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Après les Ch'tis fox days, les Journées du goupil


Vendredi 20 Février 2015


Les chasseurs ont eu beau changer le nom des Ch'tis fox days en Journées du goupil, les renards se seront pas à la fête dans le Nord ce week-end. Un collectif d'associations opposé à cette mort programmée écrit au préfet en rappelant le rôle majeur du goupil dans les écosystèmes.




L'an dernier les Ch'tis fox days avaient suscité l'ire des associations de protection animale. Une manifestation avait même été organisée à Lille où plus de 1 500 personnes avaient battu le pavé selon les organisateurs. Mais il semble que le message de protestation n'ait pas été entendu par la fédération départementale des chasseurs du Nord qui réitère l'opération ce week-end. Ce samedi 21et dimanche 22 février donc, les chasseurs vont crier sus au renard et les abattre. Un prélèvement nécessaire arguent-ils pour réguler leur population et freiner leur prédation sur le petit gibier. Ils ont rebaptisé leurs journées : les Ch'tis fox days sont devenus Les journées du goupil.

Pourquoi détruire le renard qui joue un rôle clef dans la régulation des campagnols ?

Et une nouvelle fois, le collectif d'associations opposées (1) à cette opération de destruction est monté au créneau et a écrit au préfet du département pour en demander l'interdiction.

« Même si cette espèce est classée nuisible dans le département, sa destruction systématique organisée de manière synchrone utilisant tous les moyens de destruction à l’échelle du département, nous semble sortir du cadre réglementaire alors qu’aucune preuve dûment validée au titre de l’article R. 427-6 de Code de l’environnement n’a été fournie par vos services et/ou fait l’objet d’un arrêté spécifique d’autorisation de destruction par battue administrative sur le fondement de l’article L. 427-6 du même code » rappelle le collectif.

Et de rappeler la place écologique qu'occupe le goupil dans les écosystèmes. Le renard joue un rôle clef dans la régulation des petits mammifères que les agriculteurs fustigent pour leurs dégâts sur leurs cultures. Entre autres les campagnols et les lapins. Les premiers sont même « soumis à des mesures de lutte obligatoire par arrêté ministériel du 25 août 2011 (annexe B) » et les seconds classés nuisibles dans la plupart des communes du département !


Les renards tués, ce sont les campagnols et les lapins qui en profitent. Ils « prolifèrent et commettent des dégâts aux cultures, démontrant le paradoxe de la gestion de la faune régionale dans laquelle sont classés nuisibles à la fois les espèces proies nuisibles et leur prédateur susceptible de les réguler. » pointe du doigt le collectif.

La destruction du goupil favorise l'expansion de l'échinococcose alvéolaire

Certains détracteurs du renard évoquent le risque de l'échinococcose
alvéolaire, une maladie que l'homme peut attraper. A son origine : un un petit ver plat, l'échinocoque (Echinococcus multilocularis) qui parasite habituellement l'intestin du renard, mais aussi du chien ou du chat, sans entraîner de troubles particuliers chez ces espèces.

L'homme se contamine en avalant les œufs du parasite au contact des animaux parasités, chien et chat principalement, parfois renard, soit en consommant des plantes ou des fruits crus, soit en manipulant la terre (agriculture, jardinage...) rappelle une petite brochure éditée par le ministère de l'Agriculture.

Faut-il donc tuer les renards pour éradiquer cette maladie ? « Les spécialistes de l’échinococcose s’accordent sur le fait que la destruction des renards est un facteur aggravant dans l’extension géographique de la maladie » évoque le collectif. Paradoxal.


(1) Associations signataires : Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas), Groupe ornithologique et naturaliste du Nord - Pas-de-Calais (Gon), Association des naturalistes de la Gohelle (Ang), Ligue pour la protection des oiseaux Nord (Lpo Nord), Ligue pour la protection des oiseaux Pas-de-Calais (Lpo Pas-de-Calais), Rassemblement pour une France sans chasse (Rac), Fondation Brigitte Bardot, One voice.

Virginie Bhat




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