Les animaux de nos villes et campagnes

Transport animal : à quand les huit heures?


Mercredi 6 Juin 2012


Les animaux d'élevage parcourent parfois des milliers de kilomètres avant d'atteindre l'objectif fixé par les hommes : l'abattoir. Veaux, vaches, cochons, volailles passent des heures, enfermés, dans leurs camions de transport. Certains d'entre eux en paient le prix fort. Demain, plus d'un million de signatures de citoyens européens sera remis au commissaire européen John Dali. Cette pétition appelée 8Hours, demande une limitation de ces trajets à 8 heures.




Transport animal : à quand les huit heures?
Chaque jour plus d’un million d’animaux d’élevage sillonne les routes et les autoroutes. Veaux, vaches, cochons, chevaux, poules, lapins et dindes quittent leurs fermes – industrielles ou non, souvent pour l’abattoir. Parfois pour d’autres fermes lointaines où les plus jeunes d’entre eux sont engraissés... Chiens et chats, la plupart du temps très jeunes, quittent leurs élevages pour des animaleries.


Le transport de certains animaux est interdit

Les chevaux doivent bénéficier de stalles individuelles pendant leur transport V.B
Les chevaux doivent bénéficier de stalles individuelles pendant leur transport V.B
Dans leurs plus longs voyages, des camions partent d’Irlande pour la France, des Pays Bas pour la Péninsule Ibérique, de la Pologne pour l’Italie, du Danemark pour la Russie... Voire le Liban ou la Turquie. Ils avalent des kilomètres pour arriver en temps voulu. Dans leurs entrailles, des animaux, pas toujours bien en point.

Le transport de ces animaux ne s’improvise pas. Au sein de l’Union européenne, il est soumis au règlement (CE) n° 1/2005 du Conseil, du 22 décembre 2004, relatif à la protection des animaux pendant le transport et les opérations annexes et modifiant les directives 64/432/CEE et 93/119/CE et le règlement (CE) n° 1255/97. Ce règlement a imposé de nouvelles mesures tant à l’égard des transporteurs que des autorités nationales compétentes. Des mesures applicables au 5 janvier 2007.

Il a aussi introduit des normes plus strictes pour les trajets supérieurs à huit heures. D’un côté, les camions ont dû investir pour s’équiper pour assurer un mieux être animal : ventilation mécanique dans les camions pour que les animaux ne souffrent pas trop de la chaleur, possibilité permanente d’abreuvement...

De l’autre côté, le règlement a interdit le transport de certains animaux : les veaux de moins de dix jours, les porcs de moins de trois semaines et les agneaux de moins d'une semaine (1), les femelles gravides au dernier stade de gestation et pendant la semaine qui suit la mise-bas. Enfin, il a exigé le transport des chevaux dans des stalles individuelles.

Des trajets trop longs, des camions trop chargés

Le règlement adopté, les associations de protection animale avaient approuvé ces changements apportés au bien-être animal. Pour autant, elles avaient dénoncé, entre autres, deux points : le nombre d’animaux par camion et la durée des trajets. De fait, le règlement n’a rien touché en la matière par rapport aux législations précédentes.

Selon les espèces ou l’âge, la loi européenne prévoit des durées différentes. Les porcs voyagent 24 heures d’affilée lorsqu’ils peuvent être abreuvés en permanence. Les chevaux 24 heures avec un abreuvement toutes les huit heures. Pour les bovins, les ovins et les caprins, le temps de trajet est de 14 heures, puis une heure d’abreuvement, puis 14 heures.

Enfin, pour les animaux non sevrés, ce temps est de 9 heures, puis une heure de repos pour leur abreuvement, puis 9 heures de trajet. Pour tous, ces temps de transport peuvent être allongés si les animaux sont déchargés, nourris, abreuvés et laissés au repos au moins 24 heures dans un poste agréé.

