Les animaux de nos villes et campagnes

Les animaux de la Grande Guerre

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Mardi 21 Février 2012


Chevaux, chiens, chats, vaches, ânes, pigeons… Lors de la Première Guerre mondiale, des milliers d’animaux ont accompagné les hommes, soldats et civils, pour le meilleur et le pire de leurs vies. Cette semaine, un documentaire, Nom de code : poilus d’Alaska et un long-métrage, Cheval de guerre racontent les liens profonds qui les ont unis dans l’horreur des campagnes.




Par W. E. Mason (Dogs of all nations p. 105 archive) [Public domain ou Public domain], via Wikimedia Commons
Par W. E. Mason (Dogs of all nations p. 105 archive) [Public domain ou Public domain], via Wikimedia Commons
Vingt millions de soldats morts au combat, vingt millions de civils tués. Et des centaines de milliers de personnes blessées. La Grande Faucheuse a aimé la Grande Guerre. Dans les tranchées et les campagnes, hommes, femmes et enfants ont souffert. A leurs côtés, des animaux. Bêtes de somme, compagnons de mauvaise fortune… La Grande faucheuse les a aussi aimés : elle en a happé quatorze millions avec sa faux.

Les chevaux, les mulets, les ânes, les bœufs et les chiens ont tiré les charrettes sanitaires qui ramenaient les blessés vers les centres de secours. Ils ont porté les ravitaillements sur les fronts. En août 1914, la France mobilise plus de 1, 5 million de chevaux.

« Les chevaux sont des victimes de masse de la guerre. Leur mort et leur inhumation causent une vive impression aux soldats. Beaucoup d’entre eux vivent dans une véritable proximité physique et affective avec les chevaux » expliquait dans son dossier de présentation l’exposition La Guerre des animaux réalisée en 2007 à l'Historial de la Grande Guerre de Péronne dans la Somme.

Cheval de guerre retrace les rencontres d'un cheval et des hommes en pleine première guerre mondiale

C’est justement l’histoire d’un de ces chevaux de guerre qu’a mise en scène Steven Spielberg. Son long-métrage produit dans les studios DreamWork sort mercredi en salle. « L’histoire nous entraine de la magnifique campagne anglaise aux contrées d’une Europe alors plongée en pleine Première Guerre mondiale. Cheval de guerre débute sur l’amitié exceptionnelle qui unit un jeune homme, Albert, au cheval qu’il a dressé et entraîné, Joey ». explique le synopsis du film.

« Lorsqu’ils sont séparés, l’histoire suit l’extraordinaire périple du cheval, en plein conflit. Cet animal hors du commun va changer la vie de tous ceux dont il croisera la route – soldats de la cavalerie britannique, combattants allemands, et même un fermier français et sa petite-fille, jusqu’au point culminant de l’intrigue qui se déroule dans les terres désolées... À travers l’épopée de ce cheval, c’est aussi la Première Guerre mondiale que l’on découvre, une fresque épique de douleur et de bonheur, d’amitié passionnée et de péripéties à haut risque. »



Les chiens de la Guerre 14-18 patrouillent et transmettent les messages

Outre le transport qu’ils assurent, les chiens servent de sentinelles et de patrouilleurs aux armées. Voire de messagers. Leur histoire n’est pas toujours connue. Certains d’entre eux sont tombés dans l’oubli des tranchées ou des combats. Samedi dernier, la chaîne Arte a livré à ses téléspectateurs une de ces histoires. L’épopée de 440 chiens de traineau qui, du Canada, sont venus porter patte forte aux soldats de l’Armée des Vosges.

« Hiver 1914, massif des Vosges. La situation des soldats qui, en première ligne, défendent la très stratégique « ligne bleue des Vosges » est catastrophique : coupés de leur base arrière par d’importantes chutes de neige, il est impossible de les ravitailler en nourriture et en munitions. Le front résiste mais des milliers de chasseurs alpins y laissent la vie. Il faut absolument éviter que le désastre ne se reproduise l’hiver suivant, au risque, cette fois, de l’invasion totale du territoire français par les Allemands ! »

Les poilus d'Alaska parcourent des milliers de kilomètres pour la ligne des Vosges

Deux officiers proposent alors au commandement de l’Armée des Vosges d’utiliser des chiens de traîneau. Le capitaine Louis Moufflet et le lieutenant René Haas ont vécu en Alaska. Ils connaissent la résistance de ces chiens qui arpentent le grand nord sur des milliers de kilomètres. En août 1915, ils partent donc pour l’Amérique du Nord. Leur mission est de ramener 440 chiens en France. Vite. Très vite. 10 000 kilomètres à parcourir sous la menace ennemie avec une meute.

Les deux officiers français seront aidés dans leur mission par Scotty Allan, célèbre musher qui inspira Jack London dans ses écrits. Le documentaire réalisé par Marc Jampolsky déroule des archives, des entretiens et des reconstitutions au Canada.

Le chat ou la fouine deviennent les mascottes des tranchées

Les chats, les chiens et même les sangliers, évoque-t-on, ont été les compagnons des soldats dans les horreurs des tranchées. Ils les aident à tout supporter. Ils chassent les souris et les rats qui courent parmi eux. « Les relations entre l’homme et l’animal dépassent la simple sphère militaire. Tous deux partagent un sort commun, vivent les mêmes horreurs et ressentent des peurs identiques. Dans une telle proximité du vécu, le soldat est naturellement amené à considérer l’animal comme un véritable compagnon. Se confier à lui, le cajoler, en prendre soin sont autant de façons de se libérer des traumatismes engendrés par la guerre et de continuer à croire en la vie.

Si les cavaliers, artilleurs et brancardiers tissent un lien affectif avec la bête dont ils ont la charge, les combattants des tranchées adoptent chien, chat, singe, fouine, sanglier,... trouvés ou apportés sur le front » expliquait l’exposition belge Chienne de Guerre au Musée royal de la Marine en Belgique voilà deux ans.

Et de poursuivre : « Signe de la survivance de croyances guerrières antiques, ils choisissent parfois un animal comme mascotte. Considérée comme un porte-bonheur, elle leur assure protection et victoire. Son bien-être est essentiel et sa mort serait de mauvais augure. Humanisés ou vénérés, les animaux apportent un réconfort indispensable au moral des troupes. »

Les pigeons sont les messagers des armées

Les mammifères n'ont pas été les seuls animaux que les armées ont su utiliser. Les pigeons ont porté de leurs ailes les messages d’un front à un autre. Ailes voyageuses qui coûtent la vie à des colombophiles dans le nord de la France. Dès 1914, les armées allemandes empêchent toute communication entre les zones occupées et les Français et les Britanniques. Elles donnent l’ordre aux populations civiles d’abattre leurs pigeons domestiques. Précieux auxiliaires des soldats et des transmissions d’informations. Ceux qui passent outre sont passibles de la peine de mort.

« Plusieurs « coulonneux » paieront de leur vie leur refus de se séparer de leurs chers « coulons »  »explique le site Chemins de mémoire de la Grande Guerre en Nord-Pas de Calais.

L’un de ces pigeons, appelé Le Vaillant, sera cité en 1916 à l’ordre de la Nation « pour avoir transmis les derniers renseignements  » lors du siège de Verdun en 1916, avant de regagner, mourant, son colombier.

Virginie Bhat




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