Les animaux de nos mers et rivières

Uhabia : les anguilles fileront par la petite porte (1/3)


Mardi 29 Novembre 2011


Une porte à clapet sur l’embouchure de l’Uhabia à Bidart ? Pour quoi donc ? D’ici à 2015, tous les cours d’eau, les eaux littorales et les nappes souterraines européennes devront être en bon état de conservation. Et les eaux de baignade au moins classées de qualité suffisante. Bidart a donc choisi sa stratégie pour s’y conformer. Premières explications d’une trilogie.




La porte à clapet devrait être opérationnelle en 2013 ©DR
La porte à clapet devrait être opérationnelle en 2013 ©DR
Des vagues blanches sur le sable fin … chaque été la plage de l’Uhabia invite au farniente. Et ils sont nombreux, en maillot, à y céder. Mais la plage a un point noir. La rivière qui à sa droite débouche dans l’océan. Par fortes pluies, le cours d’eau charrie trop de germes, dont les fameuses Escherichia coli (E. coli) et les Entérocoques. Sur les plages européennes, la présence de ces deux organismes est analysée. Et selon les taux trouvés, elles induisent ou non la fermeture temporaire ou définitive de la baignade. Principe de précaution.

Les premières, les Escherichia coli sont des germes de la famille des coliformes fécaux, indicateur d'une contamination de l'eau par des excréments. Les seconds, les entérocoques, sont des germes présents dans les intestins des animaux à sang chaud. Leur présence dans l'eau en nombre élevé est un indicateur d'une contamination de l'eau par des excréments ainsi que la présence possible d'autres germes porteurs de maladies. Mieux vaut donc interdire aux baigneurs d’accéder aux eaux océanes contaminées par les eaux de la rivière.


Toutes les eaux de baignade devront être de qualité suffisante d'ici 2015

Jusqu’à présent, l’ouverture des eaux de baignade est réglementée par la directive européenne n° 76-160 du 8 décembre 1975. Cette dernière fixe, entre autres, des valeurs limites microbiologiques. Si les analyses des eaux de baignade révèlent des taux supérieurs à ces valeurs limites, les plages peuvent fermer temporairement. Mais en 2006, l’Union européenne a adopté une nouvelle directive bien plus sévère et applicable dès 2015. Au 1er janvier de cette année-là, tous les Etats membres doivent atteindre un bon état de leurs cours d’eau, eaux littorales et nappes souterraines. Et toutes les eaux de baignade classées au moins de qualité suffisante. Une course contre la montre pour de nombreuses communes du littoral.

Cette nouvelle directive serre les boulons sur les pollutions bactériologiques. Seuls deux paramètres désormais seront considérées : les concentrations des Escherichia coli et les bactéries entérocoques. Ainsi les valeurs limites de présence d’Escherichia coli sont divisées par quatre. Elles passent de 2000 UFC*/100 ml à 500 UFC/ml pour que les eaux de baignade soient considérées de bonne qualité ou suffisante.

Les experts ont donc réalisé des simulations pour la plage de l’Uhabia. En l’état actuel des choses, ses eaux seraient déclarées « de qualité insuffisante ». La plage devrait interdire à ses estivants de se baigner… Et à terme, une désaffection des porteurs de maillots. Or le tourisme est un gagne-pain précieux pour la côte basque et Bidart.

Les contaminations bactériologiques proviennent du bassin versant de l’Uhabia : mauvais raccordement des maisons, pollutions agricoles, présence de la décharge… Ce bassin versant s’étale sur 61 km2. Il traverse cinq communes : Bidart, Ahetze, Arbonne, Arcangues et Saint-Pée-sur-Nivelle. L’Uhabia et ses deux affluents : l’Alotz et l’Alhorga s’étendent sur 80 km et touchent 12 400 habitants. Une population qui double en été.



Les collectivités luttent désormais pour améliorer la qualité de leurs eaux

C’est donc bien une course contre la montre que les collectivités locales ont dû entreprendre. D’un côté, les collectivités du bassin de l’Uhabia concernées ont travaillé sur un contrat de bassin. Contrat signé cet été. Ce contrat s’articule autour de trois enjeux : restaurer la qualité des cours d’eau pour atteindre le bon état en 2015 et préserver l’usage de la baignade, préserver les fonctionnalités naturelles des milieux aquatiques et réduire les risques liés aux inondations. Une soixantaine d’actions sont prévues sur trois ans pour 22 millions d’euros, dont 15 millions portés par l’agglomération Côte basque-Adour.

De l’autre coté, la ville de Bidart a planché sur la gestion du flux de l’Uhabia. Histoire d’éviter qu’en cas de grosses pluies, les concentrations d’Escherichia coli montent en flèche et se déversent dans les eaux de baignade. « Il a fallu sauver cette zone tant que l’amont n’est pas avancé » a expliqué Marc Bérard, 1er adjoint en charge de l’Urbanisme, de l’environnement et du cadre de vie, lors d’une présentation du dossier à la presse. Le dossier, aujourd’hui portée par l’Acba (2), prévoit la construction d’un émissaire en mer long de 700 mètres et d’une porte à clapet sur la rivière accompagnée d’un bassin de rétention des eaux de 35 000 m2. Le système devrait être opérationnel en 2013.



(1) UFC : unité formant colonie
(2) Bidart a rejoint Agglomération Côte basque-Adour en janvier 2011. L’Acba a pris en charge le dossier au titre de ses compétences.

Virginie Bhat




Dans la même rubrique :
< >

Dimanche 10 Avril 2016 - 16:58 Un globicéphale échoué à Bidart


Nouveau commentaire :
Twitter



Zoom

Que faire en cas d'échouage de phoques ou d'oiseaux marins ?

La tempête pointe son nez. Les vents et la houle pourraient malmener certains oiseaux ou jeunes phoques. S'ils venaient à échouer sur les plages, des spécialistes sont là qui aideront à leur porter secours.

06/02/2016


A télécharger : Sur les chemins du Pays Basque


Vos photos

Indice de la qualité de l'air à Bayonne


Partager votre site


xoriburu.info : Faut-il cesser de tuer les animaux pour se nourrir ?: Quelle agriculture dans mon panier... https://t.co/JUOeGjSjGr https://t.co/3NWmfvy78U
Samedi 5 Novembre - 09:16
xoriburu.info : Le Jardin public est tombé sur un os: Des toiles d'arraignées, des squelettes à deviser... https://t.co/qf8hemZbBt https://t.co/7krcUAiyDj
Mardi 1 Novembre - 09:16
xoriburu.info : Au chaud les Moineaux: La chaleur tient en tenaille Biarritz et la côte basque. Les... https://t.co/mV5HRJzxIe https://t.co/3AyvSfQIXg
Mercredi 17 Août - 10:14
xoriburu.info : Des hirondelles survolent le lac Mouriscot: Chaque année, en avril, une colonie... https://t.co/XrxEkROmvw https://t.co/RUoCsVUAB4
Lundi 11 Avril - 10:16





On marche sur la tête !

Souffrance animale : la face dévoilée de la recherche agricole aux Etats-Unis

Des veaux malformés, des agneaux affamés, des porcelets écrasés par leurs mères difformes... outre-Atlantique, la recherche agricole est secouée par une vague de scandales où les animaux ont connu l'horreur.


Inscription à la newsletter

Recherche

Téléchargement

Nos diapos ou vidéos
29/03/2016 | 895 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire
1 sur 90



cookieassistant.com