La protection animale demande une limitation à 8 heures

Le transport des très jeunes animaux est interdit ; celui des animaux non sevrés plus limités que ceux des adultes ©V.B
Le transport des très jeunes animaux est interdit ; celui des animaux non sevrés plus limités que ceux des adultes ©V.B
Des temps de trajet trop longs aux yeux des organisations de protection animale. Régulièrement, des ong suivent des camions sur les routes, de France et d’Europe. Elles ne manquent pas parfois de constater des irrégularités et des souffrances animales : soif, faim, manque de repos, blessures... Parfois la mort avant le bout du voyage. Photos à l’appui, elles alertent les autorités compétentes et l’opinion publique.

Elles n’ont cessé de demander une durée de transport limitée à huit heures et une réduction du nombre des animaux par chargement. Pour toutes les espèces.

Depuis l’an dernier, l’Union européenne doit justement se pencher sur ces deux questions. Et une nouvelle proposition devrait être formulée. Mais impliquera-t-elle ou non une révision du temps de trajet et des densités dans les camions ? Rien n’est moins sûr.

En novembre 2011, la Commission européenne a remis un rapport qui a évalué l’incidence du règlement relatif à la protection des animaux pendant le transport. Elle a conclu que « le règlement a eu un effet bénéfique sur le bien-être des animaux pendant le transport. Toutefois, il semblerait qu’il soit possible d’améliorer encore la situation. Ces améliorations pourraient être obtenues par différentes actions et il convient de noter que pour la grande majorité des animaux relevant du règlement, la Commission ne pense pas qu’une modification de ce dernier serait la façon la plus pertinente de traiter les problèmes recensés. »

La pétition 8hours sera remise jeudi au Commissaire européen John Dali

Plutôt qu’une révision du règlement, le rapport de la Commission européenne propose un meilleur contrôle de son application et l’adoption de guides de bonnes pratiques.

Mais les associations ne l’entendent toujours pas de cette oreille. Elles ont d’ailleurs lancé une campagne européenne sur Internet qui demande une durée de trajet limitée à 8 Heures. Pas plus. A l’initiative de Dan Jorgensen, député danois au Parlement européen et de l’association allemande Animal’s Angels, cette campagne, du nom de « 8Hours » a appelé les euro-citoyens à signer une pétition en faveur d’une telle mesure.

Cette pétition diffusée en France par One Voice, « a suscité une mobilisation sans précédent des citoyens européens, s’est réjouie l’association française. Ils sont plus d’un million – 1103 248 ! – à soutenir le projet de modification de la règlementation. » Jeudi, les ong remettront au Commissaire européen John Dali ces signatures.

Le Parlement européen demande une limitation des trajets dans une déclaration ouverte

L'Union européenne entendra-t-elle le silence des agneaux et la voix de ces citoyens ? ©V.B
L'Union européenne entendra-t-elle le silence des agneaux et la voix de ces citoyens ? ©V.B
Les associations veulent espérer : en mars dernier, le Parlement européen a adopté une déclaration écrite sur le sujet. Il a demandé à la Commission et au Conseil européens de réviser le règlement afin de fixer une maximale de huit heures pour le transport des animaux destinés à l’abattage. La question des trajets vers d’autres fermes n’est pas abordée.

Pour autant, tout n’est pas joué au sein du Parlement. Si deux comités parlementaires, Environnement et Transport, soutiennent le projet des 8 heures, le comité Agriculture doit donner son avis ce mois-ci. Or ses membres semblent encore partagés entre les mesures à prendre. En septembre, le Parlement se prononcera enfin en séance plénière.

Restera ensuite au Conseil des ministres européens à s’exprimer sur le sujet. A ce jour, il « demeure réticent à se positionner clairement en faveur d’une modification de la réglementation du transport d’animaux vivants » a expliqué One Voice dans son communiqué le 5 juin.

La voix des euro-citoyens en faveur des 8 heures sera-t-elle entendue ? A suivre.


(1) sauf si le trajet est inférieur à 100km

Virginie Bhat




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