Les animaux entre ciel et terres sauvages

Hegalaldia : pourquoi creuse-t-on sa tombe ?


Lundi 4 Mars 2013


Vendredi matin, un étrange cortège a parcouru les rue de Biarritz avant de s'arrêter sur le sable de la Grande Plage. Sur les épaules de jeunes gens, un cercueil de carton pâte. Le cercueil symbolique d'Hegalaldia. A la recherche de financements, le centre de sauvegarde de la faune sauvage interpellait les autorités publiques.




La tombe symboliquement creusée sera-t-elle un jour prochain une réalité pour Hegalaldia N ©V.B
La tombe symboliquement creusée sera-t-elle un jour prochain une réalité pour Hegalaldia N ©V.B
Etrange cortège sur le sable de la Grande Plage vendredi matin à Biarritz. Quatre hommes un cercueil sur les épaules. Autour d’eux des hommes et des femmes emmitouflés tant il faisait frisquet. Ce n’était pourtant ni le jour d’Halloween. Ni le temps du carnaval prévu le lendemain.

Non c’était une mascarade. Ou plutôt l’enterrement symbolique d'Hegalaldia, le centre de sauvetage de la faune sauvage installé à Ustaritz au Pays Basque. Autour du cercueil de carton pâte, deux banderoles interpellaient les passants : « Interpellez vos élus pour sauver Hegalaldia » ; « Hegalaldia, Des milliers d’animaux morts en plus. » L’enterrement achevé, une marionnette déposée sur la tombe.

Hegalaldia recherche un équilibre financier

Le centre a besoin de 85 000€ avant la fin du mois ©V.B
Le centre a besoin de 85 000€ avant la fin du mois ©V.B
Cet enterrement symbolique, c’est l’équipe du centre qui l’organisait. Salariés et bénévoles, main dans la main. En cause : la pérennité de l’association qui accueille près d’un millier d’animaux sauvages en détresse chaque année. Oiseaux de mer mazoutés ou affaiblis par les tempêtes, rapaces percutés, hérissons amaigris par l’hiver rigoureux, écureuils tombés du nid, animaux empoisonnés... Espèces protégées ou non, jusqu’à présent, Hegalaldia avait répondu présent à tous les appels de détresse.

Vendredi une page a peut-être été tournée. « Tout organisme, à un moment ou à un autre, a besoin pour fonctionner, de trouver un équilibre financier, avait rappelé plus tôt Stephan Maury, salarié capacitaire du centre sur le parvis de Casino municipal avant que le cortège n’entame sa marche funèbre dans les rues de Biarritz. L’association Hegalaldia va être contrainte d’appliquer un réajustement de son fonctionnement afin de trouver un équilibre fiable et durable. »

L’argent est le nerf de la guerre. Même dans les milieux associatifs. Même pour la protection de la biodiversité. Les associations sont financées par leurs cotisations et les subventions publiques. Et c’est justement là que le bât blesse. Faute de subventions suffisantes, Hegalaldia risque bien de fermer. D'ores et déjà, l’équipe doit trouver 85 000€ des collectivités territoriales d’ici mars pour assurer son fonctionnement. A défaut, le centre devrait licencier deux salariés sur trois. Il s’est déjà séparé d’un quatrième salarié en fin d’année dernière. Avec un seul salarié, le centre ne pourra plus fonctionner sept jours sur sept.

Le centre d'Ustaritz interpelle les collectivités locales et le ministère de l'Ecologie

"Il serait vraiment dommage qu'une telle structure ferme" commentait vendredi Henri, vétérinaire ©V.B
"Il serait vraiment dommage qu'une telle structure ferme" commentait vendredi Henri, vétérinaire ©V.B
Devant son auditoire, les caméras et micros, Stephan Maury annonçait donc deux mesures d’urgence adoptées par le conseil d’administration nouvellement élu.

La première à l’égard des communes du Pays Basque et du Béarn. « Afin de tenir notre engagement auprès de notre plus important et fidèle partenaire financier qu’est le Conseil général des Pyrénées Atlantiques, nous prendrons en chargé quelques individus en provenance des communes qui ne nous financent pas sur le département. Cela sera décidé au cas par cas en fonction de nos moyens. Une commune ne sera pas démarchée sous le seuil de cinq animaux par an. Passé ce chiffre, l’association Hegalaldia sollicitera une aide financière. En cas de refus, notre association, si elle existe encore, ne sera plus en mesure d’intervenir. »

La seconde vis à vis du ministère de l’Ecologie au cœur de la protection de la biodiversité. « Pour les espèces soumises à plans nationaux d’actions découvertes hors du parc national des Pyrénées (1), nous proposerons une grille tarifaire au ministère et la prise en charge de l’animal ne sera réalisée que si celle-ci est acceptée. »

Sur la Grande Plage, le cortège tardait à s’éparpiller. « Il serait vraiment dommage qu’une telle structure ferme ses portes, regrettait Henri, un des vétérinaires du Pays Basque qui soigne les animaux recueillis par le centre. L’équipe s’investit complètement dans son travail et fait un travail énorme pour les animaux sauvages. »

Des solutions pérennes seront-elles trouvées ? Ou la tombe symboliquement creusée à la Grande Plage sera-t-elle un jour réalité ? « Il est encore temps, pour les communes de voter une subvention, au ministère de nous recevoir et de faire bouger les choses. » concluait Hegalaldia avant de partir vers Pau pour un second enterrement symbolique.



(1) Lors de ses explications, Hegaladia a interpellé le ministre de l’Ecologie, au cœur de la protection de la faune sauvage : « Des sommes importantes sont dépensées pour la conservation du gypaète barbu, du milan royal, et bien d’autres, mais absolument rien n’est prévu pour les centres de sauvegarde qui les prennent en charge lorsqu’ils sont en détresse. » Et les espèces plus communes qui « deviendront peut-être rares un jour », c’est le vide absolu. Et d’ajouter : « Si l’Etat français ne prend pas réellement en compte le rôle des centres UFCS en France, comment peut-on demander aux acteurs locaux de reconnaître notre travail, notre rôle et l’intérêt d’une telle structure sur le territoire ? »

Virginie Bhat




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