Coin des arts

Bêtes de sexe au Palais de la découverte


Lundi 29 Octobre 2012


Après Londres, le Palais de la découverte à Paris accueille Bêtes de sexe. L'exposition, ludique et scientifique explore toutes les astuces que déploient les animaux dans leur sexualité. Les êtres humains ne sont pas oubliés. A voir sans a priori.




© Sexual nature / London's Natural History Museum
© Sexual nature / London's Natural History Museum
Trois cent millions d’œufs à chaque ponte, le poisson lune est un animal prolifique. Mais s’il est généreux, ce poisson répond en fait à une contrainte : la mer. Car, dans les eaux tropicales ou tempérées où l’espèce vit, les femelles y libèrent leurs œufs. A l’instar des mâles qui se défont de leur sperme. Or, au gré des courants, les œufs et les spermatozoïdes filent. Les gamètes n’ont pas toujours la chance de se rencontrer et donner naissance à des larves. Quand ils ne sont pas pâture de prédateurs.

Après Londres, Bêtes de sexe s'expose au Palais de la découverte

© EPPCSI / Werner Drewblow / age Fotostock
© EPPCSI / Werner Drewblow / age Fotostock
Les poissons lunes, comme les autres poissons, les coraux... ont donc adapté leur sexualité au mieux de leur intérêt : leur survie.

La sexualité est indivisible de la survie des espèces, animales et végétales. Indivisible mais pas une : elle revêt aujourd’hui une multitude de formes. Et c’est pour raconter cette diversité que le Palais de la découverte à Paris l’expose jusqu’au 25 août prochain. Bêtes de sexe, telle est le nom de l’exposition qui après Londres l’an dernier fait une grande halte en France.

La sexualité est une vieille histoire. Apparue voilà plus d’un milliard d’années sur la terre. Elle est apparue sous l’eau. Un milieu qui n’assèche pas les gamètes et permet ainsi aux espèces aquatiques d’y lâcher spermatozoïdes et œufs sans plus se soucier de leur avenir. Seule contrainte, et de taille : les espèces doivent être prodigues et libérer autant de gamètes possibles pour assurer leur reproduction.

Mais lorsque des espèces marines ont décidé de marcher sur la terre ferme, elles ont dû évoluer. L’air allait assécher leurs gamètes qui allaient en mourir ! Certains organismes ont alors purement et simplement abandonné la sexualité à deux. Trop compliqué de chercher le partenaire ? Trop éreintant ? La science n’a pas encore levé tous les voiles !

Toujours est-il que toutes les bactéries, de nombreuses plantes et quelques animaux ont choisi cette nouvelle voie. Ainsi le lézard à queue fouettée a-t-il éliminé le mâle de son histoire. Les populations de ce petit saurien américain ne comptent que des femelles. Elles se reproduisent par pathogénèse : les filles sont des clones de leurs mères.

Mais pour parvenir à l’ovulation et la ponte d’œufs, elles doivent se cajoler les unes et les autres... Les scientifiques craignent le pire : sans diversité génétique, le lézard à queue fouettée pourrait un jour se rayer de la carte des espèces, ses populations génétiquement affaiblies emportées par des maladies.

L'amour vache existe aussi chez les animaux

Chants mélodieux, parades nuptiales... Les animaux déploient de multiples astuces pour séduire leurs partenaires © Sexual nature / London's Natural History Museum
Chants mélodieux, parades nuptiales... Les animaux déploient de multiples astuces pour séduire leurs partenaires © Sexual nature / London's Natural History Museum
Les plantes et les animaux terrestres qui ont conservé leur sexualité, ont dû adapter leurs comportements à cet air libre desséchant leurs gamètes. Ils ont alors inventé la sexualité interne pour se reproduire. Les êtres humains connaissent bien la question...

Et à chaque espèce végétale et animale ses habitudes. Les uns déploient des stratégies élaborées pour séduire leurs partenaires. Chants mélodieux, parades nuptiales, plumes ou écailles de couleur éclatante, combats féroces... tout est bon pour paraître le plus fort et écarter les concurrents. La sexualité n’est pas toujours un cadeau. Elle peut même devenir vache : la mante religieuse n’est pas un phantasme qui dévore son mâle après l’amour.

De phantasme, Bêtes de sexe en parle justement. Ceux des êtres humains. L’exposition décrypte leurs jeux de séduction, leurs désirs et leurs rêves. Elle invite même les visiteurs à partager leur expérience de séduction et exprimer ce qu’amour et sexe signifient pour eux.


Bêtes de sexe interdite aux enfants de moins de dix ans

© Sexual nature / London's Natural History Museum
© Sexual nature / London's Natural History Museum
Pour explorer ce monde de la sexualité, l’exposition Bêtes de sexe propose des vidéos, huit courts métrages humoristiques de la réalisatrice Isabella Rossellini « Green Porno », des photos, des maquettes et des spécimens en scène prêtés par le Muséum d’histoire naturelle de Londres à l’initiative de l’exposition. Un parcours découpé en cinq séquences thématiques.

Si l’exposition se veut ludique, décalée et ludique, elle n’en reste pas moins scientifique. Des biologistes, des experts du comportement animal et des conservateurs du Natural History Museum de Londres ont collaboré à son montage.

Le propos pourra parfois paraitre cru, aussi le Palais de la découverte a-t-il préféré jeter un voile pudique pour les enfants de moins de dix ans. Elle leur interdit donc l'accès. A Londres, elle l'était pour les moins de 16 ans ! Bêtes de sexe est une exposition à voir sans a priori.

Virginie Bhat




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