Eko-société

Bayonne : les corridas ont la vie dure


Dimanche 10 Août 2014


Corrida basta ! Samedi après-midi près de cent personnes manifestent leur opposition à la corrida dans les rues de Bayonne. Plus tôt dans la matinée, le Crac Europe rencontrait le maire de la ville. Retour sur cette journée particulère.




De la place de la Liberté aux environs des arènes, près d'une centaine de manifestants sont venus crier leur opposition aux corridas ©V.B.
De la place de la Liberté aux environs des arènes, près d'une centaine de manifestants sont venus crier leur opposition aux corridas ©V.B.
Corrida basta ! Corrida basta ! Le jeune homme, pantalon treillis militaire, poing levé, harangue ses compagnons de croisade. Les derniers en fait qui ferment le cortège qui, longeant la Nive, approche des Halles. Devant eux, des drapeaux flottent au vent. Rouge sanglant sur noir sombre aux armes du Crac Europe. Vert blanc et rouge, celui du Pays Basque.

Rencontre à la mairie de Bayonne

Il est plus de 14 heures ce samedi sur la place de la Liberté. « Barbarie. Torture » y crie-t-on. A l'appel du Crac Europe, les opposants à la tauromachie sont venus à Bayonne battre le pavé et crier leur détermination à voir la corrida tomber. Tomber dans les oubliettes des traditions perdues. Des traditions qui selon l'œil qui les regarde, n'ont pas les mêmes valeurs.

Justement, plus tôt dans la matinée, ces regards se sont rencontrés à la mairie de Bayonne. Le maire, Jean René Etchegaray, a reçu, à leur demande, trois représentants du Crac : Jean-Pierre Garrigues, président, Roger Lahana, vice-président, et Carole Saldain, déléguée pour les Pyrénées-Atlantiques. L'édile, pour sa part, est accompagné de son directeur de cabinet, de son adjoint à la Culture et de son adjoint aux Finances.

Le Crac est venu avec des demandes concrètes : demande de référendum sur le maintien ou l’abolition de la corrida à Bayonne, arrêt de la gratuité d’accès aux corridas pour les enfants et arrêt du financement public des corridas. Dans l'après-midi, Jean-René Etchegaray et Jean-Pierre Garrigues, chacun de leur côté, ont fait un point sur cette rencontre. D'un côté, le maire de Bayonne au patio des caballos devant ses invités. De l'autre côté, le président du Crac devant les manifestants sur la place de la Liberté.

Interdire l'accès des arènes aux enfants est de la responsabilité parentale

« J'ai reçu en mairie les représentants du CRAC qui venaient manifester à Bayonne, et je me devais d’entendre leurs arguments » commentera donc Jean-René Etchegaray au patio des caballos. L'édile leur a réaffirmé que la tradition taurine était solidement implantée dans la culture de Bayonne depuis bien longtemps, que la tauromachie faisait partie des valeurs de cette ville.

Et le maire de Bayonne de poursuivre sur la question d'un référendum pour le maintien ou non de la corrida à Bayonne. Jean-René Etchegaray a rappelé que le maintien des corridas et de la tradition taurine étaient clairement exposées dans le programme de sa liste pour les municipales, que les Bayonnais l’avaient élu et avaient dont déjà répondu à ce référendum. Le maire a fait remarquer au passage que les autres listes candidates étaient pour le maintien de la tradition taurine.

Quant à interdire l’entrée des arènes aux moins de 15 ans, le maire a répondu qu'une telle décision relevait de la responsabilité des parents et non de la mairie.

Les opposants à la corridas ne lâcheront rien

« Nous avons demandé au maire de Bayonne s'il était prêt à organiser une consultation de la population de Bayonne pour ou contre l'abolition de la corrida, a rapporté Jean-Pierre Garrigues devant les manifestants. Bien entendu, c'est toujours non. Même si dans toutes les viles tauromachiques les pro corrdias sont minoritaires. » Et de citer une consultation confidentielle réalisée il y a une vingtaine d’années qui aurait révélé que 19% de Bayonnais seulement disaient aller aux corridas.

Et le président du Crac de poursuivre : « Deuxième élément : Nous lui avons remis une lettre du maire d'Alès qui en 2009 avait accepté l'arrêt de la gratuité pour les enfants. Mais monsieur Etchegaray nous a indiqués qu'il étendrait la gratuité jusqu'à l'âge de 15 ans ! Si ce n'est pas un aveu de faiblesse d'un monde de la tauromachie en pleine déliquescence qui fait du pure racolage auprès de la jeunesse... »

Quant au nerf de la guerre, le financement des corridas. « Les corridas de Bayonne avaient accusé un déficit de 411 000 euros en 2011. Qui paye ? Les Bayonnais. Les contribuables. » Et de pointer du doigt un document (1) de la cour des comptes sur la gestion de la commune entre 2006 et 2012. « Sur la période 2006 2012 ce sont 792 000 euros de déficit que les Bayonnais ont dû payer. Les corridas coûtent toujours plus cher aux Bayonnais. »

« La corrida va quand même très très mal. Nous devons continuer, nous devons enfoncer le clou » a conclu Jean-Pierre Garriques avant d'inviter les manifestants à partir en croisade dans les rues de Bayonne. Dans les corrals des arènes, six taureaux attendent leur funeste destin.




(1) Le rapport de la cour régionale des comptes évoqué précise à ce sujet : "Dans un souci d’économie, la ville a décidé en 2009, de ne plus solliciter de prestataire chargé d’organiser les spectacles mais d’acheter directement les taureaux, au moyen de marchés de fournitures, et de recruter directement les toreros40. Alors que le nombre de spectacles a peu évolué entre 2006 et 2011, le total des rémunérations des toreros a augmenté fortement en tendance. En 2011, la soudaine aggravation du déficit annuel a été expliquée par une fréquentation décevante et l’organisation d’une corrida supplémentaire. En effet, la ville avait recruté des cartels réputés et plus coûteux, et escompté en retour, une majoration substantielle des recettes. L’affluence, bien que supérieure à celle des années précédentes, s’est toutefois révélé insuffisante au regard des coûts supplémentaires engagés. Ces mauvais résultats ont conduit la ville en 2012, à proposer moins de corridas et à recruter des toreros moins connus. Ce choix lui a permis, pour la première fois, de dégager un excédent significatif."

Virginie Bhat




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