Les animaux de nos maisons

Coups de filet parmi les trafiquants de chiots


Samedi 28 Mai 2011


Les chiots sont au cœur de trafics internationaux qui ne cessent pas. Coup sur coup, à quelques jours d’intervalles, les autorités françaises et espagnoles ont démantelé sur leur territoire respectif un réseau illégal d’importation et de vente de jeunes animaux. Les deux affaires n’ont peut-être pas de ramifications entre elles. Pour autant elles présentent des similitudes. Enfermés dans des camions inappropriés, les chiots traversent l’Europe, d’Est en Ouest. Les survivants seront revendus avec de faux papiers.




Les trafics profitent, les chiots trinquent ©xoriburu.info/V.B
Les trafics profitent, les chiots trinquent ©xoriburu.info/V.B
Rude semaine pour les trafiquants de tous poils. De part et d’autre des Pyrénées, les autorités nationales ont réalisé un joli coup de filet et mis fin ainsi à deux trafics internationaux de chiots. Dans le Vaucluse, deux personnes ont été mises en examen et placées sous contrôle judiciaire. 154 chiots ont été confiés à la SPA. A Madrid, sept personnes ont été hier arrêtées. 32 chiens ont été retirés du chenil espagnol incriminé.

Première affaire. Février 2010, une information judiciaire est ouverte au tribunal de grande instance de Carpentras. Elle fait suite à une plainte de la SPA et une enquête de la Brigade nationale des enquêtes vétérinaires et phytosanitaires (Bnevp). Dans leur collimateur les pratiques douteuses d’un chenil du Vaucluse.

Le Service national de douane judiciaire est alors saisi pour mener des investigations dans le cadre de l’information judiciaire. Il lui faudra plus d’un an pour la boucler. « Les investigations menées par le SNDJ en collaboration avec un technicien de la BNEVP de Paris ont permis d’identifier un trafic de chiots achetés en Slovaquie et revendus en France avec des documents d'identité et sanitaires falsifiés » déclarent les Douanes dans un communiqué publié vendredi 28 mai 2011. Les jeunes animaux n’étaient pas vaccinés contre la rage. Certains d’entre eux ont même été maltraités : on leur a coupé la queue sans anesthésie !

« Ce réseau de revente qui bénéficiait de l’assistance d'un vétérinaire du Vaucluse a pu introduire depuis 2008 plus de 9000 chiots non conformes aux normes sanitaires, sur le territoire national. » ajoutent les autorités. Neuf mille chiots ! Les trafiquants étaient de gros poissons !

Seconde affaire. A Madrid cette fois-ci. L’enquête débute en novembre 2010. Le Service pour la protection (Seprona) de la nature de la Guardia Civil de Madrid est alerté sur l’état sanitaire de chiots vendus dans des animaleries. Les animaux ne recevraient aucun traitement antiparasitaire ni vétérinaire adéquat. Les agents de la Seprona diligent une première enquête. De fil en aiguille, ils découvrent que les animaleries n’ont pas les documents nécessaires à leur ouverture et leurs activités. Certains documents vétérinaires semblent avoir été falsifiés. L’opération « Pulgas » est lancée pendant laquelle les agents accumuleront toutes les preuves et démonteront le trafic. I

De fil en aiguille, ils remontent la filière. C’est en Hongrie que les chiots sont achetés. Puis transportés dans une camionnette inappropriée au transport d’animaux. Débarqués en Espagne, un vétérinaire se charge de leur fabriquer de faux papiers. Il subtilise les documents hongrois contre des cartes sanitaires de la Communauté autonome de Madrid… Les chiots sont revendus dans deux animaleries. Avec pedigree et inscription à une association canine de race parfois. Des faux bien sûr : leur lignée est inventée de toute pièce. Les agents s’aperçoivent que les salariés des animaleries administrent vaccinations et traitements vétérinaires. Ils n’en ont pas le droit. Comme en France. Vacciner et soigner les animaux sont du ressort des vétérinaires.

Quel intérêt ces personnes ont-elles à organiser ces réseaux clandestins et frauduleux d’Est en Ouest ? L’argent. Une culbute de dix souvent entre le prix d’achat (50 à 100 euros) et de revente (500 à 1000 euros). Ils achètent en Hongrie, Slovaquie, Russie parfois, les chiots dix fois moins cher qu’en France ou en Espagne. Les animaux ont deux mois à peine quand ils quittent leur mère. Deux mois, l’âge idéal pour être vendus. Ils sont embarqués dans des camions et traversent maintes frontières. Avec leurs cartes d’identité d’origine. Mais trop jeunes pour être vaccinés contre la rage alors que la législation européenne l’exige. Car pour passer d’un pays membre de l’UE à l’autre, tout animal domestique carnivore, chien, chat ou furet, doit avoir reçu une vaccination antirabique. Les trafiquants font des chiots des clandestins.

Pourquoi ne pas les vacciner ? C’est à l’âge de trois mois qu’un chiot, ou un chat, peut recevoir sa première vaccination antirabique. Avec un rappel un mois plus tard. A quatre mois, les chiots auront du mal à être vendus en animalerie…

Arrivés en France ou en Espagne, les trafiquants devront donc blanchir les chiots de l’Est de deux mois. Avec de faux papiers d’identité français ou espagnols. En France, le commerce des chiots nés sur le territoire national ne requiert pas la vaccination préalable contre la rage. Leur identification, oui. Le trafic est juteux. Et les chiots en paient le prix. Fort. Très fort. A la vie ou à la mort.


Virginie Bhat




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