Les animaux de nos mers et rivières

Océans : la courses aux êtres vivants


Vendredi 16 Novembre 2012


Les mers et les océans restent encore des abysses inconnues. Selon une étude parue le 15 novembre dernier, les milieux marins abriteraient près d'un million d'espèces animales et végétales. La science en connaît aujourd'hui quelque 226 000. Elle a encore un long chemin à parcourir avant de répertorier toute la biodiversité marine.




Les baleines à bosse chassent le krill et les bancs de petits poissons ©WoRMS Photo Gallery / Michael Heithaus, 2009
Les baleines à bosse chassent le krill et les bancs de petits poissons ©WoRMS Photo Gallery / Michael Heithaus, 2009
Deux-tiers des espèces marines restent encore inconnues de la science. Ou la science connaît un tiers des espèces qui vivent dans les mers et les océans. Tout dépend comment le lecteur verra le verre, ou plutôt l'étude parue le 15 novembre dernier dans la revue en ligne Current Biology : à moitié plein ou moitié vide.

Connaît-on aujourd'hui tous les habitants des mers et des océans ? Pour répondre à la question, 270 spécialistes en taxonomie (1) ont planché sur le sujet. Cordonnés par Ward Appeltans, coordinateur du Système d’information biogéographique des océans (OBIS) de la Commission océanographique gouvernementale (COI) de l’Unesco (2), ils ont fait le point sur les connaissances actuelles et dressé l'inventaire des espèces marines, animales et végétales (3). D'après leurs travaux, près de 226 000 espèces marines sont connues aujourd'hui : répertoriées et décrites.

Dans les océans, près d'un million d'espèces vivraient

Les crevettes "Saron marmoratus" vivent autour des îles Hawaï  ©WoRMS Photo Gallery / Paulay, Gustav, 2010
Les crevettes "Saron marmoratus" vivent autour des îles Hawaï ©WoRMS Photo Gallery / Paulay, Gustav, 2010
Les scientifiques de la faune et flore marines ont encore du pain sur la planche. Selon l'étude, les océans et les mers abriteraient entre 700 000 et un million d'espèces, dont un tiers environ est donc connu. Chaque année, la science décrit 150 nouveaux poissons. A ce rythme, il lui faudrait encore trente ans pour parvenir à décrire les quelques 5000 autres jusque-là inconnus.

Mais les poissons ne sont qu'une goute dans l'eau salée : ils ne représentent que deux à trois pour cent des organismes vivants marins ! Les crustacés ou les mollusques recèlent encore des mystères : ce groupe compterait quelques dizaines de milliers d'espèces. « Dans bien des cas (environ 65 000 espèces inconnues), des échantillons ont déjà été collectés mais pas encore documentés et décrits. » explique l'Unesco dans un communiqué.

Les spécialistes ne recherchent pas seulement la petite bête. Ils ne connaissent pas tout des baleines ou des dauphins, les espèces les plus emblématiques du milieu marin. En réalité, ils pensent qu'ils pourraient encore découvrir entre deux et huit nouveaux cétacés et près de dix reptiles marins.


L'inventaire des milieux marins, un outil pour maintenir la biodiversité

Le Chromodoris kuniei ransoni, un mollusque gastéropose,  est une espèce endémique des mers polynésiennes ©WoRMS Photo Gallery / Paulay, Gustav, 2010
Le Chromodoris kuniei ransoni, un mollusque gastéropose, est une espèce endémique des mers polynésiennes ©WoRMS Photo Gallery / Paulay, Gustav, 2010
Les découvertes d'espèces marines se sont accélérées ces dernières décennies. Au cours des dix dernières années, plus d'espèces ont été découvertes que jamais auparavant. A titre d'exemple, entre 1999 et 2008, 780 nouvelles espèces de crabes, 29 homards et 286 crevettes et 1565 poissons ont ainsi été répertoriés.

Cette accélération s'explique par le nombre croissant de chercheurs impliqués, les nouvelles technologies qui permettent d'explorer des fonds jusque-là inaccessibles à l'homme et les efforts réalisés en taxonomie.

Une taxonomie qui joue d'importance. Car parfois les espèces sont le sujet de plusieurs descriptions scientifiques. « Ainsi chaque dauphin et chaque baleine sont classifiés sous quatorze noms » relève Mark Costello de l'université d'Auckland qui a participé à la coordination de cet inventaire. Les scientifiques en taxonomie vont donc devoir faire le ménage. Ils s'attendent à faire appel à des analyses ADN pour fignoler leur classification définitive.

« Evaluer combien d’espèces existent est important parce que cela donne un aperçu de ce que nous savons et donc de ce que nous ignorons de la vie marine, explique Ward Appeltans. L’inventaire dressé par le Registre mondial des espèces marines (3) est le fruit d’un effort collaboratif sans précédent d’experts en taxonomie du monde entier. Il s’agit d’une référence pour les études à venir sur la biodiversité et les efforts de conservation et servira aux scientifiques, aux étudiants, aux responsables politiques et à quiconque s’intéresse à la diversité de la vie sur notre planète. »

Reste à savoir si cet inventaire ne sera pas une course contre la montre au fil des décennies : les pollutions des mers et des océans et le réchauffement climatique peuvent-elles tuer des espèces avant même qu'elles ne soient répertoriées par la science ?

(1) Science de la classification des êtres vivants (familles, genres, espèces...)

(2) Placé depuis 2009 sous les auspices de la COI, le Système d’information biogéographique sur les océans (OBIS) est un système d’exploitation de données accessibles en ligne sur la diversité, la répartition et l’abondance de la vie marine. OBIS contribue à la protection des écosystèmes marins en aidant à identifier les zones marines menacées et à augmenter nos connaissances afin de mieux gérer et protéger l'océan.

(3) Le Registre mondial des espèces marines est une base de données en ligne mise en place en 2007 à laquelle participent 146 institutions réparties dans 32 pays. Conçu sur le modèle du Registre européen des espèces marines, il est hébergé par l’Institut marin des Flandres en Belgique.


Virginie Bhat




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