et des barrages. « Les anguilles argentées sont victimes des turbines des centrales hydroélectriques lors de leur dévalaison ». explique-t-on dans le mémento « Sauvegarde de l’anguille, Le plan de gestion français. »

Face à ces menaces, l’Union européenne a adopté en 2007 un règlement instituant des mesures de reconstitution des stocks d’anguilles européennes. Chaque pays membre que les anguilles fréquentent a dû présenter à l’UE un plan national de gestion. Pour sa part, la France a franchi ce pas en décembre 2008. La Commission européenne a approuvé son plan en février 2010.

C’est dans le cadre de ce plan que l’Uhabia a été identifié comme un cours d’eau à enjeu majeur pour l’anguille. La porte à clapet et le contrat de bassin de l’Uhabia ont donc dû en tenir compte.

Virginie Bhat




Dans la même rubrique :
< >

Dimanche 10 Avril 2016 - 16:58 Un globicéphale échoué à Bidart


Nouveau commentaire :
Twitter



Zoom

Que faire en cas d'échouage de phoques ou d'oiseaux marins ?

La tempête pointe son nez. Les vents et la houle pourraient malmener certains oiseaux ou jeunes phoques. S'ils venaient à échouer sur les plages, des spécialistes sont là qui aideront à leur porter secours.

06/02/2016


A télécharger : Sur les chemins du Pays Basque


Vos photos

Indice de la qualité de l'air à Bayonne


Partager votre site


xoriburu.info : Faut-il cesser de tuer les animaux pour se nourrir ?: Quelle agriculture dans mon panier... https://t.co/JUOeGjSjGr https://t.co/3NWmfvy78U
Samedi 5 Novembre - 09:16
xoriburu.info : Le Jardin public est tombé sur un os: Des toiles d'arraignées, des squelettes à deviser... https://t.co/qf8hemZbBt https://t.co/7krcUAiyDj
Mardi 1 Novembre - 09:16
xoriburu.info : Au chaud les Moineaux: La chaleur tient en tenaille Biarritz et la côte basque. Les... https://t.co/mV5HRJzxIe https://t.co/3AyvSfQIXg
Mercredi 17 Août - 10:14
xoriburu.info : Des hirondelles survolent le lac Mouriscot: Chaque année, en avril, une colonie... https://t.co/XrxEkROmvw https://t.co/RUoCsVUAB4
Lundi 11 Avril - 10:16





On marche sur la tête !

Souffrance animale : la face dévoilée de la recherche agricole aux Etats-Unis

Des veaux malformés, des agneaux affamés, des porcelets écrasés par leurs mères difformes... outre-Atlantique, la recherche agricole est secouée par une vague de scandales où les animaux ont connu l'horreur.


Inscription à la newsletter

Recherche

Téléchargement

Nos diapos ou vidéos
29/03/2016 | 964 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire
1 sur 90



cookieassistant.com