Ecosystèmes

Anglet s'oppose à la vente de son sable


Lundi 8 Avril 2013


Ces dernières semaines, le sable angloy a suscité quelques remous. Interpellée sur le sujet, la municipalité d’Anglet a rencontré les membres de l’association SOS Littoral. Elle a voulu les rassurer sur son opposition à toute commercialisation du sable de sa ville. Soucieuse de l’érosion du littoral, elle a présenté un plan d’actions pour une gestion durable dans un document.




Anglet s'oppose à la vente de son sable
Dimanche dernier, la drague Elbe qui depuis cinq jours fouillait les profondeurs de l’embouchure de l’Adour a terminé son œuvre. Le bateau mandaté par la Chambre de commerce et d’industrie de Bayonne y a dragué 167 779 m3 de sable. Elle en a relâché 30 850 m3 en zone d'immersion du large et 136 929 en zone d'immersion côtière. Le clapage côtier a cette fois-ci représenté près de 82% du volume dragué. Une gageure alors que depuis la reprise de ces opérations en 2010 la moyenne oscillait autour de 60%.

Ce sont les conditions météorologiques qui ont sans doute permis à la drague de s’approcher au plus près des côtes. « Avec un navire de +/-90 m de long et +/- 6,50 m de tirant d’eau en charge, il est nécessaire que la houle devant la plage soit inférieure à 1,50 m, rappelait la CCI dans un communiqué de presse fin mars qui rappelait le cadre juridique et le déroulement des travaux de dragage pour le maintien des profondeurs du port de Bayonne. » Un dragage qui est aussi un moyen de lutte contre l’érosion du littoral.

Anglet relance le clapage côtier en 2010

Jusqu’à présent, la ville d’Anglet n’a pas regardé son sable se perdre les bras croisés. Le mois dernier, elle a présenté toutes ses actions passées et à venir dans un document. Ainsi, la cité a relancé le clapage côtier en 2010 abandonné en 2004. A l’automne et au printemps, une drague vient entretenir le chenal d’accès vers le port de Bayonne et elle rejette le sable le long des plages d’Anglet lorsque la houle le permet. En deux ans, ce sont 362 781 m3 de sédiments qui ont été remis en circulation dans le système sédimentaire de la zone côtière d’Anglet.

D’autres mesures ont été engagées pour minorer au mieux l’érosion. En 2008 et 2011, les épis des plages de Marinella et des Sables d’or dégradés sont confortés. Anglet et l’Agglomération Cote Basque Adour investissent 1,05 million d'euros dans ces travaux. En 2011, ce sont les falaises fragilisées par les infiltrations d’eaux de ruissellement qui sont sécurisées. Enfin, des haies et des doubles rideaux sur la promenade Victor Mendiboure sont installées pour arrêter les sables emportés par les vents.

Aujourd’hui, la municipalité veut s’engager plus loin vers une gestion durable de l’érosion. Elle trouve insuffisant le sable clapé vers ses plages. « Même si les campagnes de clapage sont de plus en plus efficaces, comparativement aux volumes clapés entre 1979 et 1989, qui pouvaient atteindre jusqu’à 520 000 m3 / an et un bilan hydro‐sédimentaire stable, les volumes actuellement clapés sont insuffisants pour rétablir un stock sédimentaire correct » regrette Jean‐Pierre Voisin, adjoint à l’urbanisme de la Ville d’Anglet.

La municipalité est opposée à toute commercialisation de son sable

C’est la raison pour laquelle Jean-Pierre Voisin milite pour une drague à demeure au port de Bayonne. « Une drague à demeure permettrait de s’affranchir des conditions de météo en clapant beaucoup plus souvent et par conséquent d’augmenter les volumes de sable remis sur nos plages ». Selon la municipalité, le surcoût du clapage près des plages par rapport à un rejet au large au large est de 10 centimes d’euros HT par m3. « C’est un coût assez faible compte tenu de l’enjeu pour la Ville de préserver la qualité de ses plages » souligne Jean‐Pierre Voisin, « c’est aussi la méthode actuellement la plus efficace et la plus écologique ». Un coût que supportent l’Agglomération Côte Basque Adour, la Ville d’Anglet et la Région Aquitaine.

Jusqu’à présent, tout le sable dragué n’a pu donc être clapé le long du littoral. Aussi pouvait-il être rejeté au large. Une perte pour les plages d’Anglet. En juin 2012, les autorités préfectorales modifient l’arrêté du 24 mai 2004 qui encadre le dragage et le clapage. La modification introduit la possibilité de stocker jusqu’à 80 000 m3 de sable à terre. C’est l’objectif possible de ce stockage qui a mis SOS Littoral vent debout. Selon ses responsables, cette modification ouvrait la porte à la commercialisation du sable au détriment du clapage côtier. Ils ont aussi mis en ligne une pétition qui a réuni à ce jour quelque 2423 signatures.

Dans son document, la ville d’Anglet s’y refuse. « Les élus angloys sont fermement opposés à toute commercialisation du sable angloy » y explique Jean‐Pierre Voisin, « il n’y a, à ce jour, aucun projet et nous nous opposerions à tout projet qui irait dans ce sens ». Et le document d’ajouter : Ainsi les élus angloys seront-ils particulièrement vigilants aux conditions de renouvellement de l’arrêté préfectoral actuel qui prendra fin le 24 mai 2014.

Le sable stocké pourrait être amené par route vers les plages

La position de la ville est soutenue par le conseil régional d’Aquitaine. « Il n’y a aucun projet de commercialisation du sable qui, n’ayant pu être clapé, serait déchargé à terre » assure Mathieu Bergé Conseiller Régional, en charge des dossiers Infrastructures, transports et intermodalité qui ajoute dans le document présenté par la ville : « cette idée de commercialisation est d’autant moins judicieuse que le modèle économique le plus favorable est le clapage au plus près des plages. »

En fait, si du sable était stocké à terre, la municipalité angloye souhaiterait l’acheminer par la route vers ses plages. Cette idée devrait faire l’objet d’une étude. La ville prépare un dossier en ce sens et « s’apprête à saisir l’Observatoire de l’Estuaire de l’Adour afin de lancer une étude comparative des conditions techniques et financières de mise en œuvre de solutions complémentaires à l’horizon 2014 (Printemps).  »

Cette étude devrait aussi se pencher sur un second axe : le dragage au large (extraction « minière ») avec une drague à demeure spécialement équipée pour draguer à des profondeurs de plus de 30 mètres qui permettrait ensuite le clapage des plages. D’importantes réserves de sable ont en effet été détectées au large. Bref une mine à exploiter...

Virginie Bhat




